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 Aerth, bras gauche de la vie

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JOURNAL DE VOYAGE

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Mille Visages


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MessageSujet: Aerth, bras gauche de la vie   Jeu 28 Nov - 23:35






XANTREUIL AERTH

« Personne n'est irremplaçable. »


SURNOM : Mille visages, Xae
ÂGE : 31 ans
GENRE : Homme
ORIENTATION : Bisexuel
RACE : Ath

CASTE : Sans caste
ORGANISATION: Ombre
ALLIANCE : Neutre
MÉTIER : Chef du côté des Chasseurs de tête et Assassins





DONS :

● Force surdimensionnée (1 capacité lié à votre race)
● Agilité / Souplesse / Réflexes & Rapidité améliorés (1 capacité lié à votre race)
● Insensibilité à la douleur (1 capacité supplémentaire liée au rang)
● Métamorphe (1 capacité supplémentaire liée au rang)



FAVEUR DE LA ROSE :

● Télékinésie (1 faveur donnée par votre rose d'ascendance)



MAGIE :

La magie d'Aerth est autant un don qu'une malédiction quand on ne sait pas s'en servir. Pour faire simple, il suffirait de dire qu'il est capable de lire l'avenir, mais se serait trop schématiser la réalité. En vérité, lire l'avenir est d'une extrême complexité, chaque action, même minime, changeant plus ou moins le futur. Aerth aurait donc plutôt l'impression de se retrouver au centre d'une gigantesque toile d'araignée toujours en train d'être modifiée, dont chaque fil représenterait un futur possible. De quoi se donner de bonnes migraines...
Dans la vie de tous les jours, Aerth appellerait plutôt sa magie la 'prévisualisation'. Il se contente en effet de regarder les cinq secondes suivantes. Ce temps, extrêmement court, est donc tout autant précis. À ses yeux, c'est comme si à la réalité se superposaient trois autres dimensions 'fantômes', plus pâles et translucides, du même monde cinq secondes plus tard. Cela est bien pratique car lui permet de voir arriver les attaques avant qu'elles ne soient lancées. Il se sert ensuite de ses dons pour éviter le coup.
D'ailleurs, s'il lui vient l'envie de regarder plus loin dans l'avenir pour rechercher un scénario récurent, il est obligé de se poser quelque part au calme car il perd alors tout contact avec la réalité. Il n'utilise donc que très rarement cette vision lointaine.
Malheureusement, une telle magie a un contre-coup élevé. À chaque fois qu'il regarde l'avenir, Aerth voit son espérance de vie diminuer. Plus il regarde loin, et plus il perd de vie, ce qui explique aussi pourquoi il préfère ne s'intéresser qu'au cinq secondes futures.



AUTRES :

Aerth a toujours avec lui son 'livre des sursis', dans lequel il écrit les noms de toutes les personnes dont on lui a commandité l'assassinat, ainsi que tous les avis de recherche des criminels. Il met régulièrement son livre à jour, rayant le nom des morts et rajoutant de nouvelles futures victimes. Il arrive aussi qu'il y écrive des noms que personne ne lui a demandé, mais qui l'ont personnellement énervés. Autre particularité, il possède son propre avis de recherche, afin de se rappeler tous les jours que lui aussi n'est qu'en sursis et que de nombreuses personnes voudraient sa mort.




CARACTÈRE


Assez pudique et ayant du mal à exprimer ses sentiments, Aerth s'est encore davantage replié sur lui-même en intégrant les Ombres, ce qui n'est pas plus mal car passant comme un signe de faiblesse. Avec son air sans expression, les gens aurait donc tendance à penser qu'il ne possède aucun sentiment, ce qui est bien évidemment faux, même s'il tente de se séparer suffisamment de ses émotions le temps d'effectuer une sale besogne.
De nature calme et attentive, Aerth aime davantage écouter les autres que prendre la parole, et de ce côté, devenir une Ombre l'a bien arrangé. Paradoxalement, il n'aime pas se faire ignorer et apprécie qu'on lui demande son avis pour les choses importantes. Inutile donc d'aller le déranger pour des broutilles, il finirait par s'agacer.
Maître de lui-même, il est difficile de le mettre en colère, mais quand cela arrive il entre dans une rage froide et tranchante, sans expansion inutile. Il ne se mettra pas à crier mais se contentera de foudroyer l'importun du regard, ou de s'en débarrasser purement et simplement, sans mise en garde. Car après tout... personne n'est irremplaçable.
Pour autant, Aerth est quelqu'un de juste et d'impartial, respecté par le reste des Ombres. Inspirant la plupart du temps la peur, ceux qui le connaissent suffisamment le trouveront au contraire étrangement rassurant. Car si Aerth est devenu le chef des Chasseurs de têtes et des Assassins, qu'il semble froid et distant et ne s'attachant à rien, cela est encore une fois faux. Il a certes du mal à s'attacher aux autres, mais une fois gagné son amitié, il se révélera alors d'un soutien inébranlable, peu importe l'opposition. Protecteur, il ne supporte pas que l'on fasse du mal à quelqu'un qu'il aime et aurait tendance à se laisser porter à la vengeance. Pour autant, ceux qu'il considère comme de vrais amis se comptent sur les doigts d'une main : Landril, Orion et Pique. Quant à ceux qui travaillent pour lui, il les considère un peu comme une lointaine famille et se sent en partie responsable d'eux. Il tentera donc toujours de leur donner un travail dans lequel ils soient sûrs de réussir et n'hésitera pas à intervenir en cas d'attaque de la Garde Rouge.


PHYSIQUE


La première chose à dire est qu'Aerth est... un géant. Avec ses deux mètres dix et ses épaules larges, il domine facilement la foule et il est sans doute inutile de préciser qu'il attire rapidement l'attention. Ce qui d'ailleurs ne lui plaît que très peu, surtout depuis qu'il a rejoint les Ombres et est censé rester discret dès qu'il sort de Nereyan. C'est d'ailleurs pour cela qu'il a pris l'habitude d'utiliser son don de métamorphe avant de sortir, ce qui lui a valu le surnom de 'mille visages'.
Les cheveux sombres et les yeux d'un bleu presque électrique, Aerth a une présence imposante qui a tendance à inspirer le respect... ou du moins, à se tenir tranquille ! La plupart du temps silencieux, il est rare de le voir ouvrir la bouche, mais se serait alors pour entendre une voix grave mais chaude, très calme même s'il est énervé, ce qui d'un certain point de vu le rend encore plus menaçant.
Sans doute en raison de son impressionnante stature, elle-même dû au fait qu'il était à l'origine destiné à être un esclave bâtisseur, Aerth possède une forte stupéfiante qui lui permettrait presque de casser des pierres à mains nues. Encore plus étonnant, alors qu'on pourrait le croire lent et maladroit, il est agile, souple et possède des réflexes et une rapidité très souvent sous-estimée par ses adversaires.
Pour autant, il n'est pas toujours parvenu à esquiver tous les coups et possède plusieurs cicatrices, dont celles dues à un coup de couteau dans le bras droit et à travers la paume gauche, et des marques d'anciens coups de fouet dans le dos, ainsi que la marque au fer rouge d'un grand ''X'' sur le haut du bras gauche.


HISTOIRE


Aerth n'avait pas eu ce que l'on pouvait qualifier d' ''enfance ordinaire''. Il n'avait aucun parent. Et non pas qu'il fut orphelin, simplement il était issu d'une expérience menée par des panaels et ses parents n'étaient donc que de petits amas de cellules réarrangées par des inventeurs fous qui se croyaient capables de maîtriser la vie. Tiré d'une éprouvette, il avait ensuite été confié à des aths nourricières dont la seule fonctionnalité était d'allaiter les nourrissons aths, puis à des aths éducateurs, pour lui apprendre à parler et à faire ses premiers pas, ainsi et surtout qu'à obéir à tous les ordres que lui donnait ses maîtres. Très tôt, on lui apprit qu'il serait un esclave bâtisseur, qui passerait sa vie à construire et démolir des bâtiments suivant le bon vouloir de ses maîtres.

*

Aerth se réveilla en sursaut quand un cri perça le silence du jour à peine naissant. Le petit garçon se leva en vitesse, imité par les autres enfants aths et ils se dirigèrent tous vers leur cantine pour manger. Comme d'habitude, il leur fut juste après distribuées les taches qu'ils devraient effectuer et le petit garçon se retrouva une nouvelle fois à six heures du matin, agenouillé sur le sol d'une pièce immense à frotter le parquet avec un chiffon doux imprégné d'huile. À cinq ans, il était débordant d'énergie, et pourtant un tel travail le laissait assez fatigué, avec un mal de dos lancinant. Il se relevait et allait retourner voir les aths éducateurs pour qu'ils lui attribuent une nouvelle tache quand un homme magnifiquement vêtu s'approcha de lui. Le garçon s'immobilisa, époustouflé par la prestance de l'inconnu, qui s'arrêta à quelques pas de lui.
- Qu'est-ce que tu fais là, toi ? Fais-moi voir ton bras.
L'enfant obéit et le noble lui releva la manche avant de froncer les sourcils et d'émettre un claquement de langue réprobateur.
- Laisse tout cela et viens avec moi.
Aerth obéit sans protester et suivit en trottinant le panael qui marchait à grands pas. Ils descendirent dans les sous-sols de la demeure, vers des pièces sombres et peu accueillantes. Le garçon jetait autour de lui des coups d'oeil curieux, n'ayant jamais encore visité cet endroit. Le panael finit par pénétrer dans l'une des pièces, où régnait une chaleur déjà presque à la limite du supportable. L'homme fit signe aux deux aths qui s'y trouvaient et ils retirèrent son vêtement à l'enfant avant de l'attacher sur une planche de bois. L'enfant resta immobile, ne sachant pas ce que l'on attendait de lui. L'un des aths se plaça à ses côtés et appuya fermement une main sur son épaule et l'autre au-dessus de son coude en lui jetant un regard peiné. Le second s'était éloigné près du feu brûlant dans l'âtre et semblait remuer un objet au milieu des braises. Et en effet, lorsqu'il se retourna, Aerth vit qu'il tenait entre ses mains un morceau de métal rougeoyant. L'homme se rapprocha de lui et lui jeta le même regard peiné que son compagnon avant d'appliquer le fer chauffé à blanc sur la peau de l'enfant. Ce dernier poussa un hurlement de douleur et tenta de retirer son bras de la brûlure cuisante de la croix de métal, mais l'ath qui le tenait resserra sa prise pour qu'il ne puisse pas bouger. Le second esclave retira enfin le fer de son bras et Aerth retint un nouveau cri, laissant des larmes de douleurs ruisseler sur ses joues. Les deux aths le détachèrent et le panael le rappela sèchement en lui commandant d'essuyer ses larmes. L'enfant enfila sa chemise en lâchant un petit cri quand le tissu rèche frotta contre la brûlure, puis essuya rapidement ses yeux dans ses manches. Alors que le panael repartait déjà à grands pas dans le couloirs, il courut pour le rattraper, soulevant délicatement sa manche pour observer la marque qui ornait désormais son bras. Le panael le remarqua et esquissa un léger sourire.
- C'est un ''X'', pour ''Xantreuil''. Tous nos bâtisseurs portent ce signe. C'est en quelque sorte un nom de marque associé à notre famille, afin que nos acheteurs puissent avoir la garantie de la qualité de la marchandise que nous leur fournissons. Enfin, si quelqu'un t'interroge à ce sujet, répond leur que tu es un Xantreuil.
Sur ces mots, le noble reprit sa marche et l'entraîna dans la cour que la vaste demeure entourait de ses deux ailes et l'homme ordonna à l'enfant de se placer à côté d'autres jeunes aths et d'attendre sagement. D'autres enfants furent encore amenés dans la cour et vinrent se placer dans la ligne qui s'étirait le long d'un mur. Puis le grand portail de l'entrée fut ouvert et de petits groupes de nobles pénétrèrent dans l'enceinte de la cour. Aerth les observait avec curiosité, émerveillé par leurs habits riches et colorés, quand une femme aux robes empesées s'arrêta devant lui. Elle l'examina un instant, lui demandant de se retourner, puis lui attrapa la mâchoire entre ses doigts recouverts de bagues. Le petit garçon fronça le nez en sentant son parfum lourd et elle recula.
- Quel âge as-tu ?, demanda-t-elle sèchement.
- Cinq ans., répondit-il avant d'ajouter : M'dame.
Elle fronça les sourcils, sembla réfléchir un instant puis s'éloigna de lui pour s'intéresser à un autre enfant.
Pendant plusieurs heures, Aerth du rester debout, immobile, obéissant aux caprices de ces nobles qui lui demandaient toujours son âge et parfois lui demandait d'ouvrir la bouche pour observer ses dents, le faisant tourner sur lui-même pour l'observer avant d'aller discuter un instant avec le riche homme qui l'avait fait descendre dans la cour, puis d'aller voir d'autres aths. Enfin, un homme s'approcha de lui, moins bien vêtu que les autres mais dégageant une espèce de charisme qui faisait tourner les regards. Comme les autres, il étudia l'enfant comme s'il avait été une simple bête puis discuta avec l'actuel propriétaire de l'ath. Aerth entendit des sommes être prononcées, sans qu'il sache vraiment ce qu'elle signifiait, puis de l'argent changea de main et les deux hommes s'approchèrent de lui.
- À partir de maintenant, tu seras au service de sire Valdan., ordonna le panael.
Il ne rajouta rien de plus et repartit déjà vers un autre groupe de nobles, laissant l'enfant face à son nouveau maître.

*

Aerth avait été créé pour être esclave bâtisseur, et pour mieux effectuer le travail qui lui serait demandé, les panaels s'étaient assurés qu'il serait de grande taille. Malheureusement pour lui, Aerth grandissait donc à une allure phénoménale, et il avait beaucoup de mal à s'adapter aux changements de son corps. C'était un garçon maladroit, qui maîtrisait mal sa force et se cognait régulièrement dans les meubles, mais il tentait toujours de faire de son mieux. Mais il voyait bien que sire Valdan n'était jamais satisfait et quoi qu'il fasse, il avait toujours l'impression de gêner. Pendant deux ans, il ne cessa de se recevoir des taloches sur la tête et les phrases sèches et sans aménité ne cessaient de pleuvoir. Pendant ces deux longues années, le garçon essuya les reproches et les coups sans jamais se plaindre, mais il se retrouva plusieurs fois le soir à s'isoler dans un coin pour pleurer à l'abri des regards.

*

Les années qui suivirent furent bien plus douce pour Aerth. La petite fille, nommée Landril, qu'il trouva un jour devant le portail de la demeure se révéla être la fille de sire Valdan et de la déesse Telara. Une vethael dont le noble avait tout de suite décidé de tirer profit. Pour Aerth, c'était tout différent. Elle était comme un rayon de soleil venu éclairer sa vie si dure. C'était nouveau de se sentir utile tout en recevant de l'affection. Il en était venu à la considérer un peu comme une petite sœur, et elle-même ne voyait pas en lui un esclave, mais un ami. Il passait le plus clair de son temps avec elle, et la seule chose qu'il souhaitait fut son bonheur. Il avait craint plusieurs fois que sire Valdan le sépare de sa fille, mais encore une fois il s'était trompé et le noble l'avait laissé faire, bien qu'il ne manqua pas une occasion de le dévaloriser. L'homme restait incompréhensible aux yeux de Aerth et le jeune esclave tremblait à chaque fois qu'il voyait son regard se poser sur sa fille. Il était tout sucre tout miel avec elle, mais Aerth voyait cette petite lueur qui ne cessait de danser au fond de sa prunelle. Inquiet pour Landril, il s'était donc promis de la protéger. Il ne pouvait s'empêcher de trouver touchante sa naïveté, comme lorsqu'elle lui proposait d'apprendre à écrire avec elle ou de l'accompagner à une fête donnée au palais de l'impératrice. Si le premier avait été possible, le second s'était bien sûr révéler irréalisable, mais une chose restait : avec elle, il se sentait enfin apprécié.

*

Une nuit, Landril le réveilla et lui proposa d'aller faire une promenade au-dehors pour aller voir les étoiles. Aerth, désormais âgé de quatorze ans, prenait soin d'elle et il commença par refuser en craignant qu'elle ne se mette en danger. Mais devant son assurance et son visage d'ange, il finit par rendre les armes et la suivit à l'extérieur de la bâtisse. Il faillit les faire repérer alors qu'ils traversaient les cuisines, mais ils réussirent tout de même à sortir sans se faire voir dans la cour. De là, la petite fille utilisa sa magie pour leur faire franchir le mur d'enceinte de la demeure et l'adolescent la rattrapa de justesse avant qu'elle ne s'effondre dans la rue. Il la souleva avec inquiétude, agacé qu'elle prenne tant de risques sans vraiment se rendre compte des conséquences. Mais elle lui sourit en lui proposant de se rendre dans les jardins suspendus et il oublia tous ses reproches. Et comme les pas d'une patrouille se faisaient entendre au bout de la rue, il partit en courant vers les jardins. Ils y restèrent ensuite un moment, regardant les étoiles avec des yeux émerveillés. Pour Aerth, c'était vraiment étrange de se tenir là, dans ce lieu magnifique, un peu comme s'il était libre et non plus un esclave. Mais il se sentait également étrangement nerveux à l'idée qu'il était sortit de la propriété des Evanarel. Il proposa donc rapidement à la petite fille de rentrer et elle accepta. Ils prirent donc la direction du retour mais furent interceptés par les marcheurs spectraux de la famille de la petite fille. Ceux-ci les raccompagnèrent vers l'entrée de la demeure, puis les gardes prirent le relais jusqu'au hall, où les attendait un sire Valdan furieux. Celui-ci consigna aussitôt sa fille dans sa chambre puis se tourna méchamment vers Aerth, que deux soldats saisirent avant de l'entraîner vers la petite porte s'ouvrant derrière l'escalier. L'adolescent ne songea même pas à se débattre et il fut emmené plus loin dans la demeure, dans une zone que personne ne montrait jamais aux invités.
Cette nuit là resta gravée dans sa chair à jamais. On lui ôta sa chemise et il fut enchaîné face à un mur. L'un des gardes saisit ensuite un fouet et, à la demande de sire Valdan, l'abattit avec force sur le dos de l'ath. Aerth serra les dents pour ne pas crier alors que la sangle de cuir s'enfonçait sa chair. L'homme releva le bras pour asséner un nouveau coup, puis un autre. Le jeune esclave ferma les yeux pour ne pas pleurer de douleur alors que le cuir mordait sa peau, lui brûlant le dos de zébrures sanguinolentes. Les coups plurent, pendant un temps qui lui sembla durer une éternité. Chaque sifflement de la corde dans les airs le faisait frissonner plus fortement que la fois précédente. Un filet de sang recouvrait à présent son dos, mais cela n'arrêta pas l'homme, n'instilla aucune pitié dans le regard de sire Valdan. Puis enfin, les coups cessèrent et il fut détaché. Aerth s'écroula alors sur le sol, incapable de supporter son propre poids. On le traîna au-dehors, puis jusqu'à l'aile des esclaves où il fut abandonné à même le sol.
Le lendemain, Aerth avait nettoyé comme il avait pu ses blessures, rougissant l'eau de sa toilette. Il avait ensuite enfilé une chemise puis s'était rendu dans les cuisines, près du feu chaud et réconfortant, qui le berçait et le maintenait au chaud. Il avait voulu s'isoler, mais Landril le retrouva facilement et découvrit avec horreur les marques sur sa peau. La petite fille l'emmena alors dans sa suite et entreprit de lui passer des onguents dans le dos. Il la laissa faire avec reconnaissance mais ignora sa demande d'explication. L'adolescent savait qu'elle aimait son père, et quand bien même il lui aurait raconté ce qui lui était arrivé, qu'elle prenne le parti de l'un ou de l'autre, elle aurait été vraiment peinée. Aerth ne voulait sûrement pas la voir triste et, au fond de lui, il avait également peur qu'elle ne le rejette pour prendre la défense de son père...

*

Aerth fut réveillé en sursaut en entendant Landril crier. Il se releva d'un bond et se précipita vers la chambre de la petite fille, écarquillant les yeux dans le noir pour comprendre ce qu'il se passait. Il distingua faiblement une silhouette près du lit de la vethael, trop grande pour lui appartenir, et lui bondit dessus. L'homme qu'il avait renversé l'entraîna dans sa chute et ils roulèrent sur le lit, Aerth tentant de l'immobiliser. Mais malgré sa force de bâtisseur, il n'était pas encore adulte et l'homme compensait également par une maîtrise plus approfondie de l'art du combat. L'ath reçu un coup de genoux dans le ventre et tendit la main pour se saisir du poignet de son adversaire, mais n'accrocha que les rideaux, qui s'arrachèrent de leur support et les recouvrirent. Se débattant tous deux dans le tissu, ils tombèrent du lit et se relevèrent pour se faire face. À présent prévenu et ayant eut un avant goût de ce que pouvait faire l'autre, ils avaient tous deux perdu l'avantage de la surprise. Aerth ne s'était encore jamais battu, mais savoir que cet homme avait tenté de faire du mal à Landril le mis dans une colère noire. Sans réfléchir, il donna un grand coup de poing en avant, visant le ventre, mais son adversaire l'esquiva avec agilité et frappa à son tour. L'adolescent sentit la lame froide d'une dague s'enfoncer dans son bras droit et lâcha un grognement de douleur avant d'aussitôt mordre la main tenant l'arme, enfonçant ses dents dans la chair en sentant un goût de sang envahir sa bouche. De son bras gauche, il donna de nouveaux coups de poings, que l'homme ne put cette fois éviter. L'ennemi finit par lâcher sa dague et réussit à libérer sa main blessée, puis lui envoya un grand coup de pied dans le sternum. Aerth sentit durement le choc mais ne recula pas. Avec un cri de douleur, il arracha la dague de son bras et la retourna contre son adversaire qu'il poignarda de toute ses forces. L'arme s'enfonça étonnamment facilement dans l'épaule de l'individu, tranchant les chairs tendres comme un morceau de beurre tiède. L'ath entendit au-dessus de lui la petite fille crier de nouveau et il retira la dague avant de frapper de nouveau. Ce fut au tour de l'homme en face de lui de hurler, mais il n'en tint pas compte et continua de le poignarder, enfonçant inlassablement la dague dans la silhouette sombre jusqu'à ce qu'elle cesse complètement de bouger et s'effondre sur le sol. Déstabilisé, Aerth resta un instant immobile, la respiration rauque, attendant de voir s'il s'agissait d'une feinte. Comprenant finalement qu'il venait de tuer un homme, il lâcha la dague qui tinta faiblement contre le plancher. L'adolescent plaça devant ses yeux ses mains couvertes de sang, puis releva vivement la tête vers Landril.
- Est-ce que ça va ?!, demanda-t-il, complètement paniqué.
Il tendit les bras et elle se laissa tomber avant de se serrer contre lui. Il grimaça en sentant la douleur se répandre dans son bras droit et s'empressa de la caler sur le gauche avant de sortir de la chambre en courant. Il traversa le couloir en toute hâte, apostrophant les deux gardes étonnés qui passaient par là. Ceux-ci dégainèrent leurs épées en voyant le sang et l'ath eut un mouvement du menton vers la suite de la vethael.
- Un intrus !, s'écria-t-il.
Les deux soldats partirent aussitôt en courant et l'adolescent poursuivit sa route vers la chambre de sire Valdan, tous sens aux aguets. Il voyait le monde se déformer étrangement autour de lui, comme si une seconde image se superposait à la première. Pilant devant la porte de la suite du noble, il vit son double évanescent tendre la main vers la poignée et ouvrir la porte avant de rentrer en courant dans la pièce vide. Vide. Sans savoir comment il avait su cela, il repartit aussitôt vers le bureau de sire Valdan. Il entra sans frapper, projetant la porte qui claqua avec force contre le mur. Le noble se leva d'un bond et écarquilla les yeux en voyant les deux arrivés, couverts de sang, l'ath cherchant tant bien que mal à retrouver sa respiration et la petite fille tremblant de tout son corps. Il se précipita vers sa fille et la prit dans ses bras, l'observant attentivement pour déterminer où elle était blessée.
- Je vais bien..., murmura-t-elle. C'est Aerth...
- Pas grave., marmonna l'ath tout en remontant en grimaçant la manche de sa chemise pour jeter un coup d'œil vers sa blessure.
Heureusement, l'arme qui l'avait frappé était bien aiguisée et avait laissé une coupure nette et propre dans sa chair. Sire Valdan se dirigea vers l'un des murs de la pièce et tira sur le support d'une torche, le faisant basculer sur le côté. l'adolescent entendit un grincement et un étrange cliquetis, puis un pan de mur glissa sur le côté, révélant une étroite ouverture dans la pierre. Le noble s'y glissa et l'ath le suivit, refermant le passage d'après les explications qu'il lui donna. Ils se retrouvèrent plongé dans le noir mais le noble fit apparaître devant eux une petite flamme bleutée, qui illumina le couloir d'une lueur froide. Ils se mirent ensuite en route et descendirent de longs escaliers, si bien qu'ils finirent par se retrouver dans un passage souterrain. Ils marchèrent pendant de longues minutes sur le sol inégal, sans un mot, dans un air immobile et renfermé. Enfin, un point de pâle lumière s'ouvrit devant eux, et Aerth retint un soupir de soulagement. Il dégagea la grille et aggripa le rebord extérieur, commençant à se hisser en gémissant à cause de son bras blessé. Il sentit soudain son corps s'alléger et comprit que Landril l'aidait avec sa magie. Il esquissa un léger sourire puis s'extirpa du souterrain avant de se retourner pour la tirer au-dehors, ainsi que sire Valdan. Puis il vit la petite fille se concentrer et son corps reprit peu à peu sa masse initiale. Juste après, la vethael s'effondra sur les pavés, inconsciente. Aerth s'empressa de la prendre dans ses bras et suivit le chef des Evanarel qui retournait vers la propriété. Ils se présentèrent face aux soldats de l'entrée, qui firent aussitôt bloc autour d'eux comme un seul et même bouclier humain. Ils restèrent en plein milieu de la cour, surveillants toutes les directions pendant que le reste de la garde parcourait toute la demeure à la recherche d'autres assassins. Quand enfin le capitaine revint pour les informer que la place était sûre, ils se rendirent dans la suite de sire Valdan et installèrent la petite fille dans le lit. Puis le noble ordonna à Aerth de quitter la pièce et le jeune esclave jeta un dernier regard inquiet à Landril avant d'obéir.

*

Le lendemain de l'incident, sire Valdan décida d'envoyer sa fille au Temple de Telara, où elle serait sans doute plus en sécurité. Il ordonna ensuite à ses hommes d'installer l'assassin dans une cage qui fut suspendue au-dessus de la rue, afin que chacun puisse voir ce qu'il adviendrait ce deux qui tenteraient de s'en prendre aux Evanarel.
Dans l'aile des esclaves, Aerth pansait soigneusement sa blessure après avoir récupéré les onguents dans la chambre de Landril. La petite fille partit, il se sentit étonnamment seul, comme si sa vie venait soudain de se vider de tout attrait. Le combat qu'il avait mené la veille lui avait laissé des sentiments mêlés d'horreur et de fascination. Lui qui n'avait jamais fait de mal à quiconque venait soudainement d'ôter la vie. Il frissonna et enroula un morceau de tissu autour de son bras avant de quitter la pièce pour aller errer dans les couloirs. À chaque fois qu'il croisait quelqu'un, il sentait les regards peser sur lui, mais ne rencontrait qu'un évitement apparent dès qu'il se retournait.
Trois jours plus tard, la famille Myren clama haut et fort que l'homme tué par Aerth était l'un des leurs et que l'ath l'avait tué dans la rue pour lui voler son argent. L'adolescent fut stupéfié d'entendre de tel propos et sentit de nouveau la colère l'envahir. Non seulement ces gens avaient tenté de tuer Landril, mais en plus ils se présentaient maintenant comme des victimes et le désignait comme coupable. Ils présentèrent des preuves accablantes : traces de lutte et de sang, rayure d'une lame sur la pierre d'un mur; qui tendaient toutes à prouver la véracité de leurs propos. Aerth voulu leur tenir tête, mais sire Valdan lui expliqua calmement qu'il ne pouvait rien faire, toute trace de lutte dans la chambre de sa fille ayant été effacée par ses hommes. Ne rencontrant aucune résistance, le chef de la famille Myren s'enhardit jusqu'à demander à ce que Aerth leur soit livré pour qu'il puisse lui apprendre ce qu'il en coûtait de s'attaquer aux leurs. Encore une fois, sire Valdan ne fit rien pour défendre l'adolescent. Il se contenta de désigner deux gardes pour l'accompagner à la propriété des Myren.
Aerth se retrouva donc quelques minutes plus tard devant le portail de la demeure de sire Valdan, encadré par deux hommes armés avec pour consignes de ne pas le laisser avant qu'il n'ai été pris en charge par les soldats ennemis. L'adolescent fit quelques pas dans la rue, contemplant ce qui l'entourait avec un étrange dégoût. Il avait seize ans, avait passé sa vie à servir de son mieux un homme qui le méprisait, avait sauvé la vie de sa fille, et ne recevait pas un remerciement, pas un geste de gratitude. Pire, alors qu'il avait agit pour protéger une personne qu'il aimait, il se retrouvait condamné à mort. Il n'avait que seize ans, n'avait rien connu d'autre que l'obéissance passive et allait déjà mourir. Et cette idée le révolta. Il regarda les deux soldats qui l'escortaient, déjà plus petits que lui. On le condamnait parce qu'il avait tué un homme ? Alors dans ce cas, il n'était plus à une agression près. Sans prévenir, il s'immobilisa, attrapa chacun des gardes par le sommet de leur casque noué sous le menton et les resserra vivement, les assommants l'un contre l'autre. Les passants se retournèrent avec étonnement, mais déjà l'ath était partit à grandes enjambées, traversant en courant ce quartier de noble dont il méprisait les actes.

*

Aerth errait depuis deux jours dans Midalys, passant son temps à fuir les patrouilles de la Garde Rouge qui semblaient s'être lancées à sa poursuite. Il avait dans un premier temps trouvé refuge au bazar, et s'était pour survivre résolu à voler quelques fruits sur les étalages des marchands. Mais ceux-ci avaient aussitôt appelé à grands cris la Garde Rouge et il se retrouva une nouvelle fois poursuivit. L'ath pris la fuite dans la ville basse, s'engageant dans des ruelles de moins en moins fréquentables. Il finit par arriver devant une ouverture sombre dégageant une odeur nauséabonde et sut qu'il venait d'atteindre l'entrée des égouts. Il hésita un instant. Il avait entendu beaucoup de rumeurs à propos de la ville souterraine que l'on disait s'étendre sous toute la surface de Shi-Telara, mais il n'en avait pour autant qu'une très vague idée. Tout ce qu'il en avait retenu était que l'endroit devait être sombre et dangereux. Il se retourna une dernière fois, jetant un regard vers la lumière du jour et vers la Garde Rouge qui se rapprochait, puis plongea dans l'obscurité.
S'avançant à tâtons dans les égouts, Aerth se rendit soudain compte qu'il avait inconsciemment activé sa magie et qu'un monde diaphane s'étirait autour de lui, se superposant aux ténèbres et les précédant de quelques secondes. Rassuré, il poursuivit sa route en observant attentivement le fantôme du monde. Grâce à sa blancheur, il n'avait plus besoin de forcer sa vue dans l'obscurité. Au contraire, il s'y sentait à l'aise, évoluant avec facilité dans ce nouvel environnement qu'il ne connaissait pourtant pas. Il vit soudainement une silhouette fantomatique s'approcher de lui, une dague à la main droite, puis lever son arme pour le frapper. Aerth s'immobilisa, observant avec attention le fantôme. Il avait vérifié plusieurs fois, sa vision lui permettait de voir les événements cinq secondes avant qu'ils ne se produisent, donc... Il vit le fantôme donner un coup sur sa droite et se décala aussitôt de l'autre côté. La lame fendit l'air à côté de lui, le frôlant de peu. L'adolescent visualisa également l'attaque suivante et esquiva de nouveau, tentant de passer derrière son adversaire pour poursuivre son chemin. Il l'entendit jurer faiblement quand il manqua une nouvelle fois sa cible.
- Je ne souhaite pas me battre., lui annonça alors Aerth. Je désirerais juste passer.
Le spectre ne marqua aucune hésitation et attaqua de nouveau, se guidant à la voix de l'ath. Ce dernier avisa le mouvement et para l'attaque en bloquant le bras de son adversaire. Il lui saisit la main et serra fort, entendant l'autre lâcher une exclamation de douleur d'une voix fluette. Surpris, Aerth l'observa plus attentivement. Son adversaire semblait être plus jeune que lui, et déjà il lui manquait le bras gauche, coupé presque en dessous du coude. Encore plus étonnant, l'ath reconnu les traits d'un panael. Qu'est-ce qu'un garçon comme lui faisait ici ?
- Lâche-moi !, hurla le panael en se débattant.
Aerth obéit sans réfléchir, ayant gardé l'habitude d'appliquer à la lettre les ordres des panaels. Il se reprit, mais trop tard, l'autre avait déjà pris la fuite. De nouveau seul, l'ath reprit sa marche, encore plus méfiant qu'auparavant. Heureusement pour lui, il ne rencontra personne d'autre dans les souterrains et déboucha finalement dans une vaste caverne.
À l'intérieur, une foule bruyante s'agitait, les conversations résonnant contre les parois rocheuses. Des gens passaient en tous sens, plus ou moins bien vêtus, parfois seuls, parfois en groupes, mais tous semblaient armés. Aerth s'arrêta un moment, observant tous ces mouvements. Les bruits surtout étaient impressionnants. En plus des conversations, toutes sortes de bruissements, craquements, crissements. Des caquètements, des hénissements aussi, et de nombreux cris d'animaux, et même d'homme... ces derniers souvent brefs et douloureux. L'ath fit quelques pas timides dans le grand espace, puis s'arrêta en voyant devant lui deux hommes en train de se disputer violement avec l'enfant qu'il venait de croiser. L'un d'eux le saisit par le col, et le jeune panael commença à se débattre en hurlant de sa voix encore aiguë. Il tentait veinement de repousser son aîné avec son bras unique et Aerth ne put le supporter. Il s'approcha à grands pas et attrapa le bras de l'homme, le forçant à le baisser pour que le panael puisse reposer les pieds à terre.
- Eh ! Qu'est-ce que tu veux, toi ?, cracha l'homme en retirant vivement son bras et en sortant un poignard. Oct', occupes-toi du manchot !
Le panael fit un pas en arrière et pointa Aerth du doigt.
- C'est lui dont je parlais ! Ce type !
Le surnommé Oct et son compère se jetèrent un regard puis examinèrent attentivement l'ath.
- Alors comme ça, t'es un sire de la Haute ?
Aerth les regarda avec étonnement, puis comprenant qu'on le prenait pour un noble, il éclata de rire. Le jeune panael fronça les sourcils et le foudroya du regard, ses phalanges blanchissant autour du manche de la dague qu'il venait de ressortir de ses vêtements.
- Je sais que tu en es un !, lança-t-il. Tu n'aurais pas si bien parlé tout à l'heure sinon !
L'ath cessa de rire et secoua doucement la tête.
- Je suis... Enfin, j'étais plutôt, corrigea-t-il, un esclave.
- Vraiment ?, l'interrogea férocement l'adolescent. Prouve-le moi !
Aerth hésita puis remonta la manche de sa chemise pour révéler la brûlure en forme de ''X'' qui marquait son bras gauche.
- Et alors ?, répliqua l'un des hommes. Ça veut rien dire, ça !
- Si., l'interrompit sombrement le jeune panael. Ça veut dire Xantreuil. Esclave bâtisseur.
Il lança un regard noir à l'ancien esclave, semblant lui reprocher d'en avoir été un, comme s'il l'avait choisit spécialement pour lui faire du tort.
- Tss., souffla Oct. C'est pas une preuve, ça ! Il peut se l'être fait exprès !
Le second homme hocha la tête en plissant les yeux avec méfiance et Aerth hésita. Ne voyant pas leurs doubles fantomatiques l'attaquer de suite, il retira sa chemise et se retourna pour leur montrer son dos qui portait gravé dans sa chair les marques de fouets reçues deux ans plus tôt.
- Tu as de l'argent ?, demanda soudainement le premier homme.
L'ath secoua la tête et l'autre soupira.
- Alors l'endroit d'où tu viens n'a aucune importance. Mais tu ferais mieux de repartir d'où tu viens, mon gars. On vient pas ici pour s'amuser.
Aerth repassa sa chemise et fixa ses yeux bleus dans ceux de son interlocuteur.
- Je n'ai plus ma place en surface. Je souhaiterais donc rester... ici.
Il jeta autour de lui un regard quelque peu perdu et les deux hommes éclatèrent de rire.
- Écoute bien, mon gars, on ne te le répètera pas deux fois. Chacun à sa place à Nereyan, tu ne peux pas simplement t'installer et reprendre ta vie de château. Personne viendra t'apporter à bouffer ou te laissera un endroit où dormir si tu es inutile à notre société. Tu comptes faire quoi exactement ? T'as  pas vraiment la carrure d'un voleur ou d'un espion. Tu sais te battre ? Parce que sinon, tu peux dire adieu à ta vie.
L'ath fronça les sourcils.
- Je ne serais pas inutile. J'apprendrais.
Sa déclaration provoqua un nouvel éclat de rire, puis les deux hommes secouèrent la tête.
- T'es marrant, c'est toujours ça. On a besoin de gens comme toi pour se changer les idées., déclara Oct avant de se retourner vers le panael. Eh, le manchot ! Fais lui donc visiter notre palace !
L'adolescent se figea en serrant encore davantage son arme, si cela était possible, les yeux remplis de colère. Il ne protesta cependant pas et fit sèchement signe à Aerth de le suivre. L'ath jeta un dernier regard aux deux autres hommes, qui s'étaient déjà détournés et partaient à grands pas dans l'un des tunnels. Il emboîta donc le pas au panael qui commença à se faufiler dans la foule.
- Bon, bah, ici c'est le Marché Noir., annonça-t-il sèchement.
Il se faufilait avec agilité entre des étals plus ou moins bricolés et Aerth faisait son possible pour le suivre, tentant d'ignorer les interpellations des vendeurs. Ils traversèrent assez rapidement la vaste caverne puis le panael s'engagea sans hésiter dans l'un des passages et le guida jusqu'à une seconde salle. Là, une étrange forteresse semblait avoir été creusée dans le plafond, mais le sol de la caverne disparaissait dans les profondeurs et seul un pont branlant semblait permettre d'accéder au domaine.
- La Citadelle des Ombres., annonça avec un certain respect le panael, sans oser s'avancer sur le pont de corde. C'est ici que se réunissent les Chefs des Ombres.
Il se retourna vers Aerth avec une grimace, avant de s'engager sans attendre dans un nouveau tunnel.
- Et avant que vous ne posiez la question : non, nous n'avons pas le droit d'y aller. L'endroit où l'on doit loger, nous, c'est au Ghetto.
Aerth allongea le pas pour suivre son avancée rapide et ils arrivèrent dans une troisième caverne. À l'intérieur, de pauvres masures s'empilaient les unes à côté des autres, formant des ruelles insalubres et odorantes.
- Le Ghetto., cracha presque le panael. Voilà tout ce à quoi nous avons droit. Alors, toujours sûr de vouloir rester ici ?, rajouta-t-il moqueusement.
Aerth acquiesça lentement. Le lieu n'était certes guère accueillant, mais c'était désormais le seul où on lui laissait le droit de vivre. Ou du moins de défendre sa vie.
- Enfin, il y a quand même quelques compensations., reprit le panael. Ici, on peut faire quasiment tout ce qu'on veut. Faut juste éviter de s'attirer la colère de plus fort que soit. Et surtout, rajouta-t-il avec hargne, on n'est plus obligé d'obéir à ces saletés de nobles!
L'ath ne répondit pas et le panael se retourna soudain vers lui.
- Vous êtes impérial ?, demanda-t-il froidement, une étrange lueur dans les yeux.
Aerth secoua la tête.
- Rebelle ?
Même réponse que la précédente, qui fit hausser les épaules au panael.
- Bon, tant que vous n'êtes pas impérial, ça me va. Sinon...
Il laissa sa phrase en suspens tout en caressant le manche de sa dague avec un sourire tordu. Puis il soupira longuement et se remit en marche.
- Je vais vous montrer les quelques endroits intéressants ici. Vous avez déjà vu le Marché Noir. On peut y trouver tout, vraiment tout, ce que l'on veut. Par là-bas, indiqua-t-il en pointant une direction du Ghetto, il y a les prostitués.
L'ath marqua une hésitation et le panael lui jeta un regard moqueur.
- Ça vous intéresse, hein ?
Aerth secoua la tête en rougissant, sous le regard curieux de l'adolescent, qui finit soudain par comprendre.
- Vous n'avez jamais... ?, demanda-t-il avec étonnement.
- J'ai seize ans !, s'exclama l'ath.
Le panael s'immobilisa en écarquillant les yeux d'un air stupéfié. Aerth s'agita avec gêne. Il savait bien que sa taille n'était pas normale, et c'était encore plus embarrassant qu'on lui rappelle ainsi. Le panael finit heureusement par se détourner en haussant de nouveau les épaules.
- Bah, ça t'intéressera un jour. Au moins, tu sais qu'ils sont là.
Il était repassé au tutoiement et Aerth se sentit aussitôt plus à l'aise. Le panael reprit sa visite guidée, indiquant rapidement quelques points de repère  pour que l'ath puisse s'orienter dans la caverne, puis le mena jusqu'à l'une des masures.
- Et voilà, ici, c'est la maison de Velmet. C'est lui qui nous loge. Des questions ?
- Oui, une., acquiesça Aerth. Comment te nommes-tu ?
Le panael étira les lèvres dans un sourire sardonique, une lueur froide dans le regard.
- T'as pas fait attention ? C'est le manchot.
Il agita son bras en partie manquant comme pour prouver ses dires, mais son visage s'était crispé et il semblait prêt à tuer le premier qui oserait l'appeler ainsi. L'ath esquissa un léger sourire.
- Je parlais de ton vrai nom.
Le panael fixa son regard dans le sien, semblant chercher à savoir s'il était sérieux ou s'il se moquait de lui. Puis il esquissa une légère moue et détourna le regard.
- Orion., marmonna-t-il.
- Orion..., répéta doucement l'ath.
Le panael baissa les yeux puis s'éloigna légèrement avant de poser la main sur la poignée de la porte.
- Et toi ?, demanda-t-il finalement. Tu es recherché en surface ?
- Je m'appelle Aerth. Et euh... oui.
- Alors changes de nom., lui recommanda Orion avant de rajouter en voyant l'ath hésiter. Xantreuil Aerth... Xantae... Xae...
Aerth grimaça, mais le panael afficha un léger sourire, cette fois départit de menace ou de peine, retrouvant quelques instants l'air innocent qu'aurait dû avoir tout enfant de son âge.
- Xae, ça me plaît bien. Je vais t'appeler comme ça.
L'ath soupira, puis hocha la tête, incapable de dire non à ce sourire qui lui rappelait celui de Landril.
- Orion, c'est aussi un surnom ?, l'interrogea-t-il alors.
Le sourire du panael se modifia, retrouvant cet air moqueur et bravache qui lui semblait si courant.
- Non, c'est vraiment mon prénom. Je peux l'utiliser sans crainte. Après tout, rajouta-t-il avec hargne, pour ces ordures, je n'existe plus.
Et sans attendre de réponse, il ouvrit la porte de la cabane, faisant signe à Aerth de le suivre.

*

Aerth pénétra dans la salle principale, retirant rapidement sa cape mitée dégoulinante d'eau. Il tombait une véritable averse dans les rues de Midalys et la plupart des gens étaient restés chez eux, mais il savait que se ne serait pas une excuse acceptable pour avoir échoué. Cela ne faisait que trois jours qu'il avait rejoint les Ombres et le petit groupe d'Oct et Velmet, mais les deux hommes avaient été clairs avec lui. S'il ne trouvait pas un moyen ou un autre de gagner de l'argent ou de la nourriture, il devrait repartir se débrouiller seul. Et pour bien rappeler à l'adolescent qu'il était le plus incapable d'entre eux, ils lui avaient demandé de suivre les conseils qu'un autre des leurs, Elzed, dispensait à leur toute dernière recrue, Cyhn. Aerth avait donc eu quelques heures pour assimiler les bases du vol à l'arrachée, et il s'était avéré qu'il était bien moins doué que Cyhn pour cela. Alors même que ce dernier n'avait que neuf ans. L'adolescent n'y pouvait rien de toute façon. Car si certaines personnes se laissaient attendrir par l'air triste du garçon, personne n'avait ce genre de réaction avec lui. Au contraire, sans doute à cause de sa taille et de sa carrure, les gens s'écartaient devant lui pour libérer le passage. Pas évident dans ces conditions de faire discrètement leurs poches alors qu'ils maintenaient leurs distances. Aerth avait essayé de leur sourire, mais les seuls résultats qu'il obtint furent quelques regards soupçonneux et un écart plus grand. Il était désormais persuadé qu'il ne parviendrait jamais à devenir, non un bon, mais juste un acceptable voleur. C'était hors de ses cordes. Avec un soupir, il suspendit la cape à un crochet de métal rouillé puis s'avança dans la pièce. Assis derrière une table, s'appliquant à écrire en tirant légèrement la langue d'un air concentré, Orion semblait actuellement le seul dans la cabane. Aerth s'approcha et se pencha légèrement en avant pour regarder ce qu'il notait. Apparemment, le panael était en train de faire les comptes de leur pauvre ''entreprise''. L'ath fronça les sourcils en tentant de déchiffrer son écriture maladroite. Orion le vit faire et lui jeta un coup d'œil furieux.
- Me dis pas que tu sais lire.
- Eh bien... si., avoua Aerth sans comprendre sa colère. Et écrire aussi.
Le panael faillit briser sa plume et se releva d'un bond, portant automatiquement sa main à son arme, tremblant de rage.
- Tu... Tu ne peux pas... C'est mon travail ! Tu...
- Je n'ai pas l'intention de prendre ta place., l'interrompit l'ath.
- Tss ! Peut importe que le veuilles ou non ! Si les autres l'apprennent, ils me mettrons dehors !
- Je ne pense pas que...
- Je ne peux rien faire d'autre !, s'exclama Orion.
Son ton s'était fait plus désespéré et il dut s'en rendre compte car il s'arrêta aussitôt de parler et sembla prendre sur lui pour se calmer. Il souffla longuement et releva soudain un regard dur vers Aerth. Celui-ci avisa aussitôt le double fantomatique du panael lever son arme pour le poignarder et lui saisit le poignet avec une rapidité impressionnante, interrompant son geste avant qu'il n'arrive à son terme. Orion tenta de se défaire de sa poigne et, impuissant, continua de se débattre en lui donnant des coups de pieds. Aerth lui ôta son arme et la posa sur la table avant de planter son regard dans le sien.
- Je ne leur dirais rien, Orion, alors calme-toi. Je ne suis pas ton ennemi.
Pour lui prouver sa bonne foi, il le relâcha, et le panael se recula aussitôt. Sans un mot, il se rassit et reprit sa plume pour continuer son travail. Aerth continua de l'observer jusqu'à ce qu'il relève une nouvelle fois la tête, le foudroyant toujours du regard.
- Qu'est-ce qu'y a ?
- Ça fait longtemps que tu es là ?
- Deux ou trois mois, je pense., indiqua Orion avec méfiance. Pourquoi ?
- Eh bien... Tu es un panael, n'est-ce pas ? Tu es donc d'une famille noble, alors je pensais que tu n'aurais pas... Comment dire ? Que tu aurais plus facilité que moi pour écrire.
Orion blêmit et cette fois la plume se brisa nette dans sa paume.
- Ne prétend plus jamais que je suis noble., siffla-t-il méchamment. Et si tu veux savoir, je suis gaucher !
Il se leva en manquant de renverser sa chaise et disparut dans leur dortoir en claquant la porte. Aerth hésita à le suivre pour s'excuser mais la porte de l'entrée s'ouvrit dans son dos, laissant passage à une femme dont il était impossible de déterminer l'âge. Elle ôta son habit trempé et secoua sa chevelure avant de lui offrir un sourire.
- Salut, mon chou ! Alors, ta tournée ?
L'adolescent secoua la tête et elle soupira.
- Bah, je n'y arrivais pas vraiment non plus. Je me serais fait prendre plus d'une fois si Velmet ne s'était pas porté à ma rescousse.
Elle étouffa un petit rire et s'avança vers lui pour lui tapoter le bras.
- Faut pas t'en faire pour ça. Ce n'est pas ta voie, il ne te reste donc plus qu'à trouver la bonne !
Se détournant, Phydra jeta un coup d'œil à la feuille qu'Orion avait abandonné sur la table.
- Il a fini ?
- Je ne crois pas., répondit prudemment Aerth.
- Ben voyons... Quel tête de mule celui-là !, rouspéta-t-elle. Viens donc m'aider à faire le repas, Xae.
Il acquiesça et la suivit vers un coin de la pièce avant de l'aider à éplucher quelques pauvres pommes-de-terre.
- C'est ma faute., expliqua l'adolescent. J'ai dû l'énerver. J'ai l'impression qu'il ne m'aime pas beaucoup..., rajouta-t-il après un court temps de silence.
Phydra laissa échapper un ricanement.
- Oh, moi je pense qu'il t'aime bien.
- Hein ? Mais il a essayé de me tuer plusieurs fois !, s'exclama Aerth.
- Combien de fois ?, l'interrogea la femme.
- Heu... Trois., balbutia Aerth, surpris par la réponse à sa plainte.
- C'est bien ce que je disais., reprit-elle. Seulement trois fois : il t'aime bien. Nous autres, ça a été au moins une douzaine en trois jours. Tu vois la cicatrice de Velmet ? C'est lui qui lui a fait. Ce gosse est une vraie teigne. Mais toi, il t'aime bien. Va savoir pourquoi.
Elle haussa les épaules et trancha les pommes-de-terre à grands coups de couteau. Aerth s'écarta prudemment et commença à agencer la vaisselle ébréchée sur la table, rangeant prudemment le parchemin et le pot d'encre dans un coffre. Puis peu à peu, les autres commencèrent à rentrer et ils s'installèrent tous autour de la table, s'installant sur les chaises, le coffre et un demi-tonneau. Alors qu'ils mangeaient en échangeant quelques nouvelles sur leur journée de travail, l'ath se prit à sourire. Velmet et Phydra, Oct et Illie, Elzed, Cyhn et Orion. C'étaient eux désormais sa nouvelle famille. Et il ferait tout son possible pour rester avec eux.

*

Cinquième jour. Aerth tentait de suivre Cyhn alors que celui-ci se glissait facilement dans la foule du bazar. L'adolescent s'excusa en bousculant quelqu'un, marcha sur le pied de son voisin et fut obligé de jouer des coudes pour se frayer un passage afin de rejoindre l'enfant. Quelqu'un l'insulta, mais il ignora l'affront et poursuivit sa route. Il rattrapa enfin Cyhn, qui lui jeta un regard noir.
- Je me fous de ce qu'à dit Oct., lança le gamin. Si tu restes avec moi, je ne peux pas travailler. Tu fais fuir les pigeons, Xae.
Les pigeons. Aerth grimaça. Cyhn nommait ainsi les nobles, les bourgeois et en général tous ceux qui avaient un bourse suffisamment remplie pour qu'il ai envie de s'en emparer. Mais peut importe le terme, l'ath avait juste du mal à se faire à l'idée qu'un gosse de neuf ans dut voler pour survivre. Même si la condition d'esclave était loin d'être parfaite, lui n'avait au moins jamais eu à se demander s'il aurait ou non à manger le soir. Mais pendant ce temps, le-dit gosse lui avait encore faussé compagnie. Aerth releva la tête pour tenter de l'apercevoir par-dessus la foule et le repéra déjà vingt mètres plus loin, s'approchant d'un homme ventripotent. L'ath fronça les sourcils. L'homme était à n'en pas douter un noble, et connaissant ce genre de personne, Aerth s'étonna qu'il fut seul. Parcourant la rue du regard, il finit par voir trois soldats qui surveillaient eux-aussi la foule. L'un d'eux lança soudain un cri d'alerte et tous se précipitèrent vers leur employeur. L'adolescent comprit aussitôt que le manège de Cyhn avait été repéré et fendit la foule pour lui porter secours. Déjà, l'un des gardes avait saisit le gamin par le poignet et le secouait alors que l'enfant se débattait en hurlant. Aerth atteignit le petit groupe et s'engagea dans l'espace vide qui entourait les agitateurs. Immédiatement, les deux autres soldats se placèrent sur son chemin.
- Pourriez-vous relâcher cet enfant ?, demanda-t-il poliment en s'immobilisant.
- Votre gosse est un voleur., lâcha sobrement l'un d'eux.
L'ath jeta un coup d'œil vers Cyhn, qui était maintenu fermement.
- Appelez la Garde Rouge !, lança le noble avec agacement.
Aerth serra les dents et jeta un regard désolé aux hommes lui faisant face. Il ne pouvait tout simplement pas courir le risque que Cyhn se fasse capturer. Alors soudainement, il passa à l'attaque. Il bondit sur le premier homme et lui envoya un grand coup de poing dans l'estomac. De l'autre main, il dégaina l'arme du soldat et se concentra sur le monde fantomatique qui l'entourait. Il avisa le coup qui venait dans son dos et se retourna juste à temps pour parer la lame du second soldat. Aerth n'avait jamais manié d'épée et enchaîna avec un mouvement maladroit, compensant la technique de son adversaire par la force brute. L'homme recula sous l'impact et l'adolescent en profita pour se retourner et assommer le premier soldat d'un grand coup sur la tempe. Il s'écarta ensuite vivement et entendit la lame du second homme siffler près de lui. Aerth lui refit face et lança une ou deux attaques que l'autre évita sans mal. Du coin de l'œil, l'adolescent vit que le troisième soldat hésitait à lâcher Cyhn pour venir prêter main forte à son collège. Plus loin, les armures reconnaissables des Gardes Rouges débarquaient sur la place et l'ath commença à paniquer. Accélérant le rythme, il multiplia les coups, faisant reculer son adversaire. Il donna un grand coup sur le côté et vit le double fantomatique de l'homme s'écarter. Aerth en profita pour bondir dans l'espace ainsi libéré. Passant dans le dos du soldat, il fit un grand mouvement circulaire et sa lame se ficha dans un bruit mat entre les côtes de l'homme, qui ne tarda pas à s'effondrer. L'adolescent dégagea d'un geste sec son arme dégoulinante de sang et se rua sur le troisième homme. Celui-ci lâcha aussitôt le gamin pour attraper son épée.
- Cours !, cria Aerth.
Cyhn ne se fit pas prier et prit ses jambes à son cou. L'ath ne laissa pas le temps à son adversaire de se mettre en garde et enfonça la pointe de son épée dans son torse. Il lâcha aussitôt l'arme et tourna les talons, prenant lui-aussi la fuite vers le passage le plus proche pour les égouts. Il bouscula les passants qui ne s'écartaient pas assez vite sur son chemin et se jeta dans l'ombre protectrice de Nereyan. Continuant à courir, il ne s'arrêta que lorsqu'il parvint au Ghetto. Il termina plus lentement le chemin jusqu'à la maison de Velmet, prenant le temps de récupérer son souffle. Il essuya également vaguement ses mains sur son pantalon, grimaçant devant son allure. Aerth pénétra dans la cabane en essayant de ne pas faire de bruit, mais Cyhn était déjà rentré et Phydra et Orion se retournèrent vers lui avec de grands yeux curieux, impatients de savoir si ce que venait de leur raconter l'enfant était vrai.

*

~ Suite dans le post ~






COMPAGNON






Pique



SURNOM : Petit as
ÂGE : Inconnu
GENRE : Non-Défini
RACE : Hérisson empoisonné



MAGIE :


Pique ne fait pas de magie à proprement parler. Il s'agit plutôt d'une fonction de son organisme, dont certaines glandes produisent un poison virulent, stocké dans son corps et ensuite relâché par ses piquants lorsqu'il les allonge.




DESCRIPTION :


Pique ressemble à un hérisson commun, une petite boule de piquants avec quatre pattes et une petit museau. Petit et mignon, il a des yeux brillants et très expressifs. Il a souvent un petit air perdu, comme s'il ne savait pas trop où il était, et semble vraiment inoffensif. Quand il avance, il se déplace à petits pas en se dandinant mais peut en fait se révéler plutôt rapide. Il est également capable de se faufiler partout et adore se cacher sous les meubles, qui doivent en quelques sortes lui rappeler un terrier. Il a également un péché mignon : le pain dur trempé dans du lait. Un régal ! C'est d'ailleurs grâce à cela qu'Aerth a réussi à le dresser. Très utile, Pique seconde son maître dans certaines de ses missions. Car s'il est si mignon, il est en vérité également bien dangereux. En effet, ses piquants produisent un poison virulent causant une mort par asphyxie au bout d'une heure si un antidote spécial n'est pas administré à la victime. Or pour cela, il suffit que le venin entre en contact avec le sang. Assez craintif, il se met en boule, durcit et allonge ses piquants dès qu'il se sent en danger ou quand Aerth lui en donne l'ordre. Cela peut sembler bien violent, mais Pique n'est qu'un petit hérisson innocent qui ne comprend pas vraiment ce qu'il fait. Tout ce qu'il veut lui, c'est un peu de pain. Avec du lait.






DERRIÈRE L'ÉCRAN




CODE : Crunch, Vaniel a avalé le code. Manque de tartine ça.
PRÉSENCE SUR LE FORUM ? : Dès que possible, au moins trois jours sur sept, plutôt le soir.
COMMENT AVEZ-VOUS DÉCOUVERT LE FORUM ? : Recrutée par moi-même ?
AUTRE CHOSE A DIRE ? : Double compte de Landril, et merci à Alicia pour le hérisson ^^





Dernière édition par Aerth Xantreuil le Mer 1 Jan - 18:32, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Aerth, bras gauche de la vie   Lun 9 Déc - 21:19

SUITE DE L'HISTOIRE


Velmet donna une petite tape sur l'épaule d'Aerth et lui indiqua l'homme qui marchait avec hésitation dans le passage sombre. L'ath hésita et son compagnon le poussa légèrement en avant.
- C'est pas compliqué., soupira-t-il une dernière fois. Tu le tue et tu récupères son argent, tu es capable de le faire, non ?
- J'en ai la capacité., grimaça Aerth. Mais aucunement l'envie !
- Pourtant tu t'es bien occupé d'un de ces gardes l'autre jour...
- Je n'avais pas le choix ! Mais là...
- On en a déjà parlé. Tu lui règles son compte vite fait et c'est tout !
Velmet tenta de le pousser vers la cible qu'il avait défini, mais l'ath, bien plus fort que lui, ne bougea pas.
- Je ne peux pas faire de mal à quelqu'un qui ne menace personne.
- Mais qu'est-ce qu'on va bien pouvoir faire de toi !, s'exclama Velmet.
L'homme dont il avait voulu la mort arriva à leur hauteur et leur jeta un coup d'œil méfiant avant de continuer sa route. Velmet leva les yeux au plafond et souffla avec humeur avant de tourner les talons. Aerth resta un instant immobile dans la galerie puis prit la direction du Ghetto.
Lorsqu'il pénétra dans la cabane, Orion se précipita vers lui avec un grand sourire.
- Alors ? Comment ça c'est passé ?
L'ath grimaça sans répondre et le panael perdit son sourire avant de lui demander des explications. Il l'écouta avec attention puis acquiesça lentement.
- Dans ce cas, tu n'as qu'à devenir Chasseur de Têtes. Tu ne t'en prends qu'aux criminels.
- Mais nous sommes des criminels aussi, non ?
Orion haussa les épaules, semblant se moquer éperdument de la remarque et peut-être même s'en réjouir.
- Nous sommes des hommes libres, Xae. Tu peux choisir tes cibles et en refuser d'autres.

*

Et Aerth commença ainsi pleinement sa carrière de criminel. Hésitant la plupart du temps car il n'aimait pas faire du mal à ceux contre qui il n'avait rien, il s'avéra pourtant qu'il était plutôt doué dans ce domaine. Certes, il ne brillait pas par sa discrétion, mais il s'avérait être un bon combattant. Car il n'osait pas attaquer de dos ses victimes et préférait attendre qu'elles le remarquent et l'attaquent, ce qui lui donnait alors une bonne excuse pour se défendre. Mais petit à petit, à force d'expérience, il apprit à repousser ses réticences en se rappelant que ceux à qui il ôtait la vie ne la méritait plus. Il s'avéra dès lors beaucoup plus efficace, mais s'interrogeait : à présent, ne faisait-il pas lui-aussi partie de cette catégorie ? L'ath avait parfois envie de tout lâcher, de partir, il ne savait où, mais forcément vers quelque chose de mieux. Néanmoins, l'argent qu'il rapportait au groupe de Velmet s'avérait fort utile et permettait entre autre à Cyhn de réduire considérablement ses horaires de travail. Voir le gamin sortir non plus pour aller voler mais pour aller jouer avec d'autres enfants lui donnait une raison suffisante pour rester. L'atmosphère dans la masure était également plus détendue et les nouveaux revenus permirent d'enrichir un peu les repas, ce qui comptait pour beaucoup dans le moral des troupes. Orion, désormais rassuré par les intentions d'Aerth, se montra plus supportable puis commença à s'intéresser à son travail et le suivit plusieurs fois. L'ath tenta de l'en dissuader et de le semer, mais le panael réussissait toujours à le rattraper, si bien qu'il prit l'habitude de l'avoir à ses côtés. Au fur et à mesure, Orion voulu lui aussi devenir un Chasseur de têtes, mais cette fois ce fut Aerth qui refusa de le laisser seul et s'arrangeait toujours pour l'aider. Car si le panael ne manquait pas de hargne et de vélocité, son bras manquant constituait tout de même un handicap important lors des combats et l'ath semblait bien plus inquiet de sa sécurité qu'il ne l'était lui-même.
Un jour, alors qu'il enquêtait sur une série de meurtres étranges où toutes les victimes avaient péris par asphyxie, Aerth réussi à remonter la piste jusqu'au coupable et découvrit avec étonnement qu'il s'agissait d'un hérisson. Le petit animal semblait complètement perdu dans les rues de Midalys et tous ceux qui avaient tenté de l'attraper s'étaient blessés sur ses piquants. Or, il s'avéra que ces piquants libéraient un poison violent à l'origine des décès des jours précédents. L'ath fit preuve de prudence et réussit à attraper le hérisson à l'aide d'épais gants de cuir. Mais le voyant tout perdu, terrifié et amaigri, il le prit en pitié et plutôt que de s'en débarasser décida de le garder avec lui. Il le nourrit tout d'abord avec hésitation, tâtonnant pour savoir quel pouvait être son régime alimentaire, puis finit par voir que l'animal réussissait à attraper seul des vers de terre et de petits oiseaux. Aerth découvrit ensuite que Pique, tel qu'il l'avait baptisé sans grande imagination, adorait le pain trempé dans du lait, et c'est ainsi qu'il parvint à le dresser, réussissant à le guider où il le souhaitait et à lui faire libérer son poison sur un simple ordre de sa part et seulement quand il s'agissait de sa voix et non celle d'un autre. Le hérisson devint donc un assistant à part entière, tout aussi mortel que son maître.
Plusieurs années s'écoulèrent sur ce rythme auquel Aerth finit par s'habituer. Prenant davantage confiance en lui, il s'aventurait plus longtemps en surface et fit la connaissance d'un ingénieur auquel il lança le défi de fabriquer une prothèse en métal pour remplacer le bras manquant d'Orion. L'homme le releva avec succès, réussissant à mettre au point un bras capable des mêmes mouvements qu'un membre organique grâce à la karenya de son porteur. À partir de ce jour, Orion porta une admiration quasiment sans bornes à Aerth et ils formèrent ensembles l'un des duos les plus efficaces des Ombres. Somme toute, même si leurs vies étaient basées sur des chasses à l'homme, ils avaient réussi à construire un semblant de maîtrise de leur misère, ne subissant plus ni le froid ni la faim, appartenant à un petit groupe qui pouvait de loin s'apparenter à une famille. Les années suivantes, la renommée d'Aerth et d'Orion en tant que Chasseurs de têtes ne fit que grandir.

*

Orion s'étira avec insouciance, lançant un grand sourire à Aerth.
- Et encore un ! Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? On rentre ?
L'ath acquiesça et les deux hommes prirent la direction du Ghetto. Ils discutaient avec bonne humeur, Aerth parlant peu et hochant régulièrement la tête comme seules réponses, quand ils parvinrent à la cabane de Velmet. Ils se figèrent aussitôt en voyant la porte enfoncée et tendirent l'oreille, ne percevant qu'un silence pesant.
- Tu vois quelque chose ?, murmura Orion.
Aerth secoua la tête, le regard perdu dans l'ombre de la pièce. Le monde fantomatique de ''dans cinq secondes'' s'étirait devant lui mais restait aussi figé que le temps présent. Sans avoir besoin de se concerter, le panael s'écarta pour aller observer les environs et l'ath pénétra dans la masure. Il n'y fit que quelques pas et écarquilla les yeux en découvrant les corps en morceaux sur le sol. Velmet, Oct, Phydra, Elzed... Aerth se précipita vers la seconde pièce, faisant claquer avec force la porte de bois. Illie et Cyhn... Il recula lentement sans pouvoir lâcher les cadavres des yeux, quittant la cabane à reculons.
- Rien à signaler par ici., l'informa Orion en s'approchant à son tour de l'entrée.
- Ne rentre pas !
L'ath bloqua le passage de son corps et ramassa la porte, qu'il appuya contre l'un des murs pour bloquer en partie l'entrée. Le panael sursauta en entendant son compagnon crier puis fronça aussitôt les sourcils.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
Il vit la mâchoire d'Aerth se contracter et ses poings se serrer à en faire blanchir ses phalanges. Il croisa alors son regard et se figea. Alors que l'ath avait d'habitude tant de mal à exprimer ses émotions, il était cette fois facile de lire sur son visage... la colère. Non, plus, bien plus que de la colère. C'était... de la haine. Orion le bouscula pour se précipiter à l'intérieur et Aerth le laissa cette fois faire, portant un regard froid sur les maisons alentours. Le panael ressortit quelques instants plus tard, la même expression sur le visage. Désormais, une seule question habitait leurs deux esprits. Qui ?
Sans un mot, ils s'avancèrent vers les maisons voisines, pénétrant sans gêne dans l'intimité relative qu'elles offraient, en quête de quelqu'un ayant assisté à la scène. Un gamin au visage livide accepta enfin de les renseigner, commençant par jeter des regards effrayés autour de lui comme s'il craignait que quelqu'un d'autre l'entende.
- C'étaient les hommes de Mille Visages..., chuchota-t-il avec nervosité avant de partir en courant.
Ils le laissèrent filer et Aerth dirigea son regard vers le tunnel menant à la Citadelle des Ombres.
- Non., siffla Orion. Bella est de la Haute. Elle ne descend que rarement ici.
- À nous de la faire venir dans ce cas., répondit froidement l'ath.
Orion acquiesça et ils quittèrent le Ghetto. Ils traversèrent les passages sans aucune discrétion, insultant tout fort Mille Visages et ses hommes de toutes sortes de noms plus outrageux les uns que les autres, si bien que les rares personnes qu'ils croisaient comprenaient bien qu'il valait mieux s'écarter devant eux. Ils finirent par s'arrêter dans une caverne déserte dans les parois de laquelle s'ouvraient plusieurs autres tunnels.
- On a qu'à l'attendre ici., proposa le panael.
Aerth acquiesça et fit demi-tour.
- Où vas-tu ?, s'exclama Orion avec incompréhension.
L'ath plissa les yeux.
- Certaines batailles se préparent à l'avance. Il n'est pas sûr qu'elle arrive dès demain, alors il nous faut des vivres et des couvertures.
Le panael esquissa le sourire sadique qu'il avait quelque peu délaissé ces derniers temps.
- Et des armes. Bella est une vampire. La blesser ne suffira pas. Lui couper la tête... La couper en morceaux... La brûler bout après bout...
Son sourire s'agrandit et ses yeux se mirent à briller.
- Je veux qu'elle souffre.
Aerth esquissa à son tour un sourire et ils se rendirent au Marché Noir pour récupérer ce dont ils avaient besoin, Orion continuant d'injurier à pleine voix la vampire et ses sous-fifres. Quelques uns d'entre eux voulurent lui rabattre le caquet mais le panael prit un plaisir évident à les éparpiller dans la foule puis à les éliminer les uns après les autres. Ils retournèrent ensuite s'installer dans la caverne qu'ils avaient choisi pour lieu de bataille et l'ath y resta à plein temps, surveillant attentivement les différentes entrées, pendant que le panael répandait partout et avec subtilité la nouvelle que Xae lançait un défi à Bella en continuant de tuer un à un les hommes et les femmes qui lui étaient le plus fidèles.
S'il y eut une chose qu'Aerth dut reconnaître, c'est qu'Orion sut se montrer particulièrement imaginatif, réussissant à chaque fois à placer les corps suppliciés de ses victimes de façon à ce que tout le monde puisse les voir et que Bella ne puisse ignorer que l'affront lui était directement destiné. Il fallut d'ailleurs moins d'une semaine pour que la vampire décide de se déplacer en personne afin de faire de l'ath un exemple pour tous ceux qui oseraient se dresser face à elle.
Aerth et Orion étaient en train de discuter à voix basses dans la caverne lorsque l'ath prévisualisa l'arrivée d'une femme, suivit de trois hommes. Il se leva aussitôt, imité par le panael qui riva son regard dans la même direction. Dès qu'elle apparut réellement en face d'eux, Orion voulu se jeter sur elle, mais Aerth réussit à le retenir.
- C'est elle ?, interrogea-t-il avec une légère surprise en observant la superbe femme.
- Oui ! C'est Bella !, cracha-t-il avec dégoût.
L'ath examina un instant l'air agacé de la vampire, qui les contemplait comme s'ils n'étaient que des insectes bourdonnant un peu trop fort près de son oreille et dont elle avait décidé de se débarasser sans pour autant qu'ils méritent un réelle attention de sa part. Cela les énerva encore plus, mais Aerth se força à rester calme et ne lâcha le bras d'Orion que quand il fut sûr que celui-ci n'allait pas se jeter sans réfléchir dans la bataille. De son côté, la vampire semblait quelque peu déçue qu'ils soient ses adversaires, comme s'ils n'étaient pas dignes de se battre contre elle et ne comprenant pas pourquoi ses hommes ne s'étaient pas déjà débarassés d'eux.
- Pourquoi leur avoir fait cela ?, demanda nerveusement Aerth.
- C'était un simple avertissement. Je n'aime pas que l'on essaye de me doubler. Vous auriez dû le savoir, vous opposez à la cour des Ombres est une condamnation à mort.
L'ath fronça les sourcils en se demandant quand il avait bien pu s'opposer à la cour des Ombres, mais Orion répondit à sa place.
- Nous n'avons jamais essayé de te doubler !
- En tant que Chasseurs de têtes, vous me devez obéïssance, ne vous avisez pas de l'oublier.
- Certainement pas ! Nous avons choisi d'être indépendants justement pour ne pas avoir à obéir à des êtres comme toi !
- Je vous promets une mort douce et rapide si vous poser vos armes et abandonnez votre stupide rebellion.
La vampire afficha un air méprisant et Aerth vit son double fantomatique claquer des doigts puis un mouvement se former quelque part au-dessus d'elle. L'ath eut juste le temps de pousser Orion sur le côté et de sauter de l'autre. Il y eut un craquement à l'endroit où ils s'étaient tenus auparavant et il vit du coin de l'oeil que la roche formant la paroi de la caverne venait d'être fendue sur plusieurs centimètres de profondeur. Aerth fronça les sourcils en scrutant la brume fantomatique de l'avenir et évita un nouveau coup en voyant Mille Visages claquer une nouvelle fois des doigts. Celle-ci sembla un court instant surprise qu'il puisse éviter son attaque mais se reprit bien vite et sourit avec arrogance, comme si elle allait finalement pouvoir s'amuser un peu. Aerth serra les dents en la voyant faire et jeta un regard en coin à Orion en espérant qu'il sache se retenir.
- Va crever, la vieille !, cracha le panael.
Le visage de la vampire se tordit de colère et l'ath grimaça. Son compagnon ne savait évidemment pas rester calme et brandissait à présent une épée en direction de la chef des Chasseurs de têtes et des Assassins. Les yeux vairons, vert et rouge sang, de Bella virèrent au noir corbeau et elle tourna lentement son regard vers le panael.
- Ne t'attends pas à la moindre clémence de ma part, morveux.
Elle commença à se diriger vers lui, mais Aerth se plaça sur son chemin.
- C'est moi ton adversaire., lança-t-il à la vampire. Approche donc si tu l'oses.
Bella plissa les yeux puis se remit à sourire.
- Je n'ai aucun ordre à recevoir de ta part, mais je vais me montrer généreuse et répondre à ton attente. Kurama, occupe-toi de l'autre morveux.
L'ath se prépara mais ne vit qu'au dernier instant la nappe de ténèbres qui commençait à l'entourer. Plutôt que de se laisser faire, il se précipita donc plutôt sur la vampire et tenta de la saisir à la gorge. Bella arrêta cependant son bras et ils luttèrent un moment sans bouger, semblant de force égale. Alors qu'ils forcaient tous deux pour prendre le dessus, Aerth ne put pas s'empêcher de jeter un regard vers Orion pour voir comment il s'en sortait et la vampire en profita pour le frapper durement et le projeter en arrière. L'ath tomba au sol avec surprise mais se releva aussitôt en commençant lui aussi à sourire. Jusqu'à présent, il n'avait jamais trouvé quelqu'un qui puisse rivaliser en puissance avec lui et que Bella posséda une force similaire à la sienne lui donnait encore plus envie de la vaincre. Il fonça vers elle, mais elle l'évita facilement, semblant avoir prévu son mouvement à l'avance. Aerth vit cependant sa contre-attaque à l'avance et réussit lui aussi à l'éviter. Ils se refirent face en se jaugeant de nouveau. Les yeux de la vampire étaient toujours aussi noir et elle leva soudain la main, dans laquelle tourbillona un orbe de ténèbres. L'ath l'observa attentivement et esquiva une nouvelle fois l'attaque qu'elle lançait, mais ne réussit pas à s'approcher d'elle. Le sourire de Mille Visages s'agrandit et Aerth comprit qu'il s'était fait piéger. Une cage d'ombres s'était formée autour de lui sans qu'il la voit apparaître et il se retrouva prisonnier, incapabe de s'échapper de cette prison. Sur un signe de la vampire, la cage se rapprocha d'elle et elle la fit réduire de taille, obligeant l'ath à s'agenouiller pour ne pas se faire écraser. Elle continua son action en souriant et Aerth tendit le bras entre les barreaux pour attraper le sien.
- Pique..., murmura-t-il.
Le petit hérisson sortit le museau de la poche de sa veste et sortit avant de partir en se dandinnant le long de son bras. Bella donna un coup pour le chasser et le petit être se roula en boule, si bien qu'elle s'embrocha la main sur ses piquants aiguisés avant de l'envoyer valdinguer à l'autre bout de la caverne. Aerth lâcha un cri inquiet en voyant son compagnon balayé de la sorte puis observa la main de la vampire dont les plaies se refermaient déjà. S'il réussissait à tenir une heure... Serrant plus fort le poing, il sentit sous ses doigts les muscles se tendre puis les os craquer sinistrement. La vampire ne réagit cependant pas, comme si elle ne s'était même pas rendu compte qu'il venait de lui briser le bras. Mais autour de lui, la cage continuait de se réduire et l'ath la lâcha pour pouvoir appuyer ses mains contre le sommet de sa cellule, tentant d'en enrayer la diminution. La vampire sourit avec un air satisfait et se détourna de lui pour s'approcher d'Orion, qui courait à travers la caverne pour éviter les attaques fulgurantes et semblant venir de nulle part. Le panael envoya un poignard là où il pensait que se tenait l'origine de ces attaques, mais l'arme sembla frappée de côté et fut renvoyée plus loin avant de tomber sur le sol dur dans un tintement métallique. La vampire s'arrêta un instant, semblant légèrement essoufflée par l'utilisation de sa magie, et observa le combat à sens unique que menait Orion contre son familier. Aerth s'inquiéta en voyant lui aussi que le panael ne réussissait qu'à peine à éviter les attaques invisibles sans pouvoir riposter. Observant les doubles fantomatiques des participants, il se mit à indiquer à son compagnon où était lancée l'attaque afin qu'il puisse mieux l'éviter. Bella se retourna vers lui avec agacement et il put voir que ses yeux avaient retrouvé leurs couleurs d'origine. Forçant de plus belle sur sa cage en la voyant se rapprocher, l'ath sentit les ténèbres se déformer légèrement sous ses mains. La vampire fronça les sourcils et récupéra le poignard perdu par Orion avant de s'approcher de la cage. Elle ne semblait cette fois plus vouloir utiliser sa magie et s'avançait avec sûreté vers son prisonnier qui se débattait avec détermination. Les ténèbres semblaient petit à petit se liquéfier autour de lui et Aerth se demanda si cela était normal ou si c'était dû à son action ou au poison qui devait commencer à affaiblir la vampire. Celle-ci ne semblait pas encore s'en être rendue compte et continuait à se rapprocher l'air de vouloir cette fois en finir. L'ath sentit enfin la cage céder et il s'en extirpa aussi vite que possible, encore une fois gêné par sa stature. La vampire bondit pour lui planter son poignard dans le coeur et Aerth tendit la main gauche, bloquant l'attaque avec sa paume qui fut transperser par la lame. Il grogna de douleur mais profita de l'effet de surprise pour envoyer un grand coup de poing dans le visage parfait de Mille Viasages. Elle recula sous l'impact et il arracha la lame de sa main avant de se jeter une nouvelle fois sur elle, la renversant en arrière. Un mouvement d'air passa juste au-dessus de sa tête puis une masse le percuta, le repoussant en arrière. Un étrange loup à neuf queues et portant deux cornes torsadées sur les épaules venait de lui sauter dessus et avança la gueule pour lui planter ses crocs dans la gorge. Aerth attrapa l'une des cornes et s'en servit pour retenir l'animal enragé à distance. Le compagnon de Bella agita l'une de ses queues et une lame d'air s'abattit, tranchant le flanc de l'ath qui ne put retenir un cri de douleur. Il ne lâcha cependant pas sa prise et s'en servit pour soulever le loup et le rabattre avec force sur le dos. Pendant ce temps, la vampire s'était relevée et courait vers eux, mais Orion lui sauta sur le dos et referma sa main de métal autour de sa gorge tout en enfonçant de l'autre un poignard entre les côtes de la femme. Bella se débattit et réussit à se défaire de son emprise puis se retourna pour le frapper, mais le panael s'était déjà esquivé. Aerth referma sa main blessée autour du cou de loup, se forçant à ne pas lâcher prise alors qu'il sentait le sang couler le long de son flanc blessé. L'animal secouait ses queues en tous sens, envoyant des lames d'air dans toutes les directions, faisant voler des éclats de roche dans la caverne. L'ath reserra fermement sa main et lui brisa la nuque, attendant que le corps de l'animal cesse de s'agiter avant de le lâcher. La vampire qui pourchassait Orion devint livide lorsqu'elle aperçut son compagnon et ses yeux virèrent de nouveau au noir, alors qu'elle semblait déjà bien fatiguée. Aerth porta une main à son flanc en tentant d'endiguer le flot de sang mais la vampire se jeta sur lui pour lui faire subir le même sort qu'il venait de faire connaître au loup. L'ath la maintint difficilement à distance avec l'autre bras, commençant à ployer sous l'effort et la fatigue alors que la vampire semblait animée d'une rage folle, le frappant avec force partout où elle pouvait l'atteindre. Aerth finit par se rouler en boule sur le sol, s'abritant du mieux de ses coups sans avoir la force de contre-attaquer. Son flanc et sa main le brûlaient, il avait perdu beaucoup de sang et la tête commençait à lui tourner. Déjà, les fantômes du futur s'estompaient, signe qu'il ne parvenait plus à utiliser sa magie. Il sentit cependant que les coups de Bella commençaient à faiblir, puis cessèrent totalement et le corps de la vampire tomba à ses côtés. Glissant un regard entre ses bras, l'ath aperçut son visage tordu de douleur alors qu'elle s'agitait peiniblement sur le sol sans plus parvenir à respirer. Dans un dernier effort, Aerth se redressa à genoux et se traîna jusqu'à elle, décidant d'abréger ses souffrances en lui brisant la nuque. La vampire cessa cette fois complètement de bouger et l'ath esquissa un léger sourire avant de s'effondrer sur le sol. Il entendit plus qu'il ne vit les pas qui s'approchaient de lui, puis la voix d'Orion qui s'élevait avec force dans la caverne.
- Vous ! Ne vous approchez pas plus !
Le panael se pencha vers l'ath et lui serra doucement l'épaule.
- Redresse-toi., lui chuchota-t-il à l'oreille. Qu'ils voient qui a vraiment gagné.
Aerth serra les paupières puis força sur ses bras pour réussir à se relever légèrement, réussissant avec difficulté à se placer en position assise. Avec encore plus de mal, il se remit sur pied puis dévisagea les trois hommes qui étaient venus avec Bella en serrant les dents.
- Faites passer le message !, hurla Orion à leur intention. Xae a vaincu Mille Visages ! À partir d'aujourd'hui, c'est lui que vous devrez respecter en tant que chef des Chasseurs de têtes ! Quiconque s'opposera à lui ou continuera de soutenir Bella sera mis à mort ! Est-ce que je suis clair ? Inclinez-vous devant le nouveau Mille Visages !
Les hommes hésitèrent un instant puis l'un d'eux s'avança en souriant et en sortant une arme, semblant se dire que s'il tuait maintenant le vainqueur affaibli, c'est lui qui hériterait du titre. Orion ne le laissa cependant pas faire et bondit sur lui avant de refermer son point de métal sur sa gorge. Il laissa froidement retomber le cadavre sur le sol et se retourna vers les deux derniers hommes.
- D'autres volontaires ?, siffla-t-il.
Les autres ne se le firent pas redirent et prirent la fuite. Le panael se retourna alors vers Aerth avec un grand sourire que celui-ci lui rendit, avant de s'écrouler de nouveau sur le sol. Orion se précipita vers leur campement et ramena des draps qu'il pressa contre les blessures de son compagnon.
- Ne t'inquiètes pas, Xae., lui souffla-t-il. Je vais m'occuper de toi maintenant. Et dans quelques jours, quand tu iras mieux, tu seras vraiment quelqu'un d'important.


Dernière édition par Aerth Xantreuil le Dim 22 Déc - 17:08, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Aerth, bras gauche de la vie   Sam 14 Déc - 10:14

Hello Hello ^^

Je vois que ta fiche avance plutôt bien, tu voudrais du temps supplémentaire pour finir ta fiche ?
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MessageSujet: Re: Aerth, bras gauche de la vie   Mar 17 Déc - 9:57

Salut !

Oui en effet, je demande volontiers un temps supplémentaire ! Je ne sais pas combien exactement, peut-être finirais-je pendant les vacances de noël, mais comme il faut que je révise pour les partiels, se sera peut-être plutôt jusqu'à mi-janvier...
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MessageSujet: Re: Aerth, bras gauche de la vie   Mar 17 Déc - 14:20

Que tu finisses pendant les vacances de Noël, je veux bien

Que tu finisses en mi-janvier, là, cela pause un problème plus conséquent.

Je ne veux pas paraitre méchante, mais je tiens à te rappeler que tu as réservé un poste à pouvoir. Imagine que d'autres personnes le voulait et que tu traines sur ta fiche pendant plus d'un mois ( alors que je rappelle que normalement, c'est deux semaines), avoue que cela ne serait pas très juste.

Ta fiche est très bien, on sent ( et je le sais d'ailleurs ) que tu as le niveau, mais le respect des délais est aussi très important. Si tu ne te sens pas capable de finir la fiche avant le 9 janvier, je mettrais ta fiche dans la crypte et le poste de chef des assassins sera de nouveau libre.
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MessageSujet: Re: Aerth, bras gauche de la vie   Mar 17 Déc - 15:26

Aïe ! Malheureusement j'ai mes partiels début janvier alors ça risque d'être un peu dur, mais je vais essayer de le faire.

Et puis, je sais que ce n'est pas méchant, c'est moi le responsable. Les délais sont les délais, il faut que j'apprenne à les respecter.

Du coup, j'ai fini les exams de cette semaine donc je me remet tout de suite sur l'histoire >.<
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MessageSujet: Re: Aerth, bras gauche de la vie   Dim 5 Jan - 11:35

*Complètement épuisée à la fin de la lecture mais elle a fini   *

Et bien, je n'ai rien à redire, tu as ma voix

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MessageSujet: Re: Aerth, bras gauche de la vie   Dim 5 Jan - 23:46

Bon eh bien tout vas bien pour moi (je te déteste Nono èé)
Fiche courte mon derrière oui xD juste avant les exams en plus? :O tu devrais avoir honte de faire ça à ta Fafy èé je te chatouillerai pour la peine :p

Tu as donc ma voix

"30" XP offerts.

Tu peux donc aller demander un Rang personnalisé ici ainsi que faire une demande de RP ou répondre à l'une d'elle en ces lieux, sans oublier de remplir ton Journal Personnel que tu trouveras dans ton Profil.


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Aerth, bras gauche de la vie

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