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 Entre Ombre et lumière [quête]

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JOURNAL DE VOYAGE

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Pied léger


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MessageSujet: Entre Ombre et lumière [quête]   Sam 16 Nov - 22:54

Un léger vent soufflait sur le quartier résidentiel, emportant les effluves de la parfumerie dont la porte venait de s'ouvrir. Accroupie sur le bord d'un toit, habillée de vêtements ternes pour ne pas se faire remarquer, Landril ne quittait pas des yeux l'homme qui venait d'en sortir. Richement vêtu, le visage figé dans une expression de contentement, le Vicomte Denial marchait à grands pas dans la large avenue, un petit paquet sous le bras. La vethael quitta sa position d'observation et commença à le suivre discrètement, restant perchée sur les toits des demeures, posant avec précaution ses pieds sur les tuiles pour ne pas faire de bruit. Elle examina l'homme attentivement, cherchant à déterminer quels pouvaient être ses points faibles et comment tirer avantage d'une éventuelle confrontation. Cependant, si confrontation il y avait, le Vicomte risquait de faire appel à ses hommes de main. Après tout, pourquoi un homme de pouvoir comme lui s'abaisserait à se débrouiller seul alors qu'il avait à son service de nombreux soldats, des mercenaires et... peut-être des Ombres. C'était justement là le point qu'elle devait vérifier. Celui-là, et le fait que l'homme soit depuis plusieurs mois accusé d'usurpation d'identité. Beaucoup de nobles semblaient s'être déjà fait avoir, mais aucune preuve concrète n'avait pu permettre de l'accuser et de l'arrêter. Le Vicomte Denial continuait donc ses forfaits en toute impunité, ce qui déplaisait grandement à sire Valdan, qui avait demandé à sa fille de trouver les preuves nécessaires pour le convaincre.

Arrivé au coin de la rue, le Vicomte Denial prit à gauche et s'arrêta deux maisons plus loin, frappant à la porte d'une demeure qui n'était pas la sienne. Landril fronça les sourcils en se remémorant rapidement tout ce qu'elle savait sur cette demeure. L'endroit était la propriété de la Vicomtesse Analvareth, une noble dame avait fait fortune en vendant des étoffes précieuses et s'était à présent spécialisée dans les parures féminines. Elle avait entendu dire que depuis quelques temps, le Vicomte Denial la fréquentait beaucoup, et apparemment, les rumeurs étaient exactes. Bien, dans ce cas il existait deux possibilités. Soit la Vicomtesse Analvareth était de mèche avec le Vicomte Denial, soit elle était son amante, et dans ce cas peut-être lui aurait-il confié quelque secret. La première étape serait donc d'interroger cette riche dame. Landril s'installa donc du mieux possible sur le toit de la demeure voisine, calant son dos contre une cheminée, gardant la porte en vue pour surveiller le départ du Vicomte Denial. Et dès que celui-ci serait partit, elle irait interroger la Vicomtesse sur leur conversation.

La vie de marcheur spectral était parfois drôlement agitée et parfois demandait de faire preuve d'une grande patience. Car si le mot d'ordre était efficacité, le second était discrétion, et celui-ci comprenait le fait de rester des heures en planque, totalement immobile pour surveiller sa cible. Landril commençait à sentir des fourmis dans ses jambes et se demandait si elle ne devrait tout de même pas se bouger un peu quand enfin le Vicomte Denial quitta la demeure. Elle attendit qu'il se soit éloigné puis se redressa lentement, étira ses jambes jusqu'à ce que les fourmis s'en aillent, prit son élan et sauta d'un bond dans la cour de la demeure de la Vicomtesse. Elle chercha ensuite un moyen discret d'entrer à l'intérieur et commença à faire le tour de la bâtisse, mais toutes les portes et les fenêtres étaient closes, même aux étages. Apparemment, aucune entrée n'était empruntable. Sauf une. La jeune femme poussa un soupir en se résignant à emprunter la cheminée. Elle vérifia rapidement qu'elle était bien seule et que personne ne regardait dans sa direction puis se hissa sur la margelle et glissa ses jambes à l'intérieur. Elle se concentra pour réduire encore son poids puis se laissa glisser doucement le long du conduit. Elle atterrit accroupit dans l'âtre d'un grand salon et vérifia de nouveau que la voie était libre. Rassurée, elle quitta la cheminée et traversa le parquet de bois blond pour se diriger vers la porte (53). Elle colla son oreille contre le battant et, n'entendant aucun bruit, l'entrouvrit légèrement. Elle jeta un coup d'œil dans le couloir puis sortit du salon. Heureusement pour elle, la plupart des demeures d'Alabrena étaient construites sur le même modèle, et elle se retrouva donc sans hésitation dans la disposition des pièces. Landril se rendit donc du côté des chambres et s'immobilisa soudainement en entendant des bruits de pas se rapprochant. Rapidement, elle se lança vers le haut et s'aggripa aux moulures décorant le plafond, plaquant son corps contre la pierre. Deux servantes passèrent en-dessous d'elle en parlant à voix basse, mais heureusement aucune ne pensa à lever les yeux, et elles disparurent à l'angle de couloir (68). La vethael lâcha un discret soupir puis lâcha les moulures et retomba agilement sur le sol. Elle reprit sa route et s'arrêta bientôt devant la porte d'une suite. Elle entendait des pas venant de l'intérieur, ainsi qu'une voix forte donnant des ordres sans appel. Bien, il n'était pas difficile de reconnaître la voix perçante de la Vicomtesse Analvareth. Landril entrouvrit légèrement la porte et se glissa silencieusement dans le salon de la suite. Un ath l'aperçut et écarquilla les yeux, mais elle plaça un doigt sur sa bouche pour lui faire signe de se taire. Il hésita un court instant, suffisant cependant pour que la jeune femme s'approche de la Vicomtesse et sorte un poignard de sa manche (69). Landril se glissa dans le dos de la noble et lui plaqua une main sur la bouche pour étouffer son cri lorsqu'elle sentit la présence inconnue dans son dos.
- Faites ce que je vais vous dire et je ne vous ferais aucun mal, d'accord ?
La Vicomtesse hocha faiblement la tête et Landril relâcha légèrement la pression.
- Vous n'allez pas crier, ni vous débattre ou tenter de m'induire en erreur. De toute façon, je suis capable de déceler les mensonges., mentit-elle.
La jeune femme jeta un rapide regard vers l'ath resté figé sur place.
- Installez-vous tous les deux contre le mur, je veux pouvoir voir vos mains.
Elle relâcha la Vicomtesse et fit un signe de son poignard en direction du fond de la pièce. La noble lui lança un regard assassin avant de relever dédaigneusement la tête et de s'avancer avec prestance vers l'endroit indiqué. Landril acquiesça, se retenant de jeter un coup d'œil vers la porte pour voir si quelqu'un arrivait. Elle ne devait montrer aucun signe d'inquiétude et faire preuve de fermeté, sinon la Vicomtesse profiterait de la moindre ouverture pour appeler la garde.
- Bien. Je vais être claire. Je veux savoir ce que trafique le Vicomte Denial.
La noble prit un air hautain.
- Parce que vous pensez que je vais m'abaisser à obéir aux ordres d'une souillon ?
Une souillon ?
Landril jeta un coup d'œil vers ses vêtements couverts de suie et retint un soupir. C'était bien pour cela qu'elle préférait éviter les cheminées... Elle chassa cependant vite ce détail des plus mineurs au fond de son esprit et remarqua que même si la Vicomtesse lui tenait tête, elle n'avait pas osée élever la voix. La jeune femme esquissa un sourire menaçant et se rapprocha de la noble en agitant légèrement son poignard.
- Je le pense, oui.
Elle laissa passer un court temps de silence, pendant lequel la Vicomtesse Analvareth ne put détacher son regard de l'arme. Landril approcha doucement la lame du cou de la noble et la glissa sous son collier de diamant.
- Vous ne pensez pas comme moi ?, demanda-t-elle doucement.
La noble déglutit et esquissa un mouvement pour la repousser mais la jeune femme appuya un peu plus la lame sur la gorge de sa victime, qui écarquilla les yeux.
- Peut-être..., commença cette dernière.
La vethael écarta légèrement la lame et la Vicomtesse inspira une goulée d'air.
- Je ne sais vraiment pas grand chose mais... Peut-être pourrions-nous nous arranger., reprit-elle. Je vous dit ce que je sais et en échange vous...
- Non. C'est moi qui dicte les règles., l'interrompit Landril. Vous me dites ce que vous savez et je repartirais peut-être sans vous faire de mal. Et dépêchez-vous, je commence à m'impatienter !
Elle appuya ses propos avec sa lame et la femme acquiesça faiblement (92).
- Je ne sais vraiment pas...
La vethael la foudroya du regard et la Vicomtesse se reprit.
- Je sais juste que Monsieur s'en va tous les soirs, il ne reste jamais dans sa demeure après vingt-et-une heure.
- Où va-t-il ?
- Je... Je ne sais pas.
Landril attendit quelques instants de plus puis comprit que la femme n'allait rien lui révéler de plus. Elle s'éloigna donc pour partir et ouvrit la porte, se retrouvant nez à nez avec un second esclave. Elle fit un bon en arrière et courut sans réfléchir jusqu'à la fenêtre. La Vicomtesse se mit à hurler pour rameuter la garde et la jeune femme sentit un objet lui frapper le dos. Elle grimaça et jeta un coup d'œil par-dessus son épaule, avisant la Vicomtesse toujours en train de hurler et de lui lancer tout ce qui lui tombait sous la main : livres, brosse à cheveux, boîte à bijoux... Landril plaça un bras au-dessus de sa tête pour se protéger et se dépêcha d'ouvrir la fenêtre. Dans le couloir, les pas des gardes se rapprochaient et la vethael sauta sans plus attendre dans la rue. Elle partit ensuite en courant alors que les soldats se lançaient à sa poursuite (39).

Landril mit un temps fou à se débarasser de ses poursuivants. Ceux-ci étaient vraiment tenaces et avaient réussi à rameuter la Garde Rouge, si bien qu'elle fut obligée de quitter provisoirement Alabrena pour leur échapper. Elle finit cependant par leur échapper et s'arrêta, épuisée dans une petite ruelle de Midalys. Elle s'appuya contre un mur en grimaçant et se tâta doucement le dos. Les livres et la brosse à cheveux, passaient encore !, mais la boîte à bijoux l'avait bien touché juste sur la colonne vertébrale, et avec le coin qui plus est ! La jeune femme soupira et secoua la tête. Ce n'était pas le moment qu'elle s'attarde sur son sort. Après tout, c'était de sa faute. Maître Brin ne cessait de lui répéter qu'elle était trop gentille et que personne ne la prendrait au sérieux si elle menaçait en promettant de ne pas faire de mal... Secouant la tête, elle se reconcentra sur son travail. C'est qu'elle était encore loin d'avoir finit. Elle savait maintenant que le Vicomte Denial quittait sa demeure avant vingt-et-une heure, mais ne savait pas où il se rendait. Il lui fallait donc retourner à Alabrena et le prendre en filature dès qu'il sortirait. Landril repartit donc en direction de la ville haute, prenant bien soin d'éviter les patrouilles encore à sa recherche. Elle rejoignit finalement la rue qui passait devant la maison du Vicomte et s'installe de nouveau en attente, sur le toit d'à côté. Finalement, l'attente n'était pas si mal que cela, elle allait lui permettre de se reposer un peu. En tout cas, entre attendre et se faire bombarder d'objets par une hystérique, Landril n'hésitait pas, elle préférait la première option.
Vers vingt heures trente, le portail de la demeure s'ouvrit et Landril sortit en sursaut de la demie-veille dans laquelle elle avait plongé. Elle avisa aussitôt le Vicomte Denial qui sortait à grands pas pressés en jetant des regards de tous côtés comme s'il craignait d'être suivit. Ce qui était le cas puisqu'elle était sur ses traces, tout en restant sur les toits. C'était l'une des ruses que lui avait enseigné Maître Brin. La plupart des gens ne pensaient pas à regarder en-dessous ou au-dessus d'eux. Confiante, la jeune femme suivit donc sa cible, tout en prenant garde à ne pas faire de bruit et à rester le plus possible dans les ombres. Pour plus de sûreté, elle le laissa prendre un peu d'avance, sans pour autant le quitter des yeux. Il quitta Alabrena et commença à s'avancer toujours aussi rapidement dans les rues de Midalys. Une chose était certaine, Monsieur le Vicomte savait où il se rendait. Il tourna brusquement dans une petite ruelle sur la droite, et échappa quelques secondes au regard de sa poursuivante. Landril se dépêcha d'avancer pour avoir vue sur la ruelle et s'immobilisa. Est-ce qu'elle l'avait perdu ? Pourvu que... Non, elle le reconnu, juste là, caché dans l'encadrement d'une porte (64). La jeune femme soupira. Elle avait échappé de peu à la faute professionnelle ! Elle examina attentivement l'homme pour voir s'il possédait la clé ou si quelqu'un allait venir lui ouvrir, mais la porte resta close. Le Vicomte retira quelque chose de sa veste, et la jeune femme se maudit de ne pas voir dans le noir. C'était trop indistinct pour qu'elle sache de quoi il s'agissait à cette distance mais... Il porta l'objet à ses lèvres puis se mit à trembler et à se tordre de douleur. Landril écarquilla les yeux. Que se passait-il ? S'était-il lui-même empoisonné ? Elle faillit descendre mais se ravisa juste à temps en voyant qu'il commençait à changer d'apparence. Ainsi donc le Vicomte Denial était un métamorphe ? En tout cas, voilà qui expliquait comment il s'était pris pour usurper  d'autres identités. Ses spasmes cessèrent enfin et l'homme se releva, complètement différent de l'apparence du Vicomte. La jeune femme se tapa mentalement sur les doigts. À quelques secondes près, elle le perdait vraiment, et là, elle aurait été bien incapable de le reconnaître. L'homme jeta de nouveaux coups d'œil autour de lui, puis sembla rassuré et reprit son chemin. Cette fois, Landril fit attention à ne pas le perdre de vue une seule seconde. Le shyn traversa une bonne partie de Midalys et, après un dernier regard par-dessus son épaule qui obligea la jeune femme à s'applatir sur les tuiles, il pénétra dans un tunnel s'enfonçant dans le sol. Landril sauta au bas du toit et s'engouffra à sa suite en direction de Nereyan des Ombres.
La jeune femme suivait le Vicomte de quelques mètres, se dissimulant dans les ombres pour échapper à son regard. Elle était loin d'être invisible, mais ses vêtements ternes et son immobilité totale dès qu'il se retournait lui permirent de ne pas se faire découvrir. En tous cas, elle n'avait cette fois aucune intention de laisser le shyn échapper à sa surveillance. Non seulement parce qu'il s'agissait de sa mission, mais aussi simplement parce que sinon elle se retrouverait complètement perdue dans Nereyan, et qu'elle n'était pas vraiment sûre de l'apprécier. Après de longue minutes de marche dans les souterrains, ils débouchèrent enfin dans la grande caverne qui abritait le Ghetto. Ah, le Ghetto ! Landril gardait un assez mauvais souvenir de sa dernière visite ici bas, mais bon, peut-être ne s'agissait-il que d'une mauvaise rencontre (*). Elle chassa cependant une nouvelle fois les pensées qui venaient la perturber pour se concentrer sur sa filature. Il était facile de perdre quelqu'un dans l'agencement plus que désordonné des semblants de ruelle qui serpentaient entre les taudis branlants. La jeune femme marchait en essayant d'éviter les tas de détritus qui jonchaient le sol. Plusieurs fois, elle eut l'impression de sentir des regards se fixer dans son dos, mais elle ne se retourna pas afin de ne pas perdre sa cible. Ils croisèrent plusieurs autres habitants des lieux, et lorsque le Vicomte se retourna une fois de plus, Landril n'eut d'autre choix que de se tourner vers l'homme qui se tenait à quelques pas d'elle et de lui parler de n'importe quoi, juste le temps de faire illusion. Dès que le shyn reprit sa route, elle recommença elle aussi à le suivre, abandonnant l'individu apostrophé qui la regardait d'un air de total incompréhension. Elle avait dû passer pour une folle, mais tant pis, cela n'avait aucune importance. Seul comptait son objectif, et elle sentait qu'elle s'en rapprochait.

Enfin, le Vicomte s'arrêta devant une petite masure un peu à l'écart des autres, suffisamment en tous cas pour qu'une autre ne s'appuie pas contre l'un de ses murs et qu'un petit espace de terre en fasse le tour. Espace d'ailleurs où se trouvait un coq, qui courait en rond autour de l'habitation. Landril haussa un sourcil et s'immobilisa en s'abritant derrière l'angle d'une autre cabane. Le shyn pénétra à l'intérieur et elle hésita. Était-ce l'endroit où il prenait contact avec les Ombres qu'il employait ? Cela était possible et elle se devait d'envisager toutes les éventualités. Pourtant... Elle observa un instant le coq qui tournait et tournait autour de la maison. Étrange animal. La jeune femme allait s'avancer quand un groupe de gamins crasseux arriva en courant, la bousculant sans ménagement. Elle sentit une petite menotte tâtonner maladroitement sur ses vêtements et saisit la main baladeuse. Jetant un regard noir à l'enfant qu'elle avait attrapé, elle vérifia avec application qu'il ne lui manquait rien, même si elle savait bien que les enfants n'avaient rien trouvé puisqu'elle n'avait emmené ni argent ni dague, cachant juste un poignard dans l'une de ses manches. Comme l'enfant se débattait, elle le relâcha et il repartit en courant, passant à côté de la maison du Vicomte. Aussitôt, le petit coq s'arrêta dans sa course et se mit à chanter à tue-tête un cocorico plaintif. Le shyn ressortit de la masure et chassa l'enfant à grands cris. Quand le gamin se fut éloigné, le coq se tut puis se remit à courir en rond. L'homme hocha la tête puis rentra de nouveau à l'intérieur. La vethael resta immobile, observant l'animal avec intérêt. Apparemment, le volatile surveillait avec attention son territoire. Elle réfléchit en fronçant les sourcils. Il lui fallait absolument découvrir ce que le Vicomte venait faire en pleine nuit dans le Ghetto, mais elle ne pouvait pas s'approcher et se faire repérer alors qu'elle était si près du but. Elle pensa un instant à utiliser la projection astrale, puis se ravisa. Laisser son corps inconscient au milieu du Ghetto n'était pas forcément une bonne idée... Elle observa pendant quelques instants le coq qui continuait de courir, infatigable, autour de la petite bâtisse. Il était étonnant de voir une si petite boule de plume avoir autant d'énergie et mettre autant d'entrain à tourner en rond, à toute vitesse sur ses petites pattes, observant les alentours d'un oeil brillant et attentif. Landril soupira. Elle n'avait emmené que son poignard et n'avait aucune intention de l'utiliser contre la pauvre bête qui de toute façon aurait alertée son maître bien avant que la jeune femme ne l'eut fait taire. Tant pis, il lui restait la Karenya. Ce n'était pas évident pour la jeune femme de se concentrer sur la présence petite et mouvante de l'animal, mais elle réussit petit à petit à l'alourdir, ralentissant de plus en plus sa course. Le coq se mit bientôt à continuer ses cercles d'un pas lourd et elle opéra ensuite sur elle-même pour s'alléger jusqu'à devenir à peine plus lourde que l'air. D'un coup de talon, elle se propulsa dans les airs au-dessus du poulet et retira sa veste. Alors qu'il continuait doucement à tourner, elle modifia une nouvelle fois sa masse et se laissa tomber sur l'oiseau, qu'elle enveloppa dans sa veste. Elle attendit un instant avec crainte qu'il se mette à chanter, mais heureusement, le coq resta silencieux (94). Soulagée, elle se félicita d'avoir travaillé un moment dans les volières du temple et d'y avoir découvert que les poules s'endormaient dès qu'on leur plaçait la tête sous l'aile. Au moins une bonne chose de faite. Elle noua ensemble les manches de sa veste pour être sûre que le coq ne reparte pas puis abandonna le petit paquet et s'approcha de la porte de la maison. Elle sortit son poignard puis poussa doucement la porte et pénétra dans la masure. L'intérieur comprenait un mobilier sommaire – une table, une chaise, une caisse et une couchette à même le sol – et était complètement désert. Landril fronça les sourcils et examina plus attentivement la pièce. Apparemment, quelqu'un venait juste de cuisiner, au vu de l'odeur qui remplissait la pièce, mais elle ne voyait aucun plat. Elle commença à parcourir la pièce en cherchant un détail qui aurait pu lui échapper. Après tout, le Vicomte ne pouvait pas s'être volatilisé ! Alors qu'elle continuait à chercher, elle crut entendre une voix et s'immobilisa. Tendant l'oreille, elle finit par comprendre que le son venait du sol. La jeune femme se baissa et commença à parcourir une nouvelle fois la petite cabane. La voix était plus forte du côté de la couchette et Landril souleva le fin matelas, découvrant une trappe. Avec un petit sourire, elle souleva le battant et jeta un regard au sous-sol. Une quinzaine de marches mal dégrossies s'enfonçaient sous terre, et la lueur d'une bougie éclairait faiblement le passage. La vethael s'engagea dans l'escalier en silence et prit doucement pied sur une surface de terre battue. Devant elle, le Vicomte lui tournait le dos, une cuillère à la main, et était en train de nourrir un homme attaché sur une chaise, qui n'était autre que... le Vicomte. Ce dernier écarquilla les yeux en l'apercevant et Landril vit le shyn le nourrissant amorcer un mouvement pour se retourner. Elle bondit alors dans son dos et lui asséna un grand coup du manche de son poignard sur la tempe. L'homme s'effondra sans bruit, lui renversant sur les pieds l'assiette de soupe qu'il tenait (78). La jeune femme recula d'un pas en grimaçant.
- Aidez-moi !, l'interpella alors l'homme encore prisonnier. S'il-vous-plaît, détachez-moi ! Je vous récompenserais, soyez-en certaine !
Landril releva la tête vers lui et fronça les sourcils. L'homme avait été dépouillé de ses riches vêtements et l'un de ses bras était parsemé de coupures auquelles le shyn avait dû se fournir en sang afin de pourvoir accomplir sa métamorphose.
- Vous êtes le Vicomte Denial ?, l'interrogea-t-elle. Que s'est-il passé ?
- Oui, c'est bien moi !, s'exclama-t-il avec un soulagement évident. Ce mécréant m'a attaqué un jour que j'étais à Midalys, et il m'a retenu prisonnier ici afin de pouvoir prendre mon apparence et usurper mon identité ! Maintenant délivrez-moi, je vous en prie !
La vethael acquiesça et contourna la chaise avant de trancher les liens retenant le Vicomte. L'homme se frotta les poignets et la jeune femme lui offrit un sourire réconfortant.
- Ne vous inquiétez plus, je vais vous reconduire jusqu'à Alabrena.

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(*) : voir quête Il pique un peu

Statistiques du facteur chance (à partir des méthodes de combat d'Artyom, mais Landril se battant peu, il m'a fallu quelques peu adapter).

((53) Moyen) : Pas de chance ma belle ! C'est l'hiver, tu ne crois quand même pas qu'on va laisser ouvert aux quatre vents ? Manquerait plus que la Vicomtesse s'enrhume ! T'as plus qu'une solution si tu ne veux pas commettre d'effraction... la cheminée ! Enfin, quelle maîtrise ! Une descente tout en douceur ! T'as de la chance, il n'y a pas de feu et la pièce est vide. Une intrusion en toute discrétion, continue comme ça !
((68) Moyen) : Oulà ! Le reste de la maison n'est pas vide ! C'était juste là ! Prend pas trop tes aises, tu vas te faire repérer !
((69) Moyen) : Ah, ça y est, tu l'as trouvé ! Pas de chance, elle n'est pas seule. Enfin, l'Ath à l'air trop surpris pour réagir. En même temps, t'as une tête à faire peur après être passée par la cheminée...
((92) Réussite !) : La Vicomtesse est une trouillarde qui accepte de révéler ses informations. Tu t'en sors pas si mal, espèce de menteuse !
((39) Echec) : Aïe ! Mauvaise rencontre ! T'as trop pris ton temps et les renforts débarquent. Et voilà que la Vicomtesse fait une crise d'hystérie ! Si tu n'as pas récoltée beaucoup d'informations, tu repars quand même avec une belle collection de bleus ! Et sa voix perçante risque de te hanter un bon moment...
((64) Moyen) : Dis donc, te relâches pas trop ! Je sais que tu commences à fatiguer, mais t'as failli le perdre là ! Allez, un peu de concentration, ma cocotte !
((94) Réussite !) : Félicitation ! Ta grandeur est sans conteste ! Tu as réussi à vaincre ! ... Ok, c'était balaise, mais va pas prendre la grosse tête, c'était juste un coq.
((78) Réussite) : Victoire, tu as vaincu l'imposteur ! Enfin, attaquer par derrière sans prévenir, c'était vraiment lâche, t'as aucun honneur. Mais disons qu'au moins, cette fois tu t'en sors sans autre dommage qu'un peu de soupe renversée sur tes habits...

Résultat des courses : Landril a réussi sa mission ! Elle ne s'en sort pas trop mal, avec seulement une flopée de bleus, une bonne migraine et... le besoin urgent de prendre une douche !
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Déesse aux Trois Visages


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MessageSujet: Re: Entre Ombre et lumière [quête]   Jeu 21 Nov - 20:26

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Entre Ombre et lumière [quête]

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