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 Landril, vethael désacralisée

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JOURNAL DE VOYAGE

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MessageSujet: Landril, vethael désacralisée   Jeu 31 Oct - 20:50




   Evanarel Landril


  
« Tout a une raison d'être. »


  

SURNOM : Landi
ÂGE : 23 ans
GENRE : femme
ORIENTATION : Non définie
RACE : Vethael

CASTE : Noble (celle de son père)
ORGANISATION : Marcheuse spectrale
ALLIANCE : Impériale
STATUT SOCIAL / PROFESSION : Espionne

MAGIE :
Grâce à son apparence un peu fluette et sa petite taille, les gens ont souvent tendance à sous-estimer Landril, mais c'est en oubliant qu'elle est une vethael et possède donc une magie assez puissante, qui vient compenser son manque de force. Sa magie surprend souvent qu'on on la voit à l'œuvre car assez impressionnante. En effet, la jeune femme est capable de modifier la gravité d'un objet, d'une personne ou d'une petite zone. Cela lui permet par exemple de léviter en réduisant sa masse corporelle, ou de rendre beaucoup plus lourde l'arme d'un adversaire pour qu'il ne puisse plus s'en servir. La plupart du temps, elle s'en sert sur elle-même pour se déplacer plus facilement : sa puissance musculaire restant la même avec un poids moindre, cela lui permet de faire de grands bonds et de gagner en endurance. Évidemment, l'utilisation d'un tel pouvoir ne se fait pas sans conséquence. En effet, la modification de la gravité demande une grande concentration donc la détourne pendant cet instant de tout ce qui l'entoure, la laissant sans défense. Et comme c'est le changement qui fatigue, Landril peut parfois se retrouver bloquée avec un poids différent de l'ordinaire car elle n'a pas la force de répéter l'opération dans l'autre sens.

DONS :
● Perception extrasensorielle (1 capacité lié à votre race)
● Enfant de Telara (1 capacité lié à votre race)

FAVEUR DE LA ROSE :
● Projection astrale (1 faveur donnée par votre rose d'ascendance)


POSSESSION :  (vos possessions ainsi qu'une éventuelle monture)
Landril possède un gousset qui lui permet d'arrêter le temps pendant 55 secondes. Se rechargeant à l'énergie solaire, elle ne peut donc l'utiliser qu'une fois avant de devoir le laisser une journée sous les rayons de l'astre ardent. Inconvénient majeur : impossible de le recharger la nuit ou les jours trop nuageux.



   CARACTÈRE
  

Plutôt douce et posée, Landril aime avant tout apprendre. Avide de connaissances, elle est toujours heureuse d'élargir ses horizons, peu importe sur quel sujet. Elle aime aussi s'installer tranquillement pour discuter avec les gens, qu'elle les connaisse ou qu'ils soient de parfaits inconnus, pour peu qu'elle les trouve sympathiques.
En vérité un peu rêveuse et encore naïve, elle aimerait découvrir le monde et nourrit une passion pour l'histoire. Ainsi, il est courant de la retrouver isolée dans un coin d'une bibliothèque, un livre ouvert sur les genoux et sur le visage un air un peu perdu dans un passé lointain ou dans un autre monde.
Pour autant, elle n'est pas inactive et n'apprécie rien de plus que l'odeur de l'aube ou le vent frais de la nuit, ce qui évidemment la conduit souvent à sortir avant le lever du soleil pour aller faire un tour dans une ville plus calme que de jour.
Sérieuse et appliquée, elle s'investit totalement dans ce qu'elle fait, surtout dans son travail. Si elle y met tant d'acharnement, c'est surtout pour tenter de regagner l'affection de son père, qu'elle sait avoir profondément déçu. Alors qu'elle aurait aimé pouvoir partager une vraie vie de famille avec lui, il se montre plutôt distant, ce qui la blesse profondément, même si elle évite de le montrer.
Elle n'aime par contre pas particulièrement attirer l'attention et préfère rester en retrait, sa discrétion naturelle lui permettant sans véritables problèmes de se fondre dans le paysage. Cependant, elle n'hésitera pas si nécessaire à se mettre en avant, voir à charmer avec son petit air innocent.
Par contre, s'il y a bien une chose qu'elle déteste, c'est la violence superflue. Non pas qu'elle soit incapable de se défendre ou de frapper si nécessaire, mais elle fera toujours en sorte que cela soit le moins douloureux pour son adversaire. Dotée d'une forte empathie, elle ne peut en effet s'empêcher de souffrir avec les autres, quand bien même il s'agirait de son pire ennemi, ce qui évidemment fait d'elle une grande pacifiste qui a tendance à passer pour une proie facile auprès de ceux n'ayant pas les mêmes scrupules qu'elle.
  


  PHYSIQUE
  

Pas très grande et assez menue, Landril a également des courbes discrètes et un air innocent qui la font souvent passer pour plus jeune qu'elle n'est. Les regards auraient plutôt tendance à passer sur elle, ne s'attardant que brièvement sur sa peau cuivrée, avant de s'éloigner, si elle ne possédait ces étonnants cheveux d'un blond presque roux, cascadant sur ses épaules en fines ondulations. Ces mèches douces et flamboyantes, elle aime les tresser de perles colorées ou de rubans même si elle est souvent obligée de les remonter avec une pince. Son visage fin porte la plupart du temps un doux sourire, et si il se fige parfois dans une expression des plus neutres, il est inaccoutumé qu'il trahisse la colère. Pour autant, il est rare qu'elle laisse indifférent ceux qui osent la regarder dans les yeux. Ces yeux sans pupilles, d'un gris-argenté, qui trahissent son origine divine et donne l'impression à celui qui s'y plongent de se retrouver face à un miroir lui renvoyant sa propre image.
  


   HISTOIRE
  

Voir posts
  




  

   NOM DU COMPAGNON

  

SURNOM : ICI
ÂGE : ICI
GENRE : ICI (mâle - femelle - bisexué - Non-Défini)
RACE : ICI

MAGIE : ICI


   DESCRIPTION
  

   ICI
  




  

   DERRIÈRE L'ÉCRAN

  

CODE :  Code donné en pâture à des Lycans poissons rouges par A'lana!
PRÉSENCE SUR LE FORUM (SUR 7 JOURS) ? : Dès que possible, mais disons au moins 3 jours sur 7, généralement le soir
COMMENT AVEZ-VOUS DÉCOUVERT LE FORUM ? : Recrutée par A'lana ;)
UN AVIS ? : Heu... non, j'crois pas

  


Dernière édition par Landril le Mer 9 Avr - 17:45, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: Landril, vethael désacralisée   Lun 4 Nov - 20:38

HISTOIRE
  

En une nuit, Valdan Evanarel était devenu un homme de prestige. Shyn de la petite noblesse, il s'était jusqu'à présent contenter de se rendre à tous les bals et autres fêtes organisés à la cour, tentant de se faire des relations parmi les autres nobles. Mais appartenant lui-même à une famille peu influente, il était souvent ignoré, voir méprisé par ses semblables. Pourtant, il avait suffit d'une nuit, de quelques heures, pour que sa vie prenne le chemin qu'il essayait sans succès de lui faire prendre depuis des années. Car à ce moment là, tout avait changé. Parce que Telara l'avait choisi, lui parmi tous les autres.
À ce souvenir, Valdan ne put s'empêcher de sourire. Il y avait encore quelques mois, il n'était que l'un des neveux du chef de famille, fiancé à une femme d'une famille encore moins reconnue que la sienne. Jusqu'à ce jour, gravé pour toujours dans sa mémoire.

*

C'était le soir et le temps était doux. En compagnie de son cousin, Valdan surveillait les esclaves qui remontaient un vieux s'étant écroulé lors de la dernière tempête. Un jeune ath s'était alors approché de lui avec timidité, le regard baissé vers le sol. Valdan lui avait jeté un regard de mépris. Âgé de sept ans à l'époque et même s'il mesurait déjà un mètre cinquante, l'ath n'était pour l'instant d'aucune aide et Valdan se demandait parfois pourquoi il l'avait acheté avant qu'il n'ai fini sa croissance. Le noble s'était creusé un instant la tête, cherchant à se rappeler le nom ridicule dont était affublé l'enfant.
- Qu'y a-t-il, Aerth ?, avait-il finit par demander.
Le garçon avait relevé la tête avec circonspection avant de jeter un coup d'œil vers la porte de la cour.
- Il y a une femme dehors qui veut vous voir, sire.
Valdan avait froncé les sourcils. Il n'attendait pourtant personne, et son cousin non plus. Mais comme il commençait à se lasser du spectacle des esclaves au travail, il s'était porté à la rencontre de l'inconnue. Et il ne l'avait pas regretté. Dès le premier regard qu'il lui avait porté, une sorte de prémonition l'avait parcouru, le faisant frissonner. La jeune femme lui tournait le dos et il ne distinguait d'elle que sa longue chevelure blonde. Il était sûre de ne l'avoir jamais rencontré, et pourtant il était également intimement convaincu de la connaître. Valdan s'était approché d'elle avec un étrange sentiment d'appréhension, remarquant distraitement que toutes les paons du quartier semblaient s'être réunis autour de cette femme. Il avait hésité, se demandant comment attirer son attention sans paraître grossier, car il paraissait évident qu'elle était noble, et bien plus que lui. Avant qu'il n'ai eu le temps de se décider, elle s'était retourné vers lui et avait commencé à l'examiner. Valdan avait alors pu voir son visage et s'était figé. C'était la femme la plus belle qu'il ai jamais vu. Doucement, Telara lui avait alors pris la main et l'avait entraîné derrière elle.
Valdan s'était réveillé trois jours plus tard, l'esprit brumeux, le corps fourbu et incapable de bouger. Sa vision trouble lui avait à peine permis de reconnaître sa chambre et même maintenir ses paupières ouvertes lui avait demandé un effort considérable. Pendant deux mois, tout n'avait été que torture, comme si ses veines charriaient un feu vif et ardent qui ne demandait qu'à le consumer. Pendant ces deux interminables mois, le jeune noble avait cru mourir des dizaines et des dizaines de fois tant la douleur était insupportable. Incapable de se déplacer, incapable même d'articuler le même mots, il n'avait pu qu'assister avec impuissance au défilé des membres de sa famille venu lui offrir leur soutien. Puis au fur et à mesure que les jours s'écoulaient, les visites s'étaient faites plus rares, puis plus personne n'était venu, le laissant souffrir sans réconfort. Seule une vieille ath de la maisonnée et ce gosse qu'il méprisait étaient restés auprès de lui pour le soigner et le nourrir. Mais incapable d'accepter sa dépendance auprès d'êtres inférieurs, Valdan s'était renfermé sur lui-même, repassant encore et encore dans son esprit sa nuit avec Telara. C'était cette pensée, et elle seule, qui lui avait permit de tenir, et finalement au bout de ces deux mois de cauchemar, il s'était extirpé de son mal et avait repris peu à peu ses repères et ses forces. Oui, il n'y avait pas à dire, il en était ressorti renforcé, avec l'intime conviction qu'il s'était sauvé lui-même et que seul son propre pouvoir pouvait le mener vers la réussite. Après tout, qu'avait fait son oncle pour l'aider ? Il lui avait serré la main en lui souhaitant du courage puis était repartit vers des affaires plus importantes. Alors Valdan avait quitté son lit et après quelques jours de remise en forme, il s'était rendu auprès de son oncle. Il avait réuni le conseil de la famille Evanarel, comprenant tous les hommes et les femmes qui possédaient le pouvoir, et il avait réclamé la place de chef de famille. Il avait mis en avant le fait que Telara l'ai choisi, puis qu'il ai survécu à cette divine épreuve et finalement son oncle s'était incliné et lui avait cédé la place. Et à présent, du haut de ses vingt-six ans, Valdan était devenu le chef officiel des Evanarel.

*

Un sourire s'étira sur les lèvres fines du shyn. Cela ferait bientôt sept mois qu'il avait pris la tête de la famille, et cela avait déjà changer de nombreuses choses. Notamment, les alliances dont il ne faisait auparavant que rêver se faisaient maintenant si fréquentes qu'il avaient dû charger deux de ses cousins de le seconder dans les tâches diplomatiques. Il fallait à tous prix éviter de vexer qui que se soit. Parce que si Valdan était devenu un être sacré, sa famille restait quand même de faible puissance. Alors le noble avait également profité de son nouveau statut pour placer plusieurs hommes et femmes de confiance à des postes privilégiés, notamment à des postes administratifs du palais et dans la garde rouge. Petit à petit, les fonds avaient afflué et Valdan avait commencé à augmenter le nombre de soldats travaillant pour les Evanarel. Il était également devenu le mécène de quelques artistes en devenir qui ne tarderaient pas à lui reverser un pourcentage de leur gain lorsqu'ils seraient reconnus. Bref, pour l'instant, tout se déroulait à la perfection. Mais cela ne lui suffisait pas. Valdan avait toujours eu soif de grandeur, et avoir touché au prestige ne rendait la tentation de s'élever vers les hautes sphères de pouvoir que plus pressante encore.
Quelques coups doucement frappés à la porte de son salon privé le tirèrent de ses réflexions et il donna sèchement la permission à son visiteur d'entrer. Il esquissa une moue incertaine en voyant Aerth entrer dans la pièce. Ses sentiments à l'égard de l'esclave étaient toujours mitigés. Il lui était à la fois reconnaissant de s'être occuper de lui et d'être restés à ses côtés dans sa souffrance, et en même temps, avoir révélé une telle faiblesse à un être inférieur le mettait mal à l'aise, lui donnant l'impression d'être plus bas que lui. L'enfant ne se moquait-il pas de lui dans son dos ? Ne répéterait-il vraiment à personne l'état dans lequel s'était retrouvé son maître ? Le noble n'avait pas eu à se poser tant de question pour la vieille ath. Celle-ci avait en effet atteint la fin de sa vie programmée quelques jours seulement après qu'il se soit remis, un peu comme si elle avait pris la mort pour le sauver. Mais Valdan savait que cela était impossible. Il ne pouvait tout simplement pas devoir sa vie à un ath. Reportant ses pensées sur le présent, il s'aperçut que Aerth tenait dans ses bras un petit paquet de tissu.
- Qu'est-ce que cela ?, demanda le noble.
- Il était sur le pas de la porte.
L'enfant déplia légèrement le tissu, révélant le petit visage d'un poupon de quelques jours. Valdan ne pu s'empêcher de grimacer.
- Depuis quand ramasse-t-on tout ce qui traîne dans la rue ?
Il vit l'ath se figer et, comme s'il avait compris ses paroles, le bébé se mit à pleurer.
- Fait le taire !, ordonna le noble.
Aerth hésita, commençant maladroitement à bercer le petit être si bruyant. Valdan le fixait d'un œil noir, se demandant déjà comment il pourrait faire pour se débarrasser de cet ennui. Il ne pouvait après tout pas le remettre dans la rue, si quelqu'un le voyait, cela remettrait son image en cause. Mais il n'avait pas non plus envie de gaspiller un esclave pour s'occuper exclusivement de l'enfant. Plongé de nouveau dans ses pensées dans lesquelles il avait de plus en plus tendance à se perdre, Valdan remarqua avec un temps de retard que les cris s'étaient tus. Il reporta son regard vers le visage du nourrisson et s'immobilisa. Deux yeux d'un gris argenté s'étaient posés sur lui. Deux yeux sans pupilles, d'une profondeur qu'il n'avait rencontré qu'une fois dans sa vie. Telara. Son cœur râta un battement et un sourire satisfait s'afficha sur ses lèvres. Valdan prit doucement le nourrisson dans les bras et lui déposa un léger baiser sur le front.
- Mon trésor..., murmura-t-il.

*

Étonnamment, Valdan s'était révélé être un père attentionné, à l'écoute de son enfant, une petite fille qu'il avait nommé Landril. Chaque jour, il trouvait un moment dans son emploi du temps surchargé par les impératifs politiques et le consacrait exclusivement à la vethael. Ce n'était parfois que quelques minutes, entre deux réunions, ou une heure le soir avant d'aller se coucher. Pour rattraper son absence, il s'assurait qu'elle ne manque de rien, tout en s'assurant qu'elle soit correctement surveillée et obéisse à chacune de ses paroles. Pour cela, il avait récupéré une esclave trop vieille pour poursuivre sa tâche initiale et l'avait recyclé en nourrice. Certains auraient pu penser qu'il aurait laissé sa femme s'en occuper, mais Valdan n'était pas marié. En vérité, il avait même rompu ses fiançailles en prétextant n'être dévoué qu'à Telara, ce qui lui permettait de laisser de l'espoir aux femmes des familles nobles désirant s'attirer une partie de son prestige. Voir des gens prêts à se traîner à ses pieds pour s'attirer ses faveurs lui procurait un bonheur indéfinissable.
Landril vécue donc les premières années de sa vie entourée de trois personnes : son père qu'elle ne voyait presque jamais mais qu'elle idolâtrait, une esclave ankylosée et à moitié sourde et Aerth, le seul autre enfant de la maisonnée.

*

Un matin d'automne, Landril s'était attablée devant son bureau de bois et entreprenait de son mieux de tracer les premières lettres de l'alphabet. Aerth, assis à ses côtés, la regardait poser avec soin son écriture tremblante sur un parchemin. La petite fille de trois ans termina sa ligne de lettres et observa le résultat en faisant la moue. Elle faisait son possible, mais n'était guère satisfaite. Elle posa sa plume et releva la tête vers son ami.
- Dis, tu ne voudrais pas me montrer ?
L'ath hésita puis baissa les yeux.
- Je ne peux pas., s'excusa-t-il.
- Pourquoi ?
- Je... ne sais pas écrire.
Landril fronça les sourcils, ses yeux gris argent évaluant le visage de son camarade. Aerth gardait le regard baissé, visiblement gêné. C'était étrange pour elle de le voir ainsi. L'ath avait huit ans de plus qu'elle et possédait une carrure impressionnante. Il était fort, mais plutôt maladroit, et toujours gentil avec elle. Alors, avec la spontanéité de son jeune âge, elle lui attrapa la main en souriant.
- Apprend avec moi !
L'esclave hésita de nouveau, puis esquissa un sourire lorsqu'elle lui tendit la plume. Il en trempa la pointe dans le petit pot d'encre puis la plaça au-dessus du parchemin. Sourcils froncés, il s'appliqua à recopier à son tour les petits symboles.
La porte de la chambre s'ouvrit et Landril se retourna pour voir qui venait la déranger dans son travail. Un grand sourire éclaira son visage lorsqu'elle reconnu son père et elle se précipita vers lui pour serrer ses petits bras autour de ses jambes. L'homme sourit tendrement et la prit dans ses bras avant de lui déposer un baiser sur le front.
- Bonjour, mon trésor. Tout va bien ?
Elle acquiesça vivement et il en profita pour parcourir rapidement la pièce des yeux. Son regard s'assombrit quand il aperçu Aerth, mais il l'ignora pour reporter de nouveau son attention sur sa fille.
- Je suis invité à une fête au palais, mon trésor. Est-ce que tu as envie de venir ?
Landril lui offrit un grand sourire et entoura ses bras autour du cou de l'homme pour lui faire un câlin. Lui lui caressa doucement les cheveux puis la reposa à terre.
- Nous y allons demain. Il va falloir que tu mettes une jolie robe, d'accord ?
Elle hocha la tête puis courut vers Aerth.
- Toi aussi tu viens ?
- Il ne peut pas., répondit Valdan avant que l'esclave n'ai pu prendre la parole.
Landril se retourna vers son père, son sourire disparu.
- Pourquoi ?
- Parce qu'il a du travail.
La petite fille se retourna vers son ami, qui acquiesça sans la regarder. Elle était déçue, mais elle retrouva rapidement le sourire.
- Tu viendras la prochaine fois alors ?
L'esclave releva les yeux pour jeter un regard au noble puis haussa légèrement les épaules.
- Une prochaine fois..., murmura-t-il, bien qu'il sache que cela ne se produirait sans doute jamais.
Le reste de la journée sembla long à la petite fille qui d'habitude ne s'ennuyait jamais. Après avoir mangé en compagnie d'Aerth et de Caela, sa vieille nourrice, celle-ci l'aida à préparer ses vêtements pour le lendemain. Elles passèrent l'après-midi à sortir de la penderie les diverses robes offertes par Valdan, sous le regard amusé d'Aerth, qui prit soin de ne pas se retrouver mêler aux essayages.
Ce n'est qu'au milieu de l'après-midi du lendemain que Valdan revint voir sa fille pour lui annoncer qu'il était temps qu'elle s'habille. Caela s'empressa de l'aider à revêtir la robe de satin choisit pour l'occasion et noua avec soin les nombreux rubans décorant la robe. Elle tressa ensuite la chevelure blonde de l'enfant et lui remonta sur la nuque avec une petite pince de bronze. Landril glissa ensuite ses pieds dans de petits souliers puis rejoignit son père dans le salon. L'homme la détailla un instant avant d'hocher la tête avec satisfaction, puis il souleva l'enfant dans ses bras et quitta la pièce. La salon s'ouvrait en haut du grand escalier de pierre et ils descendirent les marches jusqu'à l'imposant hall de l'entrée, au plafond haut soutenu par des colonnes de pierres finement sculptées. Des gardes poussèrent les lourds battants de la porte pour leur livrer passage et les deux nobles sortirent dans la cour pavée du domaine. Plusieurs soldats étaient déjà armés et enfilèrent leurs casques, près à les escorter jusqu'au palais de la Divine. Un peu plus loin, des palefreniers terminaient d'arnacher deux imposants chevaux à la robe lustrée à un carrosse de bronze clouté. Valdan se rapprocha du véhicule et attendit que les hommes aient fini. L'un d'eux vint ensuite lui ouvrir la porte et le noble déposa sa petite fille à l'intérieur avant de l'y rejoindre.
- Je voulais monter sur un cheval., protesta-t-elle.
- Tu es trop petite, mon trésor. Je ne voulais pas que tu tombes., lui expliqua son père. Et puis ainsi, tout le monde nous regardera arriver.
- Mais...
- Pas de mais !, l'interrompit-il. Tu attendras d'être plus grande, c'est tout !
Elle baissa les yeux et il se radoucit aussitôt.
- Dans quelques années, tu apprendras. Pour l'instant, il faut d'abord que tu saches lire, écrire et compter. C'est plus important. Les forts ont peut-être l'air de se faire mieux respecter, mais en réalité, c'est toujours le plus intelligent qui domine la situation. Est-ce que tu comprends cela ?
Landril acquiesça et son père fit signe au cocher qu'il était temps d'y aller.
- Mais oublions cela pour aujourd'hui., continua-t-il. Nous allons nous amuser, d'accord ?
La petite fille retrouva le sourire et la troupe se mit en route à travers Alabrena la Haute, vers le palais de la Divine.
Le palais était tout simplement... magnifique. Le visage collé contre la vitre du carrosse, Landril observait avec émerveillement les murs de marbre blanc veiné d'argent qui resplendissaient sous le soleil. Immense et majestueux, le palais s'élevait avec grâce, semblant porter les cieux. Ses hautes tours se dressaient fièrement, traversant les nuages qui s'effilochaient autour d'elles, les enveloppant d'un écrin cotonneux. Le carrosse s'avança sur une grande route aux pavés immaculés et franchit en cahotant les immenses portes de métal. La cour spacieuse était encore à elle seule une véritable œuvre d'art. Des fontaines de marbre blanc envoyaient dans les airs de haut jets d'eau et de grandes statues représentaient des êtres majestueux et splendides. Le véhicule s'arrêta et Landril laissa son père l'aider à descendre, fascinée par ce qui l'entourait. Les murs gravés représentaient des scènes de batailles et des décors fabuleux, ainsi que de nombreuses créatures dont elle ne soupçonnait même pas l'existence. Elle n'avait pu apprécier qu'une infime partie de la somptuosité de l'endroit que déjà son père l'entraînait vers l'entrée du palais. Docile, elle le suivit, accrochant du regard le plus de détails possible. Ils pénétrèrent à l'intérieur même du palais et de nouveau, la même impression de se retrouver face à la beauté absolue frappa la petite fille. Le hall immense s'étendait sur une trentaine de mètres, perdant ses fines colonnades ciselées d'or dans les hauteurs de ses voûtes. Des lustres d'or et de cristal étaient suspendus dans les airs, répandant dans la salle une vive lumière. Le sol n'était quant à lui qu'une vaste mosaïque de pierres précieuses étincelantes, et Landril hésita à marcher sur les anciens héros levant armes et boucliers pour livrer d'antiques batailles dont eux seuls conservaient le souvenir. Tirée par son père, elle gravit un escalier de marbre aussi large que sa chambre et parvint au bout de longues minutes devant une grande salle de réception. Avant même d'y pénétrer, la petite fille entendit la musique et les conversations qui s'en échappaient comme venues d'un autre monde. Elle s'avança avec curiosité, lâchant la main de son père pour aller jeter un regard dans la pièce. De chaque côté de la porte, des gardes en armures écarlates surveillaient les allées et venues, s'assurant que les nouveaux arrivants étaient bien ceux qu'ils prétendaient être. On ne plaisantait pas avec la sécurité de la Divine. Landril s'arrêta devant eux et fit une petite révérence comme le lui avait appris son père. Elle releva ensuite les yeux vers les gardes, qui parurent légèrement surpris puis s'inclinèrent à leur tour. Elle entendit distraitement son père échanger quelques mots avec eux, le regard déjà rivé sur l'intérieur de la pièce. Là, de nombreuses personnes étaient déjà présentes, discutant à voix basses en jetant des regards de connivence vers d'autres convives. Tous étaient vêtues de riches étoffes et portaient des parures de pierres et de métal précieux. Baissant les yeux vers sa propre robe qu'elle avait jusque là trouvé magnifique, la petite fille se rendit compte qu'elle faisait pâle figure avec ses seuls rubans. Son père se pencha vers elle avec un léger froncement de sourcils.
- Ne fais pas cette tête, mon trésor., lui souffla-t-il. Tu es une vethael, bien plus importante que la plupart d'entre eux. Les habits ne sont qu'une façon pour eux de se montrer et d'attirer l'attention. Mais toi tu n'en as pas besoin. Celle que tu es naturellement sera toujours plus sublime qu'eux. Et s'ils te regardent avec mépris, relève le menton et regarde les juste entre les deux yeux. Attends ainsi une ou deux secondes, et ensuite, sourit légèrement, comme si tu connaissais un secret qu'ils ne veulent pas voir découvrir, d'accord ?
Elle acquiesça et il se releva avant de se diriger vers un petit groupe de nobles, un charmant sourire sur les lèvres. Landril hésita un instant, n'ayant pas compris tous les propos de son père. Qu'était-ce que le mépris ? Quand elle releva les yeux, elle s'aperçut qu'il n'était plus là, et elle paniqua un instant avant de respirer profondément. Elle resta immobile à le chercher des yeux sans le voir mais retrouva rapidement son calme et son émerveillement. Tout autour d'elle était tellement nouveau et surprenant. La petite fille commença à parcourir la salle au plancher blond, se faufilant avec agilité entre les jambes des adultes. Elle n'avait plus du tout peur maintenant et avait déjà oublié ses inquiétudes vestimentaires. Elle s'approcha tout d'abord des musiciens et tourna autour d'eux avec admiration, observant leurs mains aller avec dextérité sur leurs instruments, pinçant et effleurant les cordes des harpes et des cithares, obstruant les alvéoles des flûtes et des hautbois, faisant danser les archers des violons et des contrebasses ou tambourinant sur les peaux tendues des tambours. Elle applaudit avec joie à la fin du morceau et les musiciens lui sourirent avec surprise et fierté. Puis Landril s'écarta d'eux pour s'avancer vers le buffet d'où lui parvenaient d'alléchantes odeurs. Trop petite, elle se hissa sur la pointe des pieds en s’agrippant au bord de la table pour tenter d'apercevoir les mets délicieux qui devaient la recouvrir. Mais là encore, elle était trop loin. Mais elle voulait tellement pouvoir attraper l'un des délicieux plats... Se concentrant au maximum pour s'étirer, la petite fille sentit à peine ses pieds quitter le sol. Elle commença à s'élever tout doucement et écarquilla les yeux en découvrant le dessus de la table, quand quelqu'un la bouscula, la faisant tomber au sol en lâchant un petit cri. L'homme qui l'avait percuté se tourna vers elle en fronçant les sourcils.
- Qu'est-ce qu'une gamine fait ici ?, demanda-t-il sèchement.
Landril frissonna. Cette voix n'avait rien d'aimable, et il ne s'excusait même pas de l'avoir fait tomber. Était-ce cela le mépris ? Elle ne le savait pas mais elle était sûre d'une chose : cet homme n'était pas gentil avec elle. Alors elle décida d'appliquer le conseil de son père et fixa son regard juste entre les yeux de l'homme. Celui-ci se figea et écarquilla les yeux. Juste après, Landril esquissa un petit sourire et il blêmit subitement, avant de mettre un genoux à terre et de lui tendre la main.
- Veuillez me pardonner, damoiselle. Veuillez pardonner à un misérable tel que moi sa conduite inadmissible envers un être sacré tel que vous.
La petite fille hésita et accepta la main pour se relever puis sourit plus gentiment.
- C'est pas grave, ça ne fait pas mal de toute façon.
Il resta immobile, figé de stupeur, et elle en profita pour partir en courant. Elle se faufila de nouveau entre les différents groupes et finit par retrouver son père. Elle s'accrocha alors à son pantalon et il interrompit sa conversation pour présenter sa fille aux autres nobles. Ceux-ci s'inclinèrent respectueusement et elle les imita et son père s'excusa avant de l'entraîné à l'écart.
- Où étais-tu ? Je voulais te présenter à la famille Ylnir.
Elle hésita avant de lever le visage vers son père.
- C'est quoi un être sacré ?
Valdan réfléchit un instant à une manière simple de l'expliquer à une enfant de trois ans.
- Un être sacré est une personne qui a été touché par la Grande Déesse Telara. Toi et moi sommes donc des êtres sacrés., commença-t-il. Mais tu es plus sacrée que moi, puisque tu es la fille de Telara alors que je ne partage aucun lien de sang avec Elle. Cela signifie aussi que personne n'a le droit de te faire du mal, car se serait blasphémer le nom de Telara.
- C'est quoi blasphémer ?, demanda la petite.
L'homme se passa une main dans les cheveux tout en levant les yeux au plafond.
- Blasphémer, c'est... heu... Ça veut dire que Telara serait très en colère.
Landril hocha la tête avec sérieux, enregistrant l'information.
- C'est pour cela que tu es quelqu'un de très important., continua Valdan. Alors il faut que tu fasses bien attention à prendre les bonnes décisions. Dans ton cas, il est inutile de passer des alliances. Surtout ne promet jamais rien à qui que se soit. Garde ta liberté. Comme ça si un jour il y a un problème, tu peux facilement changer de position et te ranger dans le camp qui était avant ton opposé.
Il se tut et examina la petite fille silencieuse qui l'écoutait attentivement. Il hésita puis lui tapota légèrement l'épaule.
- Tu es peut-être encore un peu jeune pour la politique., remarqua-t-il enfin.
Et sur ces paroles, il l'entraîna vers le buffet pour la laisser profiter des diverses sucreries préparées par les cuisiniers du palais.
La fête se prolongea tard dans la nuit et malgré toutes les merveilles de nouveautés qui l'entouraient, Landril s'était rapidement lassée des courbettes et des salutations à rallonge qui semblaient de vigueur entre nobles. Elle termina la soirée une main accrochée au pantalon de son père pour ne pas le perdre. Celui-ci finit par la prendre dans ses bras et s'excusa auprès des autres invités, prétextant qu'elle était fatiguée pour quitter le palais et rentrer à leur demeure. Valdan déposa sa fille dans sa chambre et fila tout aussi vite dans la sienne. Un peu laissée à l'abandon, Landril hésita un instant avant de se rendre compte qu'Aerth attendait discrètement dans le petit salon attenant. Dès qu'elle le vit, un grand sourire illumina son petit visage fatigué et elle ôta ses chaussures avant de courir vers lui. L'ath écarta les bras pour la réceptionner et lui demanda gentiment comment s'était déroulée sa soirée. Landril lui raconta tout en détail, avant de se mettre à bâiller.
- En fait, conclu-t-elle, c'était pas très amusant et assez fatigant. Les robes c'est jolie, mais c'est pas pratique.
- Je veux bien te croire !, répondit l'esclave avec amusement.
Il la porta jusqu'à son lit et l'y déposa avec d'infinies précautions. Il l'aida ensuite maladroitement à défaire les rubans pour qu'elle puisse retirer sa robe et s'écarta d'un pas gauche.
- Dors bien., lui murmura-t-il avant de quitter la suite.

*

La journée avait très mal commencé. Tout d'abord, Landril s'était réveillée en retard pour sa leçon d'équitation. Il faut dire qu'elle avait fait de nombreux cauchemars et ne s'était endormis que sur le matin, complètement exténuée. Et pour une raison ou une autre, Caela n'était pas venue la réveiller. La fillette de cinq ans avait donc quitté son lit et s'était habillée en vitesse. Elle était sortie de sa chambre pour pénétrer dans le petit salon attenant et avait trouvé la nourrice assoupie sur l'un des fauteuils. À présent à côté d'elle, elle tentait de la réveiller, sans succès. Ne sachant pas comment régler d'elle-même cette étrange situation, elle partit à la recherche de Aerth. L'enfant parcourut les couloirs de la demeure des Evanarel, s'aventurant dans les cuisines et les salles du sous-sol où étaient logés les esclaves. Elle finit par retrouver son ami au fond de la cour, en train de vider des épluchures sur un tas de compost.
- Aerth !, s'exclama-t-elle dès qu'elle arriva à portée de voix.
L'adolescent se retourna et fronça les sourcils en voyant son air inquiet.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
Landril prit le temps de retrouver son souffle et l'attrapa par la manche.
- C'est Caela... J'arrive pas à la réveiller...
L'ath resta un instant immobile en pinçant les lèvres.
- Je vais m'en occuper, d'accord ?, finit-il par proposer. Toi, tu devrais aller à tes leçons. Sire Valdan ne sera pas content sinon.
La petite fille hocha la tête mais resta encore un instant accrochée à lui, et il dû la repousser légèrement pour qu'elle accepte de partir.
Après sa séance d'équitation où, sans s'attirer de réels reproches de son instructeur, elle sentit bien qu'il n'était pas satisfait, Landril se précipita dans sa chambre pour voir Aerth et Caela. Quand elle pénétra dans la pièce, elle trouva bien le garçon, mais ne vit aucune trace de la vieille ath, ce qui l'inquiéta.
- Où est Caela ?, demanda-t-elle.
Aerth secoua légèrement la tête et s'agenouilla devant elle pour la serrer dans ses bras.
- Caela était très âgée, tu sais., commença-t-il avec peine. Je suis désolé mais... elle... est partit.
- Où ça ?
- Elle est morte., expliqua plus clairement l'ath.
- C'est quoi être morte ?
L'esclave hésita un instant, cherchant ses mots.
- Être mort c'est... ça veut dire qu'on ne la reverra plus. Elle est partit très loin, pour toujours.
- Pourquoi ?
- Tout le monde finit par mourir un jour.
- Toi aussi ?, s'inquiéta la petite fille.
- Heu... Oui... Moi aussi.
- Je ne veux pas que tu partes !, s'exclama-t-elle.
Elle s'accrocha de toute ses forces au vêtement de l'adolescent, des larmes perlant au coin de ses yeux, appuyant son visage contre son épaule.
- Ne me laisse pas toute seule !
Aerth la serra un peu pus fort contre lui et lui caressa doucement les cheveux.
- Chut... Ne t'inquiètes pas. Je suis là. Je reste avec toi. Ne pleures pas, d'accord ?
Landril hocha doucement la tête avant de relever ses yeux gris vers le visage du garçon.
- Ne... me laisse pas toute seule..., répéta-t-elle encore une fois d'une voix tremblante.
L'ath lui sourit gentiment puis la souleva dans ses bras et commença à la bercer, comme le faisait Caela quand elle était toute petite.

*

Landril attendit de ne plus entendre les pas des esclaves dans les couloirs et se leva de son lit. Elle passa dans le salon et secoua Aerth par l'épaule pour qu'il se réveille. L'adolescent se redressa en sursaut et bondit sur ses pieds en écarquillant les yeux dans le noir. Il finit par se rendre compte qu'il n'y avait personne d'autre que la petite fille en face de lui et il soupira.
- Qu'est-ce qu'il se passe ?
- J'ai envie d'aller faire un tour dehors. Tu veux venir avec moi ?, lui demanda-t-elle.
- Mais on est en pleine nuit ! Et sire Valdan ne veut pas que tu sortes...
- Je sais.
L'ath hésita un instant en contemplant la petite fille de six ans, encore revêtue de sa chemise de nuit, puis il acquiesça.
- D'accord, mais on ne s'éloigne pas trop.
- D'accord !
Elle repartit dans sa chambre en sautillant et enfila rapidement un pantalon, une veste et une paire de bottes. Parés, ils quittèrent la chambre et se faufilèrent dans le couloir. Ils marchèrent en longeant les murs, s'immobilisant au moindre bruit, au cas où quelqu'un approcherait. Cependant, personne ne s'attendait à les voir ici, donc personne ne les vit. Ils descendirent discrètement le grand escalier de pierre et se dirigèrent vers les cuisines. La pièce chaude était plongée dans une semi-obscurité, et un feu grignotait avec plaisir les bûches déposées dans la cheminée. Landril vérifia que personne ne se trouvait près de la porte et s'avança à quatre pattes pour aller se cacher sous l'une des grandes tables de bois. Elle sursauta quand Aerth se cogna la tête au panneau de bois et se retourna en plaçant un doigt sur ses lèvres pour lui faire signe de faire moins de bruit. Elle le vit lever les yeux au plafond puis retint un sourire lorsqu'il se figea en entendant deux aths passer en discutant à côté d'eux. Elle-même retint sa respiration en espérant qu'ils n'aient pas entendu son compagnon puis soupira doucement quand ils s'éloignèrent. Dès qu'ils eurent disparu dans le couloir, Landril se remit en route et sortit de sous la table. Elle traversa la cuisine sur la pointe des pieds, amusée de transgresser l'une des règles établies. Son cœur battait un peu plus vite que d'habitude sous l'effet d'une légère montée d'adrénaline et elle ne pouvait pas s'empêcher de sourire en pensant à ce qu'elle faisait. Jusqu'à présent, elle n'avait jamais osé désobéir à son père mais pour une fois... Et puis ce n'était pas grand chose, elle voulait juste aller observer les étoiles avec Aerth. Depuis sa chambre, ce n'était pas amusant, elle ne voyait qu'un tout petit bout du ciel. Un bruit métallique qui lui parut assourdissant se fit entendre dans son dos et elle se retourna vivement. Les yeux écarquillés, Aerth tentait de retenir une pile de casseroles en équilibre précaire et l'une d'elle venait de tomber pesamment sur le sol. L'écho résonnait encore dans la grande salle et il se dépêcha de repousser les autres ustensiles pour qu'ils demeurent en place. Il soupira de soulagement, quand des bruits de pas retentirent dans le couloir. Les deux fautifs échangèrent un regard puis partirent en courant vers la porte donnant sur l'extérieur. Ils eurent juste le temps de se glisser dehors avant d'être repéré et continuèrent à courir dans la cour jusqu'à une haie joliment taillée derrière laquelle ils s'effondrèrent, le cœur battant à tout rompre. Ils restèrent là quelques secondes, immobiles et silencieux, puis se tournèrent l'un vers l'autre et Landril ne put retenir un sourire. Aerth détourna le regard en grimaçant.
- Désolé., souffla-t-il. J'ai failli nous faire prendre...
La petite fille se mit à rire devant son air abattu et il hésita un instant avant de faire de même.
- C'était... excitant !, finit-elle par dire lorsqu'elle eut retrouvé son souffle.
Aerth secoua la tête d'un air navré.
- Ça ne m'a pas vraiment amusé... J'ai vraiment cru qu'on allait se faire attraper.
- Tu n'as qu'à pas être si maladroit !, le taquina la fillette.
- C'est facile pour toi mais moi, avec un corps comme ça..., soupira l'adolescent.
Il agita les bras et se prit la tête dans les mains. Landril arrêta de rire en voyant qu'il était si mal à l'aise et l'examina avec attention. Aerth avait quatorze ans maintenant et avait laissé pousser ses cheveux sombres, qui tombaient en désordre sur ses épaules et dans ses yeux. Il avait des épaules larges et solides, et surtout, point qui l'ennuyait le plus particulièrement, il mesurait déjà près d'un mètre quatre-vingt. Et continuant de grandir à une vitesse ahurissante, il n'avait pas le temps de s'habituer aux changements de son corps. Du coup, il appréhendait mal les distances, faisaient de plus grands pas que prévu et se cognait souvent aux meubles. Landril avait toujours trouvé cette partie de lui attendrissante, se sentant plus en confiance avec ce grand enfant un peu pataud, mais tellement rassurant. Elle se rapprocha de lui et le serra dans ses bras.
- Moi, je t'aime comme tu es.
L'ath ne répondit pas, restant juste quelques instants de plus recroquevillé sur lui-même avant de relever la tête.
- Que veux-tu faire maintenant ?
Landril le relâcha et releva la tête vers le ciel. Les arbres de la cours obscurcissaient le paysage de leurs longues branches et la petite fille fit la moue.
- On ne voit rien d'ici. Tu crois qu'on peut sortir ?
- Dans Alabrena ?
- Bah oui !
- Je ne pense pas que ce soit une bonne idée...
Elle releva vers lui des yeux implorants et il hésita.
- Les gardes ne vont pas nous laisser sortir..., tenta-t-il.
- On a qu'à ne pas leur demander ! S'il-te-plaît, Aerth !
- Ça pourrait être dangereux...
Landril réfléchit un instant avant de hausser les épaules.
- Je crois pas. Les monstres ne viennent presque pas ici, et la garde rouge patrouille pour s'en occuper.
L'adolescent grimaça.
- Certes, mais la garde rouge pourrait nous prendre pour ces monstres et nous attaquer. Et puis même s'ils se rendent compte que nous n'en sommes pas, ils nous ramèneront ici et sire Valdan sera furieux.
Ils restèrent un instant silencieux puis la petite fille se redressa.
- J'ai quand même envie d'essayer.
Elle se tourna vers la porte de l'entrée du domaine et se glissa vers l'arbre le plus proche, marchant dans les ombres pour ne pas se faire voir. Elle traversa ainsi facilement la cour aménagée, évitant autant que possible les chemins de gravillons qui crissaient sous les pas. Elle se tint bientôt près de l'allée principale, qu'elle longea jusqu'au mur d'enceinte. Le dos collé contre les pierres, Landril observa les hommes qui gardaient l'entrée. Ils avaient l'air de prendre leur boulot au sérieux et surveillaient attentivement la rue. Elle attendit qu'Aerth l'ai rejoint et pointa un doigt vers le haut.
- Il faut qu'on passe par-dessus., chuchota-t-elle.
Et sans attendre de réponse, elle prit une grande inspiration, comme si elle s'apprêtait à plonger en apnée. Tout doucement, ses pieds quittèrent le sol et elle commença à s'élever. Elle reprit alors sa respiration et tendit une main vers son ami en se concentrant avec force pour réduire sa masse jusqu'à ce qu'il devienne plus léger que l'air. L'adolescent paniqua un instant en se mettant à son tour à léviter, battant des bras dans le vide pour se maintenir en position debout. Landril leva les bras vers le ciel et ils s'élevèrent le long de la muraille. Elle les déposa sur les pierres le temps d'observer si la rue était bien dégagée, en profitant également pour se reposer un instant. Puis elle se concentra de nouveau pour les soulever et sauta vers la rue. Elle atterrit en douceur sur les pavés blancs et fit signe à Aerth de descendre à son tour. L'adolescent hésita un instant puis sauta en grimaçant. Il tomba bien plus vite que la petite fille et plaça ses bras sur sa tête avant de rouler sur le sol pour amortir sa chute. Landril courut vers lui avec un air inquiet, mais il se releva et lui fit signe qu'il n'avait rien. Le petite fille soupira de soulagement puis tomba à genoux, épuisée.
- On va dans les jardins ?, murmura-t-elle.
Avant qu'il n'ai pu répondre, le martèlement de bottes cloutés sur la pierre leur parvint du bout de la rue, et Aerth la souleva avant de s'enfuir de nouveau en courant. L'air de la nuit frais et enivrant de liberté caressait leurs visages alors qu'ils traversaient en toute hâte les larges avenues et zigzaguaient entre les vastes et luxueux domaines pour éviter les patrouilles de la garde rouge. Au bout d'une dizaine de minutes de course, il s'arrêta, le souffle court, et déposa la petite fille auprès d'un immense lac aux eaux translucides. Émerveillés, ils s'avancèrent ensembles sur un ponton de bois qui s'élevait en une courbe harmonieuse pour rejoindre l'une des passerelles des jardins suspendus. Dans le noir, les couleurs des plants aux nombreuses fleurs étaient amoindries en toutes sortes de dégradés de gris, et l'ouïe et l'odorat prenaient le relais dans la contemplation de ce petit paradis. Des odeurs voluptueuses variaient en un kaléidoscope de parfums connus ou exotiques, laissant l'imagination des deux visiteurs inventer pour eux des lieux fantastiques. Le silence était profond, mais loins d'être lourd, il était reposant, et quand ils eurent calmés leurs cœurs affolés, ils purent entendre les grillons et les chants nocturnes des insectes et de certains oiseaux. Les deux enfants s'enfoncèrent dans le paysage fantastique, doucement baigné par la lueur du croissant de lune. Ils finirent par s'asseoir sur l'un des bancs de marbre blanc et restèrent immobiles et silencieux, observant les étoiles. Une comète passa au-dessus d'eux, striant la nuit de sa queue enflammée.
- Oh !, s'exclama Landril. Tu as vu, Aerth ? Il faut faire un vœux ! J'aimerais... J'aimerais...
Elle réfléchit un instant.
- J'aimerais pouvoir visiter le monde. Et toi ?
- J'aimerais que l'on rentre avant que sire Valdan ne découvre notre absence., répondit très sérieusement l'adolescent.
- D'accord !, s'amusa Landril. Alors allons réaliser ton voeux, on s'occupera du mien une autre fois !
Ils restèrent encore quelques minutes immobiles puis se relevèrent et prirent le chemin du retour.
Ils avaient presque atteint l'entrée de la demeure de la famille Evanarel et Landril s'apprêtait à utiliser sa magie pour leur faire repasser le mur quand un raclement de gorge se fit entendre dans leur dos. La petite fille se retourna en sursaut et écarquilla les yeux en se retrouvant face à un homme, tout de noir vêtu, presque invisible dans l'obscurité. Avant qu'elle n'ai pu réagir, Aerth se plaça devant elle pour la protéger. L'homme, masqué, secoua la tête avec agacement.
- Vous étiez donc là. Sire Valdan nous a envoyé à votre recherche en croyant que vous aviez été enlevée, et vous êtes en train de vous promener tranquillement !
Landril hésita et se pencha pour observer l'homme, qui porta deux doigts à sa bouche avant d'émettre un court sifflement. Quelques secondes plus tard, trois autres personnes le rejoignirent, habillées elles aussi de manière semblable.
- Sire Valdan vous attend., termina l'homme avant de tourner les talons pour se diriger vers l'entrée.
Landril jeta un regard vers Aerth, qui baissa les yeux.
- Ce sont qui, eux ?, demanda-t-elle à voix basse.
- Des marcheurs spectraux., répondit son ami.
- Et est-ce qu'on peut... ?
- Ils travaillent pour ta famille et sont entièrement sous les ordres de sire Valdan. Donc on doit pouvoir leur faire confiance...
L'homme qui les avait intercepté et leur ouvrait à présent la route émit un ricanement amusé, mais ne dit rien. Ils approchèrent de la porte et les quatre marcheurs spectraux disparurent soudain dans l'obscurité. Peu après, les gardes de l'entrée repérèrent les deux enfants et se précipitèrent vers eux avant de les emmener à l'intérieur du domaine. Landril s'avança sur l'allée de gravillons en se mordant l'intérieur des joues, un peu nerveuse. Elle rentra la première dans le hall de la grande demeure familiale et n'eut pas fait trois pas de plus que son père l'avait déjà rejointe. Il avait le visage grave, une lueur furieuse au fond des prunelles.
- Dans ta chambre !, ordonna-t-il sèchement. Nous discuterons de ce qui vient de se passer demain. Toi..., rajouta-t-il en se tournant vers Aerth. Nous allons discuter dès maintenant.
Il fit signe à deux gardes d'attraper l'adolescent et ils se dirigèrent vers une petite porte s'ouvrant derrière le grand escalier. L'ath se laissa faire sans protester, gardant les yeux rivés sur le sol. Juste avant de franchir la porte, Valdan releva les yeux vers sa fille restée immobile au milieu du hall. Il pointa un doigt impératif vers les étages, et elle se dépêcha de filer.
Le lendemain, Landril écouta pendant plusieurs heures son père la disputer à propos de sa conduite irresponsable de la veille, qui aurait pu la mettre en danger.
- Les risques encourus pour... pour une idiotie pareille !, tempêta Valdan. C'est inconcevable ! Je pensais pouvoir te faire confiance, que tu étais une fille raisonnable, et au lieu de cela, tu sors seule en pleine nuit, au milieu des monstres et des assassins !
- Je n'étais pas toute seule., protesta doucement Landril lorsque son père marqua une pause dans sa tirade. Aerth était avec moi, et...
Valdan balaya l'argument d'un geste dédaigneux.
- Un esclave !
Il ne rajouta rien, comme si ce simple mot valait à lui seul une longue explication.
- Si tu voulais sortir, il fallait me le demander. Je t'aurais organisé une ballade dans l'après-midi, avec une escorte capable de te protéger.
Cette fois, la petite fille n'essaya pas de protester et resta silencieuse, attendant la fin du sermon. Quand enfin son père la libéra, elle retourna à pas lents dans sa suite. Elle jeta un coup d'œil dans son salon et dans sa chambre, mais Aerth ne s'y trouvait pas. Elle ressortit donc et passa sur la pointe des pieds devant le bureau de son père, puis descendit le grand escalier et se rua dans les cuisines. Aussitôt, l'odeur du pain chaud et de la viande en train de cuire vinrent chatouiller ses narines. L'endroit était bruyant, résonnant de bruits comme seules les cuisines pouvaient en produire : les claquements secs d'un tranchoir, les battements d'un fouet remuant une sauce, le grattement des casseroles sales qu'un marmiton tentait de laver, les petits sifflements de la graisse tombant dans les flammes... et surtout les cris du chef qui rappelait sans cesse à l'ordre ses cuisiniers. La petite fille parcourut la pièce du regard, et comme elle s'y attendait, elle retrouva Aerth assis près du foyer de la cheminée, les yeux perdus dans les flammes dansantes. Elle s'approcha de lui et s'agenouilla à ses côtés, mais il fuit son regard.
- Est-ce que ça va ?, s'inquiéta Landril.
Il ne répondit pas, restant immobile contre le mur.
- Aerth ! Remet du bois !, hurla le chef cuisinier depuis l'autre bout de la cuisine.
L'adolescent hésita mais comme l'homme, assez imposant, lui jetait un regard noir, très noir, il obéit. Il s'éloigna du mur pour attraper une grosse bûche, qu'il posa dans l'âtre avec précaution, prenant garde à ne pas se brûler. Ses gestes étaient raides et il grimaçait. Derrière lui, Landril s'était pétrifiée. Dans son dos, sa chemise de lin était marquée d'une dizaine de lignes sanglantes.
- Que... ? Qu'est-ce que... ?
L'ath se rassit en vitesse contre le mur pour cacher son dos et tenta de sourire.
- C'est rien...
Landril se remit debout et le tira par le poignet.
- Viens.
Il ne posa pas de question et se leva avant de la suivre.
- Tu sais, ce n'est vraiment pas grave..., tenta-t-il une nouvelle fois.
Elle lui lança un regard noir et il se tut. Ils remontèrent dans la chambre de Landril, qui se dirigea tout de suite vers sa salle d'eau. Elle fit asseoir son ami à califourchon sur une chaise et commença à fouiller dans une petite commode de bois sombre.
- Enlève ta chemise.
Il hésita en la voyant ouvrir un petit pot de terre et le renifler avec suspicion.
- C'est quoi ?, s'inquiéta-t-il.
- Des onguents., répondit la fillette. Caela s'en servait toujours quand je me faisais mal.
L'adolescent jeta un coup d'œil dans le placard, observant les pots pour la grande majorité non entamés.
- Et tu sais les utiliser ?
- C'est écrit dessus., le rassura Landril.
Il soupira puis accepta enfin d'ôter sa chemise. La petite fille continua de chercher dans le placard puis en sortit enfin ce qu'elle cherchait. Elle se retourna vers son ami et grimaça en voyant les plaies qui traversaient son dos.
- Comment ?
Il réfléchit un instant et elle émit un claquement de langue réprobateur.
- Cherche pas un mensonge, je ne te croirais pas.
- Alors je ne dirais rien.
- C'est ma faute ?
Il se retourna pour lui sourire.
- Non. C'est la mienne.
Elle ne parut pas convaincue et il tendit la main pour lui ébouriffer les cheveux.
- Tu veux bien... ?, demanda-t-il.
Landril acquiesça et trempa ses doigts dans l'onguent avant de commencer à étaler la pâte froide sur le dos de son ami. L'ath retint un grognement et elle essaya de passer le plus doucement possible pour ne pas lui faire trop mal. Quand elle eut fini, elle lui confectionna un bandage de fortune puis il remit sa tunique.
- Merci., souffla-t-il.
Elle voulu répondre qu'il ne lui devait rien, que c'était normal puisqu'ils étaient amis, mais déjà il avait quitté la pièce pour retourner aider aux cuisines.

*

Landril se réveilla une nouvelle fois au milieu de la nuit. Depuis sa première sortie deux ans plus tôt, elle ne pouvait plus s'empêcher de sortir prendre l'air, ne serait-ce que dans la cour de la demeure. Les premières fois, elle s'était tout de suite faite arrêter par les soldats qui montaient maintenant une garde plus attentive de peur d'être sermonné par sire Valdan, mais elle avait petit à petit élaboré des techniques pour leur échapper. Ainsi, grâce à sa magie qu'elle renforçait de jour en jour, elle sortait maintenant par la fenêtre de sa chambre et allait se promener sur le toit de la grande bâtisse. Là-haut, elle se sentait bien, portant une vue d'ensemble sur le quartier d'Alabrena la Haute où elle vivait. Elle pouvait observer toute à son aise les allées et venues des soldats de la garde rouge, les quelques nobles qui se rendaient en visite secrète chez un possible futur allié et même une fois le cheminement d'une chose qu'elle n'avait pas reconnu mais identifié en temps que 'monstre de la nuit'. Une nuit, elle avait également cru sentir la présence d'une autre personne sur le toit, percevoir un mouvement du coin de l'œil. Mais le temps qu'elle se retourne, il n'y avait rien. Avait-elle rêvée ? Elle n'en avait aucune idée. Quoi qu'il en soit, ce jour, Landril se réveilla une nouvelle fois et quitta son lit en flottant. Elle s'approcha d'Aerth qui dormait dans le salon et hésita un instant à le réveiller, puis tendit tout de même la main vers son épaule pour le secouer. Dans le noir, elle ne perçut pas tout de suite qu'un détail ne collait pas à l'ordinaire. Elle s'étonna juste que son ami soit plus loin qu'elle ne l'avait cru. Elle se rapprocha donc davantage, tendant de nouveau la main et... lui passa au travers. La fillette eut un mouvement de recul et s'immobilisa en écarquillant les yeux. Elle souffla doucement pour chasser cet instant de frayeur et tenta une nouvelle fois de secouer l'ath par l'épaule. De nouveau, elle lui passa à travers le corps. Elle l'appela, mais il ne l'entendit pas. Alors elle recommença plusieurs fois, de plus en plus fort, jusqu'à se mettre à hurler. Elle n'obtint toujours aucune réaction. Inquiète, elle se mordilla les lèvres en se mettant à tourner en rond. Est-ce qu'Aerth allait bien ? Est-ce qu'il était... ? Elle secoua la tête, refusant d'y penser. Rien qu'à cette idée, elle avait envie de pleurer. Elle se frotta le visage, essuyant les larmes qui commençaient à perler au coin de ses yeux. Alors qu'elle s'apprêtait une dernière fois à tenter de secouer son ami, le détail qu'elle avait jusque là ignoré lui sauta soudain aux yeux. Ses mains... Elle pouvait voir au travers. Landril déglutit. Ce n'était pas Aerth qui avait un problème, c'était elle. Étonnamment, elle était toujours inquiète mais se sentait également soulagée. À présent calmée, elle observa avec curiosité ses membres translucides. Est-ce qu'elle était devenue un fantôme ? Mais pourquoi ? Puis un sourire vint éclairer son petit visage. Si elle était un fantôme, elle pouvait certainement faire des tours de fantômes, comme dans les histoires. Elle se retourna vers le mur de sa chambre et tendit lentement le bras. Ses doigts passèrent à travers les pierres, puis son bras, dans une étrange sensation de froid. Elle prit une grande inspiration, puis plongea le reste de son corps dans la matière. Elle émergea de l'autre côté du mur et expira l'air qu'elle avait gardé dans ses poumons. C'était... vraiment étrange. Elle repassa de l'autre côté puis sortit dans le couloir. Elle hésita un instant puis s'amusa à hanter les couloirs de sa demeure, poussant de temps en temps quelques plaintes pour faire plus réaliste. Elle surgit soudainement d'un mur, juste devant deux gardes qui jouaient aux dés.
- BOUH !, cria-t-elle.
L'un des soldats jeta les dés et les observa rouler avant de sourire quand ils s'immobilisèrent.
- Un deux et un cinq ! C'est moi qui gagne !
Le second homme lui tendit trois piécettes en grognant puis récupéra les dés pour jouer à son tour.
- Bouh ?, répéta Landril, décontenancée d'être ainsi ignorée.
Les deux hommes poursuivirent leur partie sans lui jeter un regard. Fronçant les sourcils, la petite fille se mit à gesticuler dans le couloir en criant, mais ils ne relevèrent toujours pas la tête vers elle. Elle finit par s'arrêter et s'accroupit à côté d'eux en observant la partie. Elle tenta d'attraper les dés, mais passa au travers. Agacée, elle se releva et repartit en volant hanter une autre partie de la demeure. Landril sortit dans les jardins, où elle resta un moment, avant de se lasser et de retourner à l'intérieur. Elle passa aux cuisines et sentit son ventre gargouiller furieusement. Les fantômes pouvaient-ils avoir faim ? Parce que c'était bien son cas, et qu'elle ne pouvait même pas manger ! Fatiguée, elle remonta dans sa chambre en traversant le plafond. De nouveau dans son salon, elle s'aperçut qu'elle avait même du mal à rester au niveau du sol et flottait toujours un peu au-dessus ou au-dessous. Et elle ne parvenait pas à utiliser sa magie ! Elle se roula donc en boule et se laissa flotter dans les airs. Être un fantôme finalement ce n'était pas vraiment amusant. Personne ne la voyait, personne ne l'entendait, elle était vraiment toute seule à présent. Elle essaya même de s'endormir sans y parvenir. À bout de nerf, elle se mit à sangloter.
Ce n'est que plusieurs heures plus tard, alors que la matinée venait de s'entamer, que Landril reprit espoir. Aerth venait de se réveiller et étirait son corps immense en bâillant. Elle vola vers lui et l'appela, secoua les bras et essaya de se faire sentir en lui passant au travers. L'adolescent frissonna et un sourire reparut sur le visage de l'enfant. L'ath allait forcément la remarquer ! Mais elle le vit alors juste se baisser et passer un pull par-dessus sa chemise. Le sourire de Landril s'effaça. Était-elle donc condamnée à hanter sa demeure jusqu'à la fin des temps ? À compter que les temps aient une fin... Elle vit Aerth se lever et se diriger vers sa chambre. La petite fille le suivit, se faufilant à sa suite dans l'embrasure de la porte. Elle observa son ami l'appeler puis, n'obtenant pas de réponse, se rapprocher du lit. Elle l'imita et aperçut le corps roulé en boule entre les draps, les bras remontés devant le visage en enserrant son oreiller. Une fillette de huit ans, les cheveux blond-roux en bataille, en train de dormir avec une respiration étonnamment lente. Aerth la secoua par l'épaule, sans que la fillette ne réagisse. Il l'appela, tenta encore et encore de la réveiller, comme elle quelques heures plus tôt. C'était... son corps ? Landril se rapprocha et s'observa non sans surprise. C'était la première fois qu'elle se voyait de l'extérieur, et c'était assez surprenant. Très différent des miroirs. Pour autant... Elle respirait, donc elle ne devait pas être morte. Donc elle n'était pas un fantôme. Donc elle était...
Une âme.
Le mot lui était venu tout naturellement et elle hocha la tête pour elle-même. Oui, elle était juste une âme, détachée de son corps. Dans ce cas... Pouvait-elle y retourner ? À tous hasard, elle se glissa au-dessus de son corps et s'allongea dans son lit, tentant de se mettre bien à l'intérieur. Elle ferma fort les yeux en se concentrant et... rouvrit les yeux. Aussitôt, elle sentit les draps sur sa peau, le rayon de soleil qui caressait son visage, la main d'Aerth qui lui secouait l'épaule avec inquiétude. Elle se tourna aussitôt et entoura avec soulagement ses bras autour du cou de l'adolescent.
- Ça... ça va ?, l'interrogea-t-il
Landril resta immobile mais commença à lui raconter ce qui venait de lui arriver. L'adolescent finit par s'asseoir sur le bord de son lit et l'assit sur ses genoux, l'écoutant en hochant régulièrement la tête.
- Projection astrale., finit-il par murmurer quand elle eut fini.
- Projection astrale ?, répéta-t-elle en écartant enfin son visage du pull de l'ath.
- Oui., acquiesça-t-il. J'en ai entendu parler. Il s'agit d'une faveur de la rose des vent. Elle permet aux gens qui la détienne de quitter leur corps. C'est sans doute ce qui t'es arrivé.
- Une faveur de la rose des vent...
- Tous ceux qui naissent à Shi-Telara bénéficient d'une de ces faveurs., expliqua l'adolescent. Moi, c'est la télékinésie.
Landril acquiesça avec une mine songeuse, puis sourit.
- En fait, c'était plutôt amusant au début.

*


Dernière édition par Landril le Mer 9 Avr - 17:49, édité 2 fois
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JOURNAL DE VOYAGE

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MessageSujet: Suite de l'histoire   Mar 5 Nov - 11:47

HISTOIRE (SUITE)
  

Ce serait exagérer de dire que Landril se levait chaque nuit, mais elle se réveillait toujours, même si pour l'instant elle dormait. Elle ne rêvait pas particulièrement, au contraire, son sommeil était toujours léger. Cela avait été l'un des grands malheurs de Caela quand elle était petite, car la fillette entendait ce qui se passait autour d'elle même quand elle était assoupie, et cela avait tendance à la réveiller. Il suffisait à l'époque d'un volet qui claque, d'une planche du parquet qui grince ou d'un oiseau chantant trop tôt pour qu'elle se mette à pleurer, tirant la vieille ath d'un repos bien mérité. Cette nuit, ce fut le parquet.
Landril ouvrit des yeux ensommeillés et resta un instant immobile, les idées vagues, avant de se rendre compte qu'elle ne dormait plus. Elle s'apprêtait à refermer les yeux et à se rendormir quand elle cru voir quelque chose dans le noir. Elle sentit son cœur faire un bon entre ses côtes et se retint de tourner la tête. Cependant, elle ne put s'empêcher de frissonner.
Ce n'est pas un monstre de la nuit. Ce n'est pas un monstre de la nuit. Ce n'est pas un monstre de la nuit., se répéta-t-elle pour se calmer.
Elle commença enfin à s'apaiser quand elle aperçu de nouveau un mouvement dans le noir. Elle se redressa en hurlant, réduisant son poids de façon si infime qu'elle fut projetée contre le plafond. Alors même qu'elle se cognait brutalement contre la pierre, elle vit distinctement un bras enfoncer une dague dans son oreiller. Son assaillant releva la tête vers elle tout en jetant l'oreiller éventré sur le parquet. Il pointa sa dague vers elle et rejeta son bras vers l'arrière pour la lui lancer quand une autre silhouette lui bondit sur le dos. Les deux hommes roulèrent sur le lit en se battant et s'empêtrèrent dans les rideaux du baldaquin avant de tomber sur le sol et de se relever aussitôt pour se faire face. Landril écarquilla les yeux de peur quand elle reconnu que l'un des deux combattants était Aerth. L'adolescent donna un grand coup de poing dans le ventre de l'homme, le manqua, mais l'autre en profita pour lui donner un coup de dague dans le bras droit. Landril cria et l'ath grogna avant de mordre la main tenant l'arme. De son bras gauche, il continua de frapper son adversaire, qui finit par lâcher sa dague pour mieux se défendre. L'homme recula d'un pas avant de lui envoyer un grand coup de pied dans le sternum. Mais à son grand étonnement, Aerth ne recula pas sous le choc. L'ath arracha la dague de son bras et se jeta de nouveau sur son adversaire pour le poignarder. Il le frappa une première fois à l'épaule, puis retira l'arme et recommença. Ses mains se couvrirent de sang et il raffermit sa prise sur le manche avant de frapper une dernière fois. L'homme s'écroula et l'adolescent resta immobile quelques instants avant de laisser tomber l'arme et de relever vivement la tête vers la petite fille restée au plafond.
- Est-ce que ça va ?!, demanda-t-il, complètement paniqué.
Il tendit les bras et Landril se concentra pour se ramener à son poids initial. Elle lui tomba dans les bras et se serra contre le garçon, ignorant le sang qui maculait ses vêtements. Aerth grimaça en la réceptionnant et s'empressa de la caler sur son bras gauche puis de sortir de la chambre en courant. Il traversa le couloir en toute hâte, apostrophant les deux gardes étonnés qui passaient par là. Ceux-ci dégainèrent leurs épées en voyant le sang et l'ath eut un mouvement du menton vers la suite de la vethael.
- Un intrus !, s'écria-t-il.
Les deux soldats partirent aussitôt en courant et l'adolescent poursuivit sa route vers la chambre de sire Valdan. Il pila devant la porte, hésita une fraction de secondes en gardant les yeux fixés dans le vide puis repartit et se dirigea vers une seconde porte, celle du bureau du noble. Il entra sans frapper, projetant la porte qui claqua avec force contre le mur. Le shyn se leva d'un bond et écarquilla les yeux en voyant les deux arrivés, couverts de sang, l'ath cherchant tant bien que mal à retrouver sa respiration et la petite fille tremblant de tout son corps. Il se précipita vers sa fille et la prit dans ses bras, l'observant attentivement pour déterminer où elle était blessée.
- Je vais bien..., murmura-t-elle. C'est Aerth...
- Pas grave., marmonna l'ath tout en remontant en grimaçant la manche de sa chemise.
Valdan se dirigea vers l'un des murs de la pièce et tira sur le support d'une torche, le faisant basculer sur le côté. Landril entendit un grincement et un étrange cliquetis, puis un pan de mur glissa sur le côté, révélant une étroite ouverture dans la pierre. Le noble s'y glissa et l'ath le suivit refermant le passage d'après les explications de Valdan. Ils se retrouvèrent plongé dans le noir mais le shyn fit apparaître devant eux une petite flamme bleutée, qui illumina le couloir d'une lueur froide. Ils se mirent ensuite en route et descendirent de longs escaliers, si bien qu'ils finirent par se retrouver dans un passage souterrain. Ils marchèrent pendant de longues minutes sur le sol inégal, sans un mot, dans un air immobile et renfermé. Enfin, un point de pâle lumière s'ouvrit devant eux, et Landril releva les yeux vers la grille derrière laquelle se profilait la lune. Aerth dégagea la grille et commença à se hisser en gémissant à cause de son bras blessé. Landril s'empressa de lui venir en aide, concentrant sa magie pour l'alléger. Elle fit ensuite de même pour elle-même et son père, puis rendit à chacun son poids initial avant de s'écrouler sur les pavés, au pied du mur d'enceinte de la demeure. Sa vision s'obscurcit et elle ne perçut bientôt plus qu'un point de lumière, qui s'effaça à son tour.

*

Le temple était une bâtisse gigantesque, se dressant de toute sa hauteur vers les cieux, dans une splendeur à couper le souffle. Une large allée conduisait jusqu'à l'entrée, traversant des jardins magnifiques où voletaient librement des centaines d'oiseaux. Landril s'avança avec hésitation, contournant un paon pas le moins du monde effarouché. Elle se retourna une dernière fois vers l'entrée qu'elle venait de franchir, un peu anxieuse. Son père était déjà repartit à ses affaires, la laissant seule face à l'imposant monument religieux. La fillette prit une grande inspiration pour se donner du courage et s'avança sur l'allée. Le décor était magnifique, les plantes luxuriantes et les oiseaux offrant un mélange de couleur fantastique, baigné par les pépiements et autres roucoulements. Cependant, Landril n'était pas vraiment touchée par tant de beauté. La manière brutale dont sa vie avait basculé la nuit précédente la laissait mal à l'aise. Et surtout, elle n'avait même pas pu dire au revoir à Aerth.
Un vigilant vint chercher Landril dans la cour et se présenta sous le nom d'Olin Valdemberg. Petit et le cheveux déjà rare, il affichait un regard doux et un sourire rassurant. Il lui proposa de lui faire visiter en partie les lieux et elle accepta avec soulagement. Ils traversèrent donc de longs couloirs aux hautes fenêtres, passèrent dans diverses cours bordées de colonnades, s'arrêtèrent un instant devant une bibliothèque immense occupent à elle seule toute un étage de l'aile Nord du temple, rejoignirent le réfectoire puis montèrent d'interminables escaliers en colimaçon. Arrivée en haut, la fillette avait les jambes en compote et le souffle court, mais déjà l'adulte pénétrait dans la salle s'ouvrant sur le palier. Landril se dépêcha de le suivre, de peur de se perdre dans l'immensité du temple. Cependant, à l'intérieur se trouvaient de nombreux lits comme elle n'en avait jamais vu : avec deux étages !
- Voici les dortoirs., l'informa le vigilant. D'autres novices sont également accueillis ici par le temple.
Il désigna l'un des lits et un coffre de bois posé à côté.
- Tu peux t'installer ici si tu veux. Cette couchette est libre. Et tu pourras ranger tes affaires dans cette malle. Normalement, des tuniques devraient déjà s'y trouver. Tu prendras celle qui te va et descendra les autres à la buanderie quand tu en auras l'occasion.
Landril acquiesça et Olin sourit gentiment.
- Si tu as besoin de quelque chose, que tu as des questions ou juste pour discuter, n'hésites pas à venir me voir, d'accord ?
La fillette hocha de nouveau la tête.
- Une dernière chose à présent., reprit l'homme.
Il fit quelques pas dans la pièce pour aller chercher trois objets, qu'il tendit vers l'enfant.
- Lequel préfères-tu ?
Landril examina le livre, la dague et une coupe puis releva les yeux vers le vigilant.
- Je crois... que ça dépend... pourquoi faire ?
Olin sourit.
- Pour ta formation.
La fillette hésita observant de nouveau les objets. Un vieux livres à la couverture de cuir parcheminée, une dague de bonne qualité ou une jolie coupe finement gravée ?
- Je ne savais pas que je pourrais avoir besoin d'une arme..., soupira-t-elle. Je pensais qu'il n'y aurais pas de danger ici.
Le vigilent secoua la tête.
- Bon, nous n'allons pas y passer la journée non plus ! Si tu avais choisi le livre, je t'aurais dirigé vers les archivistes, la dague vers l'inquisition et la coupe vers la prêtrise. Mais tu me sembles un peu perdu, alors laisse-moi t'expliquer. Les archivistes sont des passionnés de l'histoire, et ils tentent de comprendre le passé de Shi-Telara et du monde. L'inquisition, elle, se charge de maintenir l'ordre religieux en faisant respecter la volonté de Telara, par la force s'il le faut. Quant aux prêtres, ils s'occupent du cœur du système et accompagnent la Divine. Alors je me répète : que préfères-tu ?
Cette fois, Landril saisit sans hésiter le livre.
La première nuit dans ce morceau de paradis fut pour la fillette un enfer. Le dortoir était une endroit bruyant : entre les chuchotements de ceux qui veillaient, les mouvements des insomniaques et les ronflements de certains dormeurs, elle n'arrêtait pas de sursauter. Et encore, c'était sans compter les grincements des lits superposés, les sifflements du vent dans le couloir et les hurlements de quelques hiboux et autres oiseaux nocturnes. Et puis il n'y avait pas la présence rassurante d'Aerth dans la pièce voisine... Elle finit quand même par se mettre à somnoler juste avant l'aube, ses pensées traversées d'étranges rêves plus fatigants que reposants.
- Bonjour !
Landril sursauta et s'empêtra dans sa couverture de laquelle elle s'extirpa en bataillant. Elle releva des yeux encore alarmés devant elle et se figea en apercevant une tête. Elle mit quelques instants à comprendre qu'il s'agissait d'un garçon d'à peu près son âge, aux cheveux et aux yeux bruns, qui se penchait simplement par-dessus la balustrade du lit supérieur pour la regarder. Rassurée, elle soupira puis voulu lui répondre quand un gros anneau de métal jaune tomba sur le sol dans un bruit lourd.
- Ah ! Zut !
Le garçon sauta en bas de son lit et atterrit accroupit près de Landril. Il ramassa l'anneau et le maintint au-dessus de sa tête d'une main, tentant d'enrouler autour un fil de fer relié à un autre anneau, de fer cette fois, qui ceignait son front. Il tirait la langue en levant les yeux le plus possible pour essayer de voir au-dessus de sa tête. N'y parvenant pas, il jura puis s'assit sur le lit de la fillette, coinçant l'anneau jaune entre ses jambes pour pouvoir utiliser ses deux mains. Landril se leva et ouvrit sa malle pour en sortir une tunique. Elle l'enfila sur sa chemise de nuit puis se contorsionna pour retirer cette dernière avant d'enfiler ses sous-vêtements. Quand elle releva la tête, elle vit que le garçon avait momentanément cesser de triturer son anneau pour l'observer. Il lui fit un grand sourire puis se remit à sa tache. Elle hésita un instant, ne sachant pas trop comment réagir, puis s'approcha de lui. Au même moment, il releva triomphalement son étrange montage et se tourna vers elle.
- Comment tu t'appelles ?
- … Landril..., répondit-elle avec un temps de retard.
- Moi, c'est Maâr !, s'exclama-t-il avant de remettre l'anneau de fer sur sa tête.
L'autre anneau se balança dangereusement au bout de la tige de fil de fer et Landril le montra du doigt.
- C'est quoi ça ?
- Hum ? Ça ? Bah, mon auréole !
Elle dû afficher un air ébahit car il soupira avant de s'expliquer.
- Je suis un fils de Telara, et mon auréole marque mon origine divine. Seulement, ça ne fait pas longtemps que je l'ai et elle a du mal à tenir. Alors je l'accroche pour pas la perdre.
Landril hocha lentement la tête, ne sachant si elle devait le croire ou pas. Maâr avait en tout cas l'air très sûr de lui.
- Et toi, tu es une vethael aussi, non ?
Elle parut surprise, puis acquiesça.
- Ça se voit à tes yeux. Ils sont trop bizarres ! J'ai l'impression de me voir dedans !
La petite fille détourna le regard avec un air gêné et il se mit à rire.
- T'en fais pas, ils sont super jolis !
Landril releva la tête pour lui jeter un coup d'œil suspicieux et il lui offrit un grand sourire avant de bondir sur ses pieds.
- Tu veux que je te fasse visiter le temple ?
- Je l'ai déjà fait..., commença-t-elle.
- Avec le père Olin ?, la coupa-t-il. Il est sympa, mais je suis sûr qu'il ne t'a montré que les endroits pas marrants. Les salles d'études, les bibliothèques, la volière... Encore que la volière, je l'aime bien.
- La volière ?, répéta Landril.
- Il ne te l'a pas montré ?! Alors t'as vraiment rien vu de sympa ! Suis-moi !
Il lui saisit le poignet et l'entraîna dans le couloir, son étrange auréole se balançant en tous sens en menaçant de s'échapper. Ils descendirent les escaliers en colimaçon et il souffla pour chasser ses cheveux trop long qui lui tombaient dans les yeux.
- Le seul truc embêtant avec la volière, c'est qu'elle est dans une autre tour, et qu'elle est reliée à toutes les autres sauf celle de notre dortoir. Du coup, il faut tout qu'on descende et tout qu'on remonte.
Il sauta les quatre dernières marches et attendit qu'elle le rejoigne. Puis ils serpentèrent dans de longs couloirs et Maâr contourna sans s'arrêter un paon qui passait. Landril s'immobilisa mais le garçon lui fit signe de la rejoindre.
- T'inquiètes pas, c'est Ylvar. Il se promène, c'est tout.
Elle acquiesça sans poser de question et ils continuèrent leur marche, avant de croiser un second volatile.
- Ils ont vraiment le droit d'être là ?, demanda-t-elle.
- Qui lui ? Bien sûr, ils font ce qu'ils veulent. Et puis lui, c'est Ylvar.
- Mais... Ce n'était pas l'autre ? Comment aurait-il pu revenir ici ?
Maâr s'arrêta pour observer la paon, puis haussa les épaules.
- Ce n'est peut-être pas le même.
- Mais... Tu as dit qu'il s'appelle Ylvar. Et l'autre aussi.
- Bah ouais.
Landril ouvrit de nouveau la bouche, mais se ravisa. Pendant près d'un quart d'heure ils poursuivirent leur traversée du temple puis se remirent à monter.
- Bon, d'accord, notre tour est la plus éloignée de celle de la volière, mais là, on met encore plus longtemps que si on avait notre propre passerelle !, continuait Maâr.
Ils atteignirent enfin la salle du sommet et Landril s'arrêta, les mains posées sur les genoux pour reprendre son souffle. Elle lui fit signe qu'elle avait besoin d'une pause et Maâr sourit.
- Pas de problème ! Ça me faisait ça aussi au début. Après on s'habitue. Gravir des escaliers, c'est bon pour la santé !
Elle se demanda d'où il tenait une telle chose, mais préféra ne pas poser la question. Le garçon semblait déjà bien suffisamment bavard pour qu'elle ne lui offre pas encore matière à discuter. Son souffle en partie récupéré, elle releva les yeux et Maâr lui montra une trappe s'ouvrant dans le plafond. Il tira sur une corde qui en pendait pour l'ouvrir et une échelle de bois coulissa jusqu'au sol. Puis le garçon s'inclina avec un exubérance devant Landril.
- Après vous, damoiselle !, plaisanta-t-il.
Curieuse, la fillette grimpa donc au dernier étage de la tour. Elle fut accueillie par le roucoulement d'une bonne cinquantaine de pigeons, confortablement logés dans de petites cases de bois. Prenant pied sur le plancher, elle s'écarta pour laisser monter Maâr et en profita pour examiner l'endroit. Elle n'avait pas imaginé la volière si... petite. Certes, la pièce était vaste, mais elle ne voyait ici que des pigeons et de petits oiseaux tout à fait commun. Elle jeta un regard un peu déçu à Maâr, qui ne pu s'empêcher de rire.
- Qu'est-ce que tu croyais ? Que nous allions rentrer dans un palais ? Non, reprit-il avec plus de sérieux, ici, c'est le pigeonnier. Enfin, ça s'appelle comme ça, mais il y a aussi des colombes, des moineaux, des rouges-gorges et plein d'autres, je t'épargne la liste. Ce sont tous de petits oiseaux herbivores, insectivores ou nectarivores.
- Je croyais qu'il y avait des paons ?, interrogea Landril.
- Tu les vois vraiment monter jusqu'ici ? Les paons, les autruches et tous les oiseaux qui volent peu ou pas sont dans la cour. Et il y a une autre tour pour les oiseaux de proies. Au départ, il ne devait y avoir qu'une seule volière, mais finalement, les vigilants ont eu peur que les rapaces ne mangent les autres... Enfin bon, chacun est libre de voler librement, mais ils ont un chez eux différents, c'est tout. J'ai préféré d'abord t'amener ici parce que certaines personnes paniquent face aux vautours et aux autres charognards... Mais, ils ne sont pas méchants tu sais ! De toute façon, ils ne mangent que ce qui est déjà mort.
La fillette acquiesça avec hésitation, mais le garçon avait déjà entamé la descente de l'échelle et elle le suivit. Une fois en bas, il fit signe à Landril de s'écarter et tira une nouvelle fois sur la corde. L'échelle se replia sèchement dans un bruit de ressort qui se détend et la trappe claqua en se refermant.
- Allons voir les autres volières maintenant !, s'exclama ensuite Maâr en repartant en trottant dans les marches, son auréole penchant dangereusement sur le côté.
Il la réajusta d'une main et disparut dans le virage de l'escalier en colimaçon. Landril leva les yeux au ciel puis se dépêcha de le suivre. Alors qu'elle descendait les marches deux à deux, elle trébucha et manqua perdre l'équilibre, mais se rattrapa de justesse au bras d'un jeune homme en pleine ascension, qu'elle faillit faire dégringoler.
- Eh ! Ça va pas ?! Fais attention !
- Pa... pardon !
- Non, mais tu te prends pour qui ?, continua le jeune homme avec colère. Ce n'est pas parce que tu viens juste d'arriver que tu dois jouer à la princesse ! Moi aussi je suis un vethael, comme une bonne partie de ceux qui se trouvent ici, et je suis ton aîné alors tu me dois le respect !
- Je... Je suis désolée !, s'excusa la fillette avec empressement.
- Ouais, c'est ça ! Tu sais ce que j'en fais de tes excuses ? Non mais n'importe quoi ! Tu te crois vraiment tout permis, hein ?
- Mais...
- Et tu protestes en plus ?! J'y crois pas ! C'est moi la victime là ! Alors tu te calmes un peu, d'accord ?!
Landril se tut, ne sachant plus quoi dire, et Maâr remonta les escaliers.
- Qu'est-ce que tu... ? Ah, c'est Jyn...
Le jeune homme se tourna vers lui et le foudroya du regard.
- T'es encore là, toi ? Je pensais qu'on t'aurais déjà renvoyé chez toi. Enfin, arrêtes de corrompre cette gosse, tu m'entends ? Pas étonnant qu'elle fasse n'importe quoi après. Avec un type comme toi... Tu as toujours cette chose sur la tête ? C'est vraiment ridicule !
Maâr fronça les sourcils et attrapa la main de Landril pour la tirer vers le bas. La petite fille se laissa faire et se remit à descendre les escaliers, entendant encore Jyn vociférer dans son dos.
- Tu crois vraiment que tu peux faire passer ça pour une auréole divine ?! C'est qu'un bout de métal, rien de plus ! Enfin c'est ça, dégagez !
Les cris s'éloignèrent de plus en plus jusqu'à s'estomper et Landril soupira. Maâr esquissa un sourire un peu gêné.
- Faut pas lui en vouloir, tu sais. Il a quelques... problèmes en ce moment. Apparemment, les prêtres ont refusé qu'il rentre dans leur rang parce qu'il était trop violent. Et le maître inquisiteur à également refusé sa candidature parce qu'il ne l'était pas assez...
La petite fille acquiesça sans faire de commentaire, pas très sûre de tout comprendre. Le garçon détourna le regard, semblant hésiter.
- Et puis... Je sais que je suis un peu bizarre, on me le dit tout le temps, alors... si tu n'as pas envie... de rester avec moi... Je comprendrais.
Il tourna les talons et se remit en marche à grands pas. Landril hésita un instant, puis le rattrapa en courant.

*


- Landril !
Maâr se précipita en courant à travers la bibliothèque, s'attirant quelques regards agacés des vigilants s'y trouvant. La jeune fille releva les yeux de son livre et sourit à son ami. Depuis neuf ans qu'elle était arrivée au temple, elle était devenue une habituée des bibliothèques, connue de chacun des conservateurs. Appréciée pour sa discrétion et sa soif de connaissances, elle s'était vite fait appréciée et s'était plus d'une fois lancée dans de longues conversations avant de se rendre compte en quittant la salle qu'elle ne savait même pas le nom de son interlocuteur. Intelligente et dotée d'une vive mémoire, on lui prédisait un grand avenir d'archiviste. Elle était surtout douce et posée, et à cause de cela, personne n'avait jamais compris pourquoi elle supportait Maâr. Depuis qu'elle le côtoyait, il n'avait pas changé. Il avait grandi, certes, mais il s'agitait toujours autant, était toujours aussi bavard et enchaînait bêtises sur bêtises, s'attirant de nombreux reproches. Elle s'était peu à peu habituée à son énergie débordante, trouvant dans sa compagnie un bon moyen de faire des découvertes. Contrairement à Aerth, Maâr était toujours partant pour une sortie, et d'autant plus si elle n'était pas autorisée. En repensant à l'ath, Landril sentit son cœur se serrer. Elle n'avait pas eu l'occasion de le revoir depuis son entrée au temple, n'étant pas autorisée à rentrer chez elle et n'ayant pas osée le faire de peur d'être surprise par son père. Elle s'était plusieurs fois approcher des murailles de sa demeure, surtout de nuit, mais avait toujours fuit dès que les soldats menaçaient de l'apercevoir. Maâr se laissa tomber sur le banc qu'elle occupait, la tirant de sa nostalgie. Il se releva cependant aussitôt, trépignant sur place.
- Tu as entendu ça ! Tu as entendu ça ! Il paraît que le père Olin a déjà discuté de nous avec le maître archiviste et le maître inquisiteur ! Je veux dire : ils nous connaissent déjà quoi ! Ils vont déjà imaginer comment on est, et tout !
Landril haussa un sourcil, cherchant à déterminer si son ami était énervé ou encore plus excité que d'habitude. Plus loin, un archiviste leur demanda de baisser d'un ton, voir de plusieurs, leur conversation, et elle referma son livre avant de se lever. Ils quittèrent la bibliothèque et sortirent dans la grande cour intérieure.
- Et puis aussi, le père Olin a commencé à nous distribuer des taches. Je suis censé allez surveiller les novices qui doivent nettoyer la volière... Il veut que tu passes le voir d'ailleurs.
La jeune fille lui jeta un regard puis leva les yeux au ciel en réprimant un sourire.
- Et tu n'aurais pas pu me le dire avant ?
- Avant quoi ?
Elle secoua la tête et donna un léger coup sur la fausse auréole du jeune homme, qui se balança dangereusement.
- Et ça va pas, non ?
Elle lui tira la langue puis fila rapidement vers le bureau d'Olin Valdemberg.
- Je reviens vite !, lui lança-t-elle.
Elle gravit les marches avec légèreté puis longea le couloir jusqu'à l'aile Ouest et frappa contre le battant de bois. Une voix l'invita à entrer et elle pénétra dans le bureau du vigilant.
- Ah, Landril, te voilà.
Il repoussa une pile de parchemin et commença à fouiller dans une autre.
- J'ai une tache pour toi.
Il lui tendit le rouleau de parchemin avec une moue pensive.
- J'aurais préféré te placer au département de géographie pour aider les cartographes mais... Tu es une vethael sérieuse et appliquée, alors je n'ai pas pu refuser de te laisser faire ce travail.
Il soupira puis se replongea dans sa pile de parchemin. Landril s'inclina légèrement puis sortit silencieusement du bureau. Elle retourna dans la cour et Maâr se jeta sur elle, impatient de savoir de quelle 'mission' elle avait été chargée. La jeune fille brisa le sceau de cire et déroula le parchemin avant de parcourir rapidement le court texte des yeux.
Maâr siffla longuement.
- Eh ben...
Landril acquiesça avec surprise. Il s'agissait d'une demande écrite d'un membre de l'inquisition qui demandait la participation d'un archiviste pour mettre à jour les dossiers des arrestations.
- On t'a donné un travail important on dirait. Pas comme moi...
- Qu'est-ce que tu racontes ?, protesta-t-elle. C'est très important le nettoyage des volières. Il ne faudrait pas que nos résidents se sentent mal à l'aise.
Le jeune homme lui donna un coup de coude.
- Mouais... Tu vois ce que je veux dire quoi. Enfin, au moins, je n'aurais pas à faire le sale boulot moi-même. Juste à surveiller. Alors que toi, tu risques d'y passer des heures pour mettre tout leurs dossiers à jour !
Elle hocha la tête et replia le parchemin avant de le glisser dans sa tunique. Maâr lui lança un drôle de regard puis se détourna. Il resta un moment silencieux puis se tourna de nouveau vers elle, un sourire espiègle sur le visage.
- On va faire un tour ?
Landril s'approcha tranquillement de l'entrée d'un petit bâtiment de pierre qui se tenait dans la cour. Maâr et elle n'étaient jamais venu de ce côté, et elle étudia avec curiosité le bâtiment. Massif, avec une seule porte, il ne semblait pas très grand, ce qui l'étonna. La jeune fille s'arrêta un instant devant la porte puis pénétra dans l'édifice. Un courant d'air froid se glissa sous sa tunique et elle frissonna en s'empressant de refermer la porte. La salle était déserte, mais une seconde porte s'ouvrait contre le mur du fond. Elle traversa donc la pièce plongée dans le silence, ses pas résonnants étrangement. Elle ouvrit la seconde porte et hésita en avisant la volée de marches qui s'enfonçait dans les profondeurs. Elle fronça légèrement le nez sous les effluves de renfermé et de champignons qui lui parvenaient du passage, puis s'en accommoda et descendit. Elle déboucha bientôt dans un tunnel souterrain, froid et humide, et perçu un mouvement à la périphérie de son champ de vision. Tournant le regard, elle avisa un gros rat au poil brillant, qui s'empressa de déguerpir lorsqu'elle reprit sa route. L'endroit n'était guère accueillant, plongé dans un étrange silence percé des couinements des rats et du goutte à goutte d'un filet d'eau suintant le long de l'une des parois. Landril atteignit une intersection et hésita sur la direction à suivre quand elle entendit des pas venant de la gauche. Un vigilant apparut au détour d'un virage et fronça les sourcils en l'apercevant.
- Qui êtes-vous ? Que faites-vous là ?
La jeune fille lui tendit la lettre et il hocha la tête en se détendant légèrement.
- C'est vous, l'archiviste qu'on nous envoie ? Bon, je vais vous mener au bureau...
Il tourna les talons et elle s'empressa de le suivre, notant mentalement chaque direction qu'ils prenaient pour être sûre de retrouver la sortie. L'homme finit par s'immobiliser devant l'entrée d'une salle et lui fit signe qu'elle devait entrer. Landril pénétra dans la nouvelle pièce et avisa tout de suite le bureau en désordre, les parchemins répandus aux quatre coins de la pièce comme si un ouragan avait tout renversé. Elle retint un soupir puis remonta ses cheveux blonds sur sa nuque et les fixa avec une pince avant de commencer à ramasser les textes. Elle les réunit en deux hautes piles le long d'un mur, puis entreprit de les trier.
Landril avait passé la journée à ordonner les archives de l'inquisition et on lui avait gentiment ordonné de revenir pour continuer le lendemain. Elle rejoignit donc le réfectoire pour manger rapidement en discutant de sa journée avec Maâr, avant de se rendre dans son dortoir et de se jeter sur son lit. Elle s'accorda quelques heures d'un sommeil léger, puis ne parvenant plus à dormir resta assise et termina son livre jusqu'à ce que l'aube se lève. La jeune fille se releva alors et quitta silencieusement la pièce pour ne pas réveiller ses camarades. Elle sortit dans l'air frais du matin, puis s'enfonça dans les souterrains et rejoignit le bureau pour continuer son travail.
Cela faisait à peine deux heures qu'elle s'était mise à noter au propre dans un épais livre les noms des hérétiques, la cause de leur arrestation ainsi que la peine qui leur avait été infligée, et Landril avait déjà envie d'en finir au plus vite. Plus elle avançait dans sa lecture, plus elle faisait de découvertes pour le moins macabres.
Tran Vilbur, propos irrespectueux envers notre Déesse Telara, soixante coups de fouets et langue coupée
Gornam Yekal, vol de biens du Temple, soixante coups de fouet et main droite coupée
Zommar Ulrik, atteint de la dyfanae, exécution

La jeune fille ferma les yeux un instant en essayant de chasser les visions morbides qui venaient rôder dans son esprit. Avant de venir ici, elle n'avait jamais imaginé qu'il puisse exister autant de moyens de faire du mal aux gens. Et c'était sans compter les multiples séances de torture, notées sous le terme bien innocent 'd'interrogatoire'. Désormais, elle n'avait plus qu'une hâte, quitter cet endroit au plus vite.
- Avance, sale traîtresse !, hurla un inquisiteur.
Landril sursauta et sa plume troua le papier pourtant épais sur lequel elle rédigeait. La jeune fille hésita puis se leva et s'approcha de la porte. De l'autre côté, elle entendit un bruit de chute puis des coups et des protestations. Landril posa une main tremblante sur la poignée et serra les dents, pas certaine de vouloir savoir de quoi il était question. Mais... Avec ce qu'elle entendait, il ne restait que peu de place pour l'imagination. La jeune fille prit une grande inspiration et se prépara à sortir dans le couloir, ne supportant plus cette brutalité, quand la porte s'ouvrit, livrant passage à l'un d'entre eux. Elle fit aussitôt un pas en arrière et l'homme referma la porte, étouffant à moitié un nouveau cri.
- Je t'ai dit : avance !
Landril se tourna vers l'inquisiteur et lui lança un regard noir.
- Ça vous amuse de faire souffrir les gens !
L'homme eut une grimace dégoûtée.
- Ce ne sont pas des gens ! Ce sont des traîtres, des hérétiques !
- Ce sont des êtres vivants !, plaida la jeune fille.
- Plus pour très longtemps..., ricana l'inquisiteur.
Landril resta un instant médusé devant cette réaction et entendit un nouveau hurlement.
- Debout, guenon !
Il y eut un bruit de chaînes puis les pas s'éloignèrent dans le couloir. La jeune fille jeta un dernier regard sombre à l'inquisiteur puis se précipita dans le couloir. Elle aperçut la fin d'une procession qui s'éloignait et, sentant la colère monter en elle, la suivit. Les gardes avaient à présent pénétré dans une vaste salle et discutaient tranquillement.
- On la laisse comme ça ?
- Tu connais les ordres... on va la laisser aux soins du tortionnaire et du Seigneur...
Landril serra les poings et se dirigea vers l'entrée quand ils ressortirent. Ils marquèrent un temps de surprise en l'apercevant puis posèrent la mains sur la garde de leurs épées.
- Vous n'avez pas le droit de rentrer., la prévint l'un d'eux.
- Pourquoi est-ce que vous faites ça ? Qui est-ce ? Qu'est-ce qu'elle a fait?, s'emporta la jeune archiviste.
- Vous n'êtes pas au courant ?, s'étonna l'inquisiteur. On vient d'arrêter A'lana Briselan !
Landril en eut le souffle coupé, et sa colère laissa place à la stupéfaction.
- Mais... C'est la gardienne de l'Impératrice ! Elle ne peut pas être une hérétique !
- Faut pas croire., pesta l'homme. Elle a caché un malade de la dyfanae ! Cela veut dire qu'elle soutient la malédiction qui s'oppose à notre Déesse Telara !
La jeune fille écarquilla les yeux.
- Ce sont vos méthodes qui ne sont pas adaptées !, protesta-t-elle en haussant le ton. Ce n'est pas en tuant quelques malades que vous parviendrez à enrayer le mal ! Vous agissez comme des barbares !
Elle avait crié les derniers mots et les gardes se figèrent avant d'esquisser un mouvement commun vers leurs armes.
- Seriez-vous en train de soutenir vous aussi la dyfanae ?
Landril se figea et fit un pas en arrière en blêmissant.
- Non... Ce n'est pas... je n'ai jamais dit..., bégaya-t-elle.
Un hurlement de douleur perfora le silence, se répandant à flot puissant dans le couloir. Le visage de la jeune fille se décomposa et elle plaqua ses mains sur ses oreilles pour ne plus l'entendre, mais cela ne suffisait pas.
- Arrêtez ça ! Laissez-la sortir !, cria-t-elle à son tour.
Elle vit alors les inquisiteurs qui sortaient leurs armes, et elle partit en courant sans demander son reste. Elle s'enfuit dans les couloirs, se dirigeant le plus rapidement possible vers la sortie. Elle se rua hors du souterrain, les larmes commençant à brouiller sa vision. Le cri devait s'être tu à présent, mais elle l'entendait encore qui résonnait dans sa tête, intarissable. Elle détala à travers la cour, ne sachant pas si les inquisiteurs l'avaient prise en chasse, mais elle n'osait pas se retourner. Elle franchit en trombe les portes du temple et s'élança dans les rues d'Alabrena, s'engageant au hasard dans les rues aux pavés étincelants. Elle sentait confusément les regards qui se posaient sur elle mais cela ne la ralentit pas. Elle continua de courir, poussée par ce cri qu'elle ne parvenait pas à faire taire. Sa vision brouillée par les larmes, les jambes tremblantes et la respiration haletante, elle finit par s'effondrer au pied d'un mur. Elle resta quelques instants prostrée sur le sol puis se redressa et essuya ses pleurs dans la manche de sa tunique. Observant l'endroit où elle se trouvait, Landril reconnut la rue où se tenait la demeure de sa famille. Se hissant sur ses jambes chancelantes, elle jeta un regard implorant vers le grand portail.
Aerth ! Papa !
Lâchant le mur, la jeune fille se dirigea en vacillant vers l'énorme bâtisse. Les soldats de l'entrée relevèrent leurs lances pour lui barrer le passage puis hésitèrent sous son regard larmoyant.
- Da... Damoiselle Landril ?, finit par demander l'un d'eux, peinant à la reconnaître.
Elle acquiesça précipitamment et ils s'écartèrent avec des regards surpris, dont elle se ficha éperdument. Parvenue dans la cour, ses larmes se remirent à couler et elle se glissa dans le hall avant de se hisser dans l'escalier puis jusqu'à sa chambre. Elle s'avança avec espoir vers le salon.
- A... Aerth ?, appela-t-elle en sanglottant.
Elle ne reçut pas de réponse et elle se laissa glisser sur le tapis avant de laisser ses larmes couler sans retenue. Quand enfin elle se calma, de longues minutes plus tard, Landril se redressa doucement. Elle observa son salon avec un certain détachement, retrouvant les repères de son enfance. Puis elle se redressa et se glissa dans la salle d'eau. Le grand miroir qui décorait l'un des murs lui renvoya une image effrayante. Les yeux rougis, les cheveux ébouriffés, le visage pâle et sa tunique légèrement déchirée – elle se rappelait à présent s'être accrochée contre un carrosse dans sa course folle – lui firent honte. Mais, pire que tout, le hurlement de la gardienne de l'Impératrice ne cessait de tourner et de retourner dans sa tête. Elle resta quelques instants immobile à observer son reflet, puis se décida à reprendre les choses en main. Elle se fit couler un bain et retira sa tunique avant de se plonger dans l'eau tiède. Elle se frotta ensuite avec acharnement, essayant de laver son corps autant que ses souvenirs des souterrains. Quand enfin elle fut satisfaite, l'eau était froide, et elle en sortit en frissonnant. Elle se sécha rapidement et se brossa les cheveux puis se rendit dans sa chambre pour chercher des vêtements. Malheureusement, tout ce qu'elle possédait datait de ses huit ans et bien qu'elle ne soit pas très grande, cela restait quand même beaucoup trop petit. Elle hésita puis s'enroula dans une serviette, se refusant à remettre la tunique des vigilants. Les inquisiteurs... Elle ne voulait plus rien avoir à faire avec ces gens, ni ceux qui les soutenaient. Elle se dirigea alors vers la porte et jeta un coup d'œil dans le couloir. Celui-ci était heureusement désert, et Landril se dirigea à pas léger vers la suite de son père. Elle frappa quelques coups, mais personne ne répondit. Elle hésita un instant, puis rentra. Elle appela doucement puis soupira de déception en se rendant compte que son père n'était pas là. Elle allait repartir, puis se ravisa et se rendit dans la chambre du noble. Elle ouvrit son armoire et chercha dans ses vêtements quelque chose qu'elle pourrait mettre. Elle finit par dénicher un pantalon et une chemise assez simple et les enfila à la va vite. C'était un peu grand, mais elle se sentait déjà mieux. La jeune fille s'apprêtait à repartir lorsqu'elle entendit la porte de la suite s'ouvrir. Elle quitta la chambre avec espoir et un léger sourire vint chasser la fatigue.
- Papa !, appela-t-elle.
Valdan se retourna en sursaut et écarquilla les yeux en l'apercevant. Il l'examina avec étonnement puis fronça les sourcils.
- Que se passe-t-il ?, demanda-t-il assez sèchement. Qu'est-ce que tu fais ici ?
Le sourire de Landril s'effaça.
- Je... J'ai quitté le temple., hésita-t-elle.
- Tu as quoi ?!, s'exclama le noble.
- J'ai quitté le temple., répéta-t-elle d'une voix plus assurée.
Elle vit son père se tendre, puis il leva la main et la gifla de toute ses forces. La jeune fille fit un pas en arrière et porta une main à sa joue, choquée. Personne ne l'avait jamais frappé. Depuis qu'elle était toute petite, elle ne s'était faite menacer que deux fois et personne, personne, n'avait jamais levé la main sur elle.
- Retournes-y tout de suite !, ordonna le noble.
Landril secoua la tête, des larmes de douleur perlant aux coins de ses yeux.
- Jamais !, hurla-t-elle avant de quitter la pièce en courant.
Elle dévala les escaliers, mais au lieu de sortir, elle se précipita vers les cuisines. Elle pénétra dans la chaleur et les odeurs rassurantes de la pièce et prit le temps de se calmer avant de s'approcher de l'un des aths qui faisaient la cuisine.
- Excusez-moi... Est-ce que vous savez où est Aerth ?, l'interrogea-t-elle.
L'esclave s'immobilisa et releva lentement la tête.
- Il n'est plus là.
- Co... Comment ça, il n'est plus là ?, s'inquiéta Landril.
L'ath paru mal à l'aise. Dans les cuisines, les conversations s'étaient tues, et toute l'attention était portée sur leur conversation.
- Eh bien... Il... Ça fait huit ans maintenant...
- Huit ans que quoi ?, le pressa la jeune fille.
- Qu'il n'est plus là. Après que cet intrus se soit introduit dans votre chambre... La famille Myren l'a revendiqué mais a affirmé que vous vous en êtes pris à lui dans la rue... Ils ont créé de fausses preuves et ont demandé à ce que le gosse soit exécuté...
La vethael se figea et l'ath s'agita.
- Votre famille a été obligée de l'envoyer là-bas pour éviter une guerre...
Landril plaqua ses mains sur ses yeux, le cri d'A'lana revenant résonner dans son esprit.
- Non..., murmura-t-elle. Non !
Elle tourna les talons et repartit en courant s'enfermer dans sa chambre.
Quelques heures plus tard, des cris en provenance de l'extérieur tirèrent Landril de son abattement. Elle s'approcha de la fenêtre et s'en écarta aussitôt pour se plaquer contre le mur, hors de vue. Elle n'avait jeté qu'un regard, mais elle avait aussitôt reconnu les inquisiteurs. Réunis dans une troupe d'une vingtaine de membres, ils se tenaient devant le portail du château et semblaient vouloir rentrer. La jeune fille hésita. Elle avait fuit sans réfléchir pour rentrer chez elle, mais voilà qu'à présent elle allait se retrouver prise au piège dans sa propre demeure ! Elle hésitait sur la conduite à adopter et utilisa sa faveur de la rose pour se désincorporer et observer les actions des inquisiteurs. Ceux-ci discutaient avec sire Valdan, et la conversation semblait assez animée. Un instant, elle pensa à rapprocher son âme du groupe pour entendre leurs paroles, mais se ravisa. S'ils pénétraient dans la demeure au même instant et venaient dans sa chambre, elle n'aurait pas le temps de regagner son corps et serait totalement sans défense. Alors elle attendit, se préparant au moindre signe suspect à regagner son corps et à user de sa magie pour s'enfuir. Mais finalement, après une âpre discussion, les inquisiteurs firent demi-tour et s'éloignèrent. Landril resta sur ses gardes encore quelques instants, au cas où il s'agisse d'une ruse et qu'ils reviennent, puis finit par se calmer. Elle réintégra son corps juste à l'instant où des coups furent frappés contre le battant de sa chambre. La jeune fille se releva et alla prudemment ouvrir, se retrouvant face à son père, qui affichait une mine grave.
- Des inquisiteurs viennent de me rendre visite pour me demander si je t'abritais., attaqua-t-il aussitôt en pénétrant sans y être invité dans le salon. Je leur ai demandé pourquoi. As-tu une idée de la réponse qu'ils m'ont faite ?
Il lui lança un regard dur et enchaîna sans attendre de réponse.
- Tu viens d'être déclarée hérétique. Il paraîtrait que tu soutiens la dyfanae et que tu as tenté d'aider un prisonnier important à s'échapper.
Landril resta silencieuse. Ce n'était pas vraiment ainsi que s'étaient passées les choses, mais tout devait être dans la formulation...
- Je leur ai dit que tu étais bien venue, mais que je t'avais ordonné de rejoindre le temple et que tu étais repartie.
Il hésita un instant en la dévisageant puis s'approcha de la fenêtre pour regarder au-dehors.
- J'espère que j'ai bien fait...
La jeune fille sentit une étrange boule se former dans son ventre.
- Je suis vraiment désolée ! Je sais que j'ai fais une erreur, mais...
- Une erreur ?, l'interrompit le noble. Oui, sans aucun doute. Je ne sais pas si tu mesures bien les conséquences de ton acte. J'ai été obligé de te bannir de la famille. Une vethael hérétique... c'est... le pire blasphème qui n'ai jamais été !
- Je ne suis pas hérétique..., protesta Landril. Je crois en Telara. Mais l'inquisition...
Son père se retourna vers elle et acquiesça.
- Je m'en doute. Seulement... Eux ne sont pas de cet avis.
Il sembla soudain s'affaisser et son visage perdit cet habituel air de prestance qu'il portait.
- J'avais réussi... Notre famille allait enfin parvenir au sommet... En tant que vigilante, tu aurais attiré le prestige sur notre nom... Mais... Comprend moi, Landril. Je ne peux plus t'assurer mon soutient maintenant. Officiellement, je t'ai renié. Tu es pourchassée par l'inquisition. Il n'y a plus aucune chance que tu deviennes un jour une vigilante.
Elle acquiesça lentement, voyant soudain toutes ces années de lecture, à se préparer à rédiger l'histoire du monde, comme un rêve lointain. Inaccessible.
- Que comptes-tu faire ?
Landril hésita. Elle avait acquis beaucoup de connaissances en lisant presque tous les livres de la bibliothèque, et elle était plutôt douée pour la magie. Mais à part ça... Que savait-elle vraiment faire ? Serait-elle seulement capable de se débrouiller seule dans la ville ? D'ailleurs, elle ne pourrait certainement pas rester à Alabrena, pas avec l'inquisition qui la recherchait. Elle jeta un regard un peu perdu à son père, qui semblait avoir suivit le même cheminement de pensées.
- Tu es douée en magie..., murmura-t-il. Se serait dommage de gâcher un tel don.
Il l'examina attentivement, des pieds à la tête, tout en fronçant les sourcils.
- Peut-être..., finit-il par ajouter tout bas.

*

Maître Brin esquissa l'un de ses rares sourires et Landril sentit une onde de fierté la traverser. Elle essaya de ne pas le laisser paraître, mais une lueur amusée passa dans l'œil de l'homme.
- Évidemment, il reste encore des lacunes., continua-t-il.
La jeune femme sentit aussitôt sa fierté se rapetisser puis disparaître. C'était comme ça avec le plus réputé des marcheurs spectraux de la famille Evanarel. Dès qu'il faisait un compliment, ce qu'il évitait le plus possible, il se rattrapait en critiquant plusieurs autres points. Et il n'y avait pas d'exception à cette règle. Elle retint donc un soupir alors que l'homme commençait à passer en revu toutes ses erreurs. Le moindre bruit, le moindre geste inutile, la moindre hésitation, tout y passait. Le maître ne visait qu'une seule chose : la perfection. Et il comptait bien faire de Landril une parfaite marcheuse spectrale.
Depuis maintenant six ans, sire Valdan l'avait en effet engagé en tant que tel, afin de ne pas 'gaspiller' son don de karenya. Officiellement en fuite devant l'inquisition, la jeune femme était censée avoir quitter Alabrena, mais les recherches des inquisiteurs s'étaient faites moins pressantes, bien que son avis de recherche figure encore dans leur dossier, et probablement dans celui de plusieurs mercenaires. Elle avait dû abandonner sa suite pour s'installer dans les quartiers des serviteurs et commencer son nouveau travail. Au début fort mal à l'aise, Brin l'avait cependant pris sous son aile et avait décidé de la former, prétextant qu'elle les mettrait tous en danger si elle se faisait prendre. Pendant six ans, elle s'était donc entraînée sans relâche, de jour comme de nuit, peu importe le temps, pour devenir une parfaite espionne. En plus d'apprendre à se dissimuler dans les ombres jusqu'à devenir presque complètement invisible, à retenir par cœur les conversations qu'elle entendait, à faire les poches en effleurant à peine sa victime et à jouer la comédie, le maître lui avait également enseigné une bonne vingtaine de façon de tuer un homme à main nue et plus d'une centaine permettant de faire suffisamment mal pour qu'il évite d'y revenir, ainsi que le maniement de plusieurs armes : arc, dagues et lames courtes en tous genres, couteaux de lancer, cestes, yawara et kubotan ainsi que petits marteaux et aiguilles. Mais le principal atout du marcheur spectral résidait avant tout dans une grande adaptabilité aux situations, et par conséquent dans l'improvisation et l'utilisation du terrain. En ce qui concernait les déplacements et la discrétion, Landril s'en sortait plutôt bien. Elle avait pris l'habitude de toujours réduire sa masse corporelle avant de sortir, lui permettant de se déplacer rapidement et silencieusement. Calme et pas très grande, elle savait également se fondre dans le paysage en restant totalement immobile, battant à peine des paupières. Cependant, elle n'aimait pas vraiment se battre et rechignait à frapper un adversaire tant qu'elle n'y était pas contrainte et forcée. Et même si depuis quelques temps Brin la laissait agir seule, elle venait encore parfois lui demander conseil. Et quand elle se retrouvait seule, elle se répétait telle une mélodie le règles qu'il avait établi.
Code du bon marcheur spectral:
 


Dernière édition par Landril le Mer 9 Avr - 17:59, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Landril, vethael désacralisée   Lun 11 Nov - 19:03

Aloooors, fiche un peu longue à lire mais l'histoire est vraiement bien (quand on arrive à bout XDD) Par endroit, elle me fait penser à celle de Silhissa (mon premier perso qu'il faudrait que je ramène ici XDD), mais en plus joyeuse quand même ^^

Spécialement je n'ai rien à redire, le contexte est bien intégré et ça me fais plaisir *petite larme à l'oeil* XD

Je te donne ma voix avec plaisir, plus qu'à attendre une seconde et ce sera bon ;)

PS : Je t'ai rapidement remis les images au sein de la fiche au bonne dimension ^^


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MessageSujet: Re: Landril, vethael désacralisée   Lun 11 Nov - 19:35

Bon...
*est morte de vieillesse, de déshydratation, de manque de chocolat et de cancer après avoir lu la fiche*
Allergique aux fiches aussi loooongue!!! *lève un point révolutionnaire!!!*

Bon, je n'ai noté aucune erreur de mon côté (encore heureux je me revoyais pas tout lire...). J'ai bien aimé le fait que tu décrive aussi bien (pitié ne recommence plus tu vas me tuer) et ce que j'ai préféré dans cette fiche, c'est le fait que j'aurais pas besoin de la corriger (merci Telara).

Bref, je te donne ma voix et je T'INDERDIS de faire un double compte xD

"30" XP offerts. (on dit merci Fafy!)

Tu peux donc aller demander un Rang personnalisé ici ainsi que faire une demande de RP ou répondre à l'une d'elle en ces lieux, sans oublier de remplir ton Journal Personnel que tu trouveras dans ton Profil.

Je pense arrêter de te racketter ton chocolat OU PAS!!! MOUAHAHAHAHAH  
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MessageSujet: Et c'est partit !   Mar 12 Nov - 18:36

Merci !

Merci pour les images, Dara, et merci, Faffy !

Allez, c'est partit, je vais pouvoir commencer l'aventure ! ^^

Et t'inquiètes pas trop, si je fais un double compte, je ferais attention à faire plus court... ^^' Il me reste encore un peu de chocolat...
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MessageSujet: Re: Landril, vethael désacralisée   Mer 13 Nov - 0:48

Par Telara... il devrait y avoir une règle fixée pour les doubles comptes >.> genre pas avant que les admins aient finis de se remettre de cette fiche là xD
Je pense qu'il me faudra plus que du chocolat *va torturer une âme en peine* Naaan sérieusement on a du taf en ce moment et tu trouveras le moyen de pondre un DC? xD
 D'ailleurs demain je fini aussi à 19h >.> Climato de m****  
S'il te plait xD pour ta chère camarade de promo, attends un chouilla xD sinon je me promets de me planter un pieu d'argent dans le coeur devant toi èé
c'est à prendre ou à laisser  

(bien sûr je plaisante, tu peux faire un DC qui provoquera mon dc) <-- BDM
Mais promis ze boude  
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MessageSujet: Pas de soucis !   Mer 13 Nov - 18:42

T'inquiètes pas, je n'ai pas prévu ça pour toute suite ! Il vaut mieux que je prenne mon temps pour l'histoire du DC ! 8D

Non ! Je plaisante ! Ne meurs pas !  

Je vais juste prendre le temps de m'habituer à mon premier perso, faire quelques RP, et après je verrais ^^ en plus, je m'intéresse à un poste à pourvoir, donc il faut d'abord que je maîtrise l'art du RP en bonnes et dûes formes xD
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MessageSujet: Re: Landril, vethael désacralisée   

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Landril, vethael désacralisée

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