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 [QUETE] Sucre ou cyanure ?

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JOURNAL DE VOYAGE

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Mille Visages


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MessageSujet: [QUETE] Sucre ou cyanure ?   Mer 9 Juil - 16:06

Voilà une bien drôle histoire. Le métier d'assassin réservait parfois bien des surprises.

Hum... Bon d'accord, pour un citoyen ordinaire, le terme d'assassin ne serait certainement pas précédé de ''métier'', mais c'était pourtant mon cas, et il m'occupait à plein temps. Entre la gestion des hommes, la distribution des tâches, la remise en place de ceux qui se rebellaient, je m'étais très rapidement retrouvé à crouler sous la paperasse ! Moi qui croyais que ma vie serait difficile dans les Ombres, je n'imaginais pas à quel point ! Heureusement, si l'on puis dire cela ainsi, je réussissais quand même parfois à m'octroyer un peu de temps en dehors de mon ''bureau'' de la Citadelle pour effectuer moi-même un travail. Aujourd'hui, j'avais donc laissé Orion s'occuper de Pique et du côté administratif. À son grand déplaisir, il faut bien l'avouer, mais il aurait vite fait de terminer, il était bien plus doué que moi pour cela. Bref, j'avais donc pu quitter les Ombres. Sur le chemin de la sortie, j'avais, délicatement, arrêté un des hommes traînant dans les sous-sols de la Cité-Monde pour lui demander de me prêter son apparence. Entendez par-là que je lui signifiais de s'entailler un peu la main pour me laisser boire quelques gouttes de son sang. Non, je ne suis pas un vampire, mais un métamorphe. Ce-dit homme donc me reconnut – je suis tout de même difficilement oubliable avec mes deux mètres dix et actuellement plutôt un haut gradé de cette hiérarchie souterraine – et ne s'y opposa pas. J'avais donc rapidement perdu une bonne quarantaine de centimètres, apparemment également vieilli de quelques années, et entre autre acquis une certaine pilosité qui me démangeait atrocement le bas du visage. L'insensibilité à la douleur ne semble pas me préserver de ce genre de sensations désagréables... Bref, je revêtis rapidement des vêtements plus adaptés à ma nouvelle corpulence et cachais les autres dans une anfractuosité du passage, sans oublier de récupérer auparavant la fiole de mon propre sang qui s'y trouvait. À présent, j'étais suffisamment différent pour ne pas attirer l'attention de la Garde Rouge. Et donc, comme je le disais, j'avais quitté les Ombres. Je n'étais pas quelqu'un de particulièrement émotif, je pense, disons du moins qu'il était rare que je me réjouisse pour un rien, mais j'étais aujourd'hui de plutôt bonne humeur. Et pour cause, je revoyais enfin le bleu du ciel après plusieurs longues semaines dans l'ombre. De plus, j'avais choisis de me lancer un petit défi. En effet, la cible que je visais aujourd'hui était un criminel qui avait déjà été arrêté. C'était un indépendant avec lequel je n'entretenais aucun lien et qu'il était donc parfaitement envisageable de prendre en chasse. Il avait apparemment été arrêté trois jours plus tôt lors d'un accrochage imprévu avec une quelconque connaissance peu appréciée, mais n'était actuellement retenu que pour avoir troublé l'ordre public. Or, mon ''client'' souhaitait que cet homme se taise à jamais. Je n'avais jamais visité les prisons d'Alabrena. Je me demandais à quoi elles pouvaient bien ressembler.

Traverser Midalys n'avait pas posé le moindre problème, mais pénétrer dans Alabrena fut un peu plus compliqué. Néanmoins, le hasard fit bien les choses. En effet, alors que je tentais de forcer le passage des deux gardes surveillant le passage vers la ville haute, une patrouille tourna au coin de la rue, et intervint. Le comble fut donc que ces hommes m'arrêtèrent, sans se douter un seul instant qu'ils me facilitaient ainsi considérablement la tache. Cependant, un petit détail ne m'apparut qu'après qu'ils m'eurent enfermés, et pas le moindre. Je ne pouvais pas sortir comme bon me semblait.

Assis au fond de ma cellule, je me demandais comment j'allais faire pour résoudre cette fâcheuse situation. Le moyen le plus simple serait juste d'attendre demain que l'on me relâche, je n'aurais ainsi qu'une nuit à passer dans ces geôles et dès que l'on me libérerais, je pourrais me débarrasser discrètement de mon escorte et faire un rapide détour par la cellule de ma cible. C'était de toute façon la manière la pus discrète de régler les choses. J'espérais seulement qu'Orion n'allait pas piquer une crise dans la Citadelle et se mettre en tête de partir à ma recherche. Mes inquiétudes furent finalement vite chassées quand m'apparut l'ironie de la situation. Si ces gardes savaient qu'ils tenaient dans leurs mains le nouveau Mille Visages ! Mais pour l'instant, le petit gêneur que j'incarnais n'écopait que d'une nuit au frais.

Alors que je commençais ferme à m'ennuyer – les prisons n'étaient finalement pas si intéressantes que je me l'étais imaginé, du moins pas autant de l'intérieur – un gamin s'arrêta soudain devant les barreaux. Que faisait-il donc ici ? Il m'offrit un grand sourire, tout à fait adorable si l'on oubliait le fait que nous nous trouvions dans les geôles d'Alabrena et que sa présence n'aurait jamais dû y être. Posant au sol deux sacs qu'il transportait, l'enfant les ouvrit, révélant une poudre aux allures de petits cristaux blancs.

- Sucre ou cyanure ?, me demanda-t-il.

Je le dévisageais un instant sans réagir, m'interrogeant toujours sur les raisons de sa présence en ces murs et fronçant désormais les sourcils devant cette question impromptue. Du sucre, je voulais bien, les enfants ont tendance à aimer les bonbons en tout genre mais...

- Cyanure ?, répétais-je avec incrédulité.

Hum... Surprenante réaction. Je n'avais jamais parlé avec cette apparence et je découvrais à présent que la voix en était beaucoup moins neutre que la mienne. J'étais censé de pas marquer d'émotions, certainement pas afficher tout haut ma surprise. Il faudrait que je fasse plus attention à l'avenir et m'exercer un peu avec mes corps d'emprunt avant de sortir au grand jour. Me tirant de mes pensées, l'enfant me fit signe de me rapprocher. Je me levais pour venir me placer près des barreaux et il me désigna l'un de ses sacs, puis l'autre. Curieux, je pointais l'un des sacs en m'apprêtant à lui demander ce qu'il transportait, mais déjà il plongea la main à l'intérieur et attrapa la mienne avant de déposer dans ma paume un petit tas de sa poudre blanche. Je lui jetais un regard suspicieux, mais le gosse m'offrit un visage d'ange. J'hésitais, et il me fit de grands yeux suppliants pour que je goûte à son présent. On pouvait dire tout ce que l'on voulait sur moi, je n'étais pas aussi insensible que j'essayais de le paraître, et en vérité, j'adorais les enfants. Même si en général ceux-ci me le rendaient mal puisque je les effrayais avec ma grande taille. Enfin, ceci n'était pas le sujet du moment, à part le fait que ce petit chérubin commençait à avoir les larmes aux yeux à force de me dévisager sans cligner des paupières. Cédant à ses avances, je portais ma main à ma bouche pour absorber une petite bouchée de cette poudre blanche. Trop sucrée... ! Le petit referma ses sacs puis continua de me dévisager avec insistance pendant encore je ne sus exactement combien de temps, mais au moins cinq bonnes minutes.

- Vous avez de la chance !, finit-il par crier.

Puis il ramassa ses sacs sans attendre et prit la fuite. Je restais silencieux dans ma cellule, avant de soudain comprendre ce qui venait de se passer. Ce gosse... avait vraiment un sac de cyanure ?! Je grimaçais à l'idée de ce qui aurait pu arriver si je n'avais pas eu de ''chance'', me morigénant intérieurement pour ma naïveté, puis grimaçant de nouveau en songeant à la scène que me ferait Orion s'il apprenait ce qui venait de se passer. Voilà un pan de mon existence que je ne priverais pas de lui cacher si je ne voulais pas me faire remonter les brettelles. Oui, c'est moi qui étais son supérieur hiérarchique, c'était vrai, mais il restait avant tout mon ami et n'hésiterait en aucun cas à me faire la leçon dès que nous serions loin des oreilles et des yeux indiscrets. Je soupirais lentement en chassant ces pensées, me demandant avec inquiétude comment cet enfant en était arrivé là et ce qu'il comptait faire. Distribuait-il ainsi au hasard des poignées de sucre ou de cyanure ? Il avait pourtant eu l'air de s'amuser après que je l'eus écouté... Prenait-il cela comme un jeu ? J'avais beau être Mille Visages, je respectais la vie des gens. Mais jouer ainsi avec la mort... c'était macabre.

J'en étais quelque part par là de mes réflexions quand quelques uns des gardes rouges s'arrêtèrent devant ma cellule, un air crispé sur le visage. Cela n'inaugurait rien de bon...

- Alors vous êtes vous aussi l'un de ses complices, n'est-ce pas ?

Complice ? De qui, de quoi ? Je dus parler tout fort car l'un des hommes me jeta un regard noir avant de répondre à ma question.

- De ce meurtrier enfantin. Cela fait plusieurs semaines qu'il distribue son poison à travers la ville, et nous n'arrivons pas à l'attraper. Vous faites semblant d'être l'un des citoyens qu'il aborde pour faire passer cela comme un simple jeu, afin que d'autres goûtent au cyanure en croyant recevoir comme vous une poignée de sucre. Mais vous n'êtes pas le premier que nous arrêtons, vous savez. Nous avons déjà eu plusieurs autres de ses complices, et en tant que tel, vous subirez la même condamnation qu'eux : l'échafaud.

Je restais silencieux, me contentant de fixer mon regard dans celui du garde. Était-il sérieux ? Je venais d'éviter le mal de tête, les vertiges, la gêne respiratoire, la perte de conscience et la mort – rien que ça – pour que l'on m'accuse d'être en vérité partisan de ce jeu lugubre ? Néanmoins, je connaissais ces situations accusé/accusateur. Tout ce que je dirais ne ferait que les renforcer dans leur certitude, et sans la moindre preuve sinon celle de ma survie, ils m'avaient déjà jugé coupable.

- À moins..., commença un second homme qui était jusque là resté en retrait.

Je ne réagis pas, ne voulant pas leur laisser à croire qu'une quelconque alternative m'intéressait. Un tel geste aurait tout de suite été interprété comme une preuve de plus de ma culpabilité, or je n'avais absolument rien à me reprocher – à part ma bêtise, mais c'était là une toute autre chose.

- À moins que vous nous conduisiez jusqu'à cet enfant.

Je retins un sourire et me concentrais quelques secondes pour être sûr de garder une voix totalement neutre.

- Je ne sais pas où il se trouve.

- Alors l'échafaud vous attend., répondit avec un sourire dur le premier homme.

Bien ! Au moins comme ça les choses étaient claires. Il me semblait que je n'avais pas trop le choix. Et puis, j'avais bien envie d'expliquer deux-trois choses à cet enfant...

Et voilà comment je me retrouvais quelques heures plus tard de nouveau au grand jour, mais cette fois étroitement surveillé par deux gardes rouges. Et avec mon corps d'emprunt, je ne pouvais même pas bénéficier de ma force habituelle pour tenter de m'enfuir, sans compter qu'ils étaient armés jusqu'aux dents et déjà d'assez mauvaise humeur. À la porte de la prison, ils s'étaient tous deux tournés vers moi, comme s'ils étaient sûrs que je savais déjà exactement où trouver cet enfant. Ce qui n'était évidemment pas le cas, mais inutile de tenter de leur faire entendre raison. J'espérais plutôt avoir de la chance, et soit trouver vraiment ce gosse, soit réussir à leur fausser compagnie. Pour le moment, je me mis plutôt à la recherche d'une éventuelle piste et commençais à faire le tour de la prison. Les gardes me suivirent sans un mot, de beaucoup trop près pour que je tente une fuite, surtout alors que nous étions dans la ville haute. Cependant, au bout de quelques minutes passées à scruter le sol, je m'immobilisais en découvrant une faible traînée blanche, qui semblait venir de l'un des soupiraux plongeant vers les geôles. Je m'accroupis devant cette étroite ouverture et jetais un coup d'œil à l'intérieur, mais il m'aurait étonné d'y trouver ce petit meurtrier, et il ne s'y cachait effectivement pas. Observant la poudre attentivement – je savais cette fois qu'il valait mieux que je n'y goûte pas – je vis qu'elle formait une traînée qui semblait s'éloigner dans l'une des rues. Alors comme cela, ce petit assassin aurait accroché l'un de ses sacs en quittant la prison ? Me relevant, je ne quittais pas des yeux cette éventuelle piste, de toute façon la seule que j'avais pour l'instant, et commençais à la suivre.

La poudre blanche avait semé ses cristaux entre les pavés des rues et zigzaguait sans pré-avis, si bien que je manquais plusieurs fois de la perdre, sans compter que le passage de quelques nobles dames en robes longues avait parfois balayé ce petit chemin. Un court instant, la pensée qu'à ma place Orion prierait pour qu'il s'agisse de cyanure et non de sucre m'effleura l'esprit, et je retins un léger sourire. Mon panael rebelle se serait sans aucun doute réjouit que le poison se répande dans l'une ou l'autre des familles nobles d'Alabrena. Pour ma part, je n'étais pas vraiment contre cela non plus, étant donné que la plupart de ces aristocrates étaient pourris jusqu'aux os, mais je savais que certains d'entre eux avaient encore une âme, et j'espérais que ceux-là soient épargnés. En tous cas, j'avais tout de même réussi suivre la ligne de poudre jusqu'aux portes et m'engageais à présent dans la ville basse. Là, il fut encore plus difficile de suivre le chemin de poudre, les passants nombreux se mettant sans arrêt en travers de mon chemin. Un bon point pour moi cependant, mes deux geôliers de la Garde Rouge tenaient les curieux suffisamment à distance pour qu'ils ne me bousculent pas par inadvertance.

Après une bonne demie-heure de marche courbée dans les rues et deux fois plus dans les champs environnant, j'avais les reins en compote mais il semblait que j'étais enfin arrivé à destination. Devant moi s'élevait à présent une petite bâtisse de pierre à moitié effondrée, et je me redressais avec une grimace de soulagement.

- Alors il se cache ici ?, m'interrogea l'un des gardes.

J'hésitais à répondre, pas encore certain de pouvoir trouver en cette place ce gamin assassin, mais poussais la porte pour y pénétrer. L'intérieur, désert et poussiéreux, me laissa penser que le lieu était abandonné depuis un moment maintenant. J'aperçus néanmoins bientôt un espace qui semblait avoir été nettoyé il y a peu, et où reposaient deux sacs. L'un des gardes rouges s'approcha aussitôt et les ouvrit, puis hocha la tête à l'intention de son collègue. Les voyant tous deux occupés, je jugeais le moment opportun pour m'éclipser quand j'aperçus le gamin qui nous épiait par une fenêtre. Je m'empressais de sortir, aussi discrètement que possible mais apparemment pas assez puisque les gardes s'empressèrent de me suivre, et me lançais à la poursuite du gosse alors qu'il filait à toutes jambes. Mais cette fois, je n'allais pas le laisser s'en tirer ainsi. Il était rapide, mais j'avais des jambes plus longues et je gagnais petit à petit du terrain. Je finis par tendre le bras et l'attrapais par le col avant de le secouer avec force.

- Non mais ça... va pas ?!, lui hurlais-je.

Enfin, tentais-je de hurler, parce que j'étais essoufflé et que ma voix s'entrecoupa alors que je reprenais une respiration sifflante. À noter : à l'avenir, choisir le sang d'une personne en meilleure forme physique. En attendant, les gardes nous avaient rejoins et hochèrent la tête avec satisfaction.

- Bien, bien., annonça le premier. Voici donc ce mini-criminel. Mais sois sûr que cela n'atténuera en rien ton jugement, vaurien ! L'échafaud est la seule peine qui convienne à de tels actes !

Hum. J'étais d'accord que les meurtres devaient être punis, d'autant plus en tant qu'assassin, mais ça me faisait vraiment mal au cœur de voir ce gamin, tout tremblant de peur entre les mains des Gardes Rouges. Était-il seulement conscient de ses actes ? Je n'en étais pas sûr, et il me vint l'envie de le relâcher. Pendre des enfants ne me semblait pas du tout être une bonne chose. Mais laisser courir un gosse qui jouait ainsi avec la mort... Les yeux implorants se posèrent sur moi et je sentis que ma résistance commençait à fondre. Non, je ne pouvais vraiment pas le laisser être conduit à l'échafaud. Mais avant de le relâcher, j'avais bien l'intention de lui apprendre la valeur de la vie.

Les gardes nous avaient fait reprendre le chemin de la ville, et je continuais de tenir fermement le gosse par la peau du cou. Aucune envie qu'il s'échappe avant que je sois sûr de m'en tirer, il ne fallait pas exagérer non plus, moi-aussi j'avais envie de vivre. J'attendis donc que nous soyons revenu dans les rues de Midalys avant de prendre la fuite. Sûrs d'eux, les gardes avaient quelque peu relâché leur vigilance, et je profitais de la densité de la foule pour disparaître. Pas très difficile en vérité. Je fis semblant de trébucher et en profitais pour me soustraire à leur vue, après quoi quelques pas de côté m'écartèrent de la rue pour me conduire derrière une charrette qui passait avantageusement dans les parages. Loin de m'enfuir en courant, ce qui aurait aussitôt attiré l'attention, je me relevais en agrippant fermement l'épaule de l'enfant et poussais la porte du commerce le plus proche. Je fis ensuite mine de m'intéresser à l'étalage, écoutant en vérité les cris venant de l'extérieur et qui finirent par s'éloigner. Je fus finalement tiré de ma fausse contemplation par le raclement de gorge du vendeur, ou plutôt de la vendeuse, et découvris que je fixais depuis cinq bonnes minutes une épingle à cheveux pour femme. Hum... Toute gêne mise de côté, je me dus d'acquérir l'objet pour un prix heureusement tout à fait accessible – une chance que les gardes ne m'aient pas pris ma bourse lorsqu'ils m'avaient arrêté – puis quittais le commerce avant de me diriger vers les Ombres. Le gamin commença à se tortiller sous ma poigne et je le lâchais, si bien que ne s'y attendant pas, il tomba à la renverse.

- Écoutes, petit., lui lançais-je en le dominant de toute ma hauteur. Les jeux de hasard, c'est pas trop mon truc, d'accord ? Je ne tolérerais pas que qui que se soit dans les Ombres ai un tel comportement. Parce que tu mets en péril la vie d'innocents, et c'est inadmissible. Et en même temps, tu laisses une chance aux personnes les plus abominables de s'en sortir, et cela non plus n'est pas acceptable. Parce qu'il y en a, quand il faut les tuer, il ne faut pas les rater.

Je laissais passer un court silence le temps d'apprécier sa réaction, puis me radoucis devant son air toujours effrayé.

- Cependant, si tu cesses immédiatement ton petit... jeu, saches qu'une place t'ai acquise au sein des Ombres. Si tu le souhaites, tu peux venir avec moi.

Je lui tendis une main et il hésita, jetant un coup d'œil du côté de la sortie en cherchant visiblement un moyen de s'échapper.

- Les Gardes Rouges vont continuer à te poursuivre, tu sais., lui annonçais. Évidemment, les Ombres ne paraissent pas très accueillantes. D'ailleurs, elles ne le sont pas. Mais tu y serais néanmoins plus à l'abri auprès de moi qu'à l'extérieur. Ah oui, je ne me suis pas encore présenté. Aerth Xantreuil, plus connu ici sous le nom de Mille Visages.

Pour marquer mes propos, je pris la fiole de mon sang et en avalais une petite gorgée pour retrouver mon apparence originelle. Ce n'est qu'après que je me rappelais m'être changé et je fis mon possible pour rester digne dans mes vêtements trop petits. Heureusement, les yeux humides du gosse s'écarquillèrent et il ne sembla pas se rendre compte de ma maladresse. Pour terminer de le convaincre avant qu'il réfute mon identité, je sortis mon ''livre des sursis'' et lui montrais mon avis de recherche. Loin d'être émerveillé, le gamin essaya plutôt de se faire tout petit sur le sol, mais je lui souris – ce qui n'était à vrai dire peut-être pas vraiment engageant, mais tant pis, c'était trop tard. Comme je restais immobile à attendre, il finit par attraper ma main et je le remis sur pied avant d'épousseter ses vêtements du revers de la main.

- Bien, en route alors ! La Citadelle nous attend !

Enfin, surtout Orion, qui n'allait pas être ravi de découvrir le nouveau membre que je comptais ajouter à notre petit groupe, sans compter qu'avec toute cette histoire je n'avais pas pu éliminer ma cible et qu'il allait falloir que je trouve quelqu'un pour rattraper vite fait cette erreur. Il ne me restait plus qu'à espérer que l'épingle à cheveux lui fasse plaisir. Même s'il s'agissait à priori d'un accessoire féminin, j'étais sûr qu'elle lui irait parfaitement s'il lui prenait l'envie de nouer ses cheveux longs. Enfin, il allait de toute façon me piquer une crise même si j'essayais de l'amadouer...
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